Volcan Nyiragongo : Oxfam mobilisée pour les habitants de Goma

Volcan Niyragongo Sake Congo
22/06/2021

Un mois après l’éruption du volcan Nyiragongo, Goma reste en grande partie vidée de ses habitants. Nos équipes apportent une aide humanitaire aux personnes déplacées, notamment dans la ville voisine de Sake, où nous avons installé des bornes d’eau potable.

Situé près de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, le volcan le plus actif d’Afrique est entré en éruption samedi 22 mai, à la tombée de la nuit. Une coulée de lave est descendue à des vitesses variant entre 60 et 100 km/h vers Goma, avant de s’arrêter dans les faubourgs de la ville.

Eruption du volcan Nyiragongo à Goma

L’angoisse des rescapés de Goma

Prise de panique, la population a fui vers les villes voisines de Sake et de Bukavu et vers le Rwanda. Des familles entières sont parties à la hâte et nombreuses sont celles qui n'ont rien emporté avec elles. Dans la cohue, certaines se sont même disloquées, comme la famille d’Odetta Kanyere.

Odetta Kanyere

« Je rentrais du travail lorsque j’ai appris que la lave était en train de pénétrer dans mon quartier. Trois de mes enfants étaient avec moi et nous avons dû rebrousser chemin sans savoir si mes 5 autres enfants restés à la maison avaient pu fuir à temps », raconte-t-elle apeurée.  « À ce jour, je ne les ai toujours pas retrouvés ».

Selon les autorités, 300 enfants ont perdu toute trace de leurs parents depuis l'éruption volcanique du 22 mai dernier.

À Sake, les déplacés en proie au choléra

Près de 400 séismes ont été ressentis à Goma dans les jours qui ont suivi l’éruption volcanique, ce qui a poussé les autorités à évacuer la ville. 400.000 personnes se sont alors retrouvées dans le dénuement le plus total, obligées de passer la nuit dans les rues des villages avoisinants, sur des matelas emportés dans leur fuite.

La grande majorité a trouvé refuge à Sake, où Oxfam a pu intervenir peu après leur arrivée. La priorité a été de prévenir une épidémie de choléra, qui touche régulièrement la région et qui peut vite se répandre quand l’eau saine et l’hygiène viennent à manquer.

Points d'eau à Sake

En quelques jours, les équipes d’Oxfam ont installé deux réservoirs de 30 m³ chacun, reliés à 4 points d’eau capables de couvrir les besoins de 6.000 personnes. Nous avons aussi construit des douches et des toilettes pour garantir un minimum d’hygiène. Malgré un timide retour des déplacé.e.s vers Goma, l’avenir est sombre pour les sinistré.e.s qui vivaient dans la partie nord de la ville, où 4.000 maisons ont été brûlées par la lave, et qui ne sont pas prêt.e.s de quitter Sake. 

Aidez-nous à les aider

Solidarité depuis Bruxelles

Une promiscuité qui a ému Mami Rubango Ntakwinga, bénévole dans une boutique de seconde main d’Oxfam à Bruxelles et originaire de la ville de Goma. En quelques semaines, elle a mobilisé tout le centre de tri textile d’Oxfam, qui a réussi à récolter 2 tonnes de vêtements et de chaussures pour les déplacé.e.s de Goma.

Convoi humanitaire en partance pour Goma

« Lorsque l’ambassade congolaise à Bruxelles a lancé un appel à la solidarité, j’ai tout de suite pensé que j’étais au bon endroit pour venir en aide aux sinistré.e.s. J’ai pris contact avec mes collègues du centre de tri par où transitent les dons de vêtements faits à Oxfam et nous nous sommes organisés pour envoyer un convoi humanitaire à Goma », se souvient Mami.

Une aide bienvenue selon les équipes d’Oxfam à Goma, qui rapportent que la population manque de tout. En temps normal, Oxfam se serait approvisionnée en biens sur place mais la réponse humanitaire a été elle-même très impactée par les événements. Toutes les organisations humanitaires présentes à Goma ont dû évacuer la ville, et certains bureaux ont été endommagés sous l’effet des secousses, compliquant ainsi leur travail.

Le convoi humanitaire s'est envolé vers Goma ce lundi 28 juin depuis l'aéroport militaire de Melsbroek. Et Mami de conclure : « Le fait que ce convoi soit parti représente pour moi une récompense inestimable ».