Réaction d’Oxfam aux résultats de la COP 26

13/11/2021

Gabriela Bucher, directrice exécutive d'Oxfam International, a déclaré :

« Il est clair que certains dirigeants mondiaux pensent qu'ils ne vivent pas sur la même planète que le reste d'entre nous. Il semble qu'aucune quantité d'incendies, d'inondations ou de sécheresses ne les ramènera à la raison pour qu'ils cessent d'augmenter leurs émissions aux dépens de l'humanité.

« Des conditions météorologiques extrêmes détruisent déjà la vie des personnes les plus vulnérables. Beaucoup de communautés n’ont pas suffisamment de ressources pour faire face à la menace constante de perdre tout ce qu'ils possèdent. Les plus pauvres du monde sont ceux qui ont le moins contribué à l'urgence climatique, mais ce sont eux qui doivent se battre pour survivre et payer la facture.

« Toutefois, la demande de renforcement des objectifs de réduction pour 2030 d'ici l'année prochaine est une étape importante. Le travail commence maintenant. Les grands émetteurs, en particulier les pays riches, doivent tenir compte de l'appel et aligner leurs objectifs pour nous donner les meilleures chances possibles de maintenir l’objectif de 1,5 degré à portée de main. Malgré des années de pourparlers, les émissions continuent d'augmenter et nous sommes dangereusement proches de perdre cette course contre la montre.

« Les pays du Sud, qui représentent plus de 6 milliards de personnes, ont proposé un mécanisme de financement des pertes et dommages pour financer la reconstruction après des événements climatiques extrêmes liés au changement climatique. Non seulement les pays riches ont bloqué cette proposition, mais tout ce qu'ils ont accepté, c'est un financement limité pour l'assistance technique et un "dialogue". Ce résultat dérisoire fait la sourde oreille à la souffrance de millions de personnes, aujourd'hui et à l'avenir.

« Pour la première fois, un objectif de financement de l'adaptation a été convenu. L'engagement de doubler cet objectif est inférieur à ce que les pays du Sud ont demandé et dont ils ont besoin, mais s'il se concrétise, il permettra d'augmenter de plusieurs milliards le soutien à ces pays.

« Il est regrettable que les efforts diplomatiques aient une fois de plus échoué face à l'ampleur de cette crise. Mais nous devons puiser notre force dans le mouvement croissant de personnes qui, partout dans le monde, demandent des comptes à nos gouvernements sur le climat.  Un monde meilleur est possible. Avec de la créativité, avec du courage, nous pouvons et devons nous accrocher à cette conviction. »

La Belgique désunie et décevante

À bien des égards, la Belgique a raté l’opportunité de se montrer ambitieuse et cohérente. Comme à Madrid lors de la COP 25, la Belgique n’a une fois de plus pas été en mesure de se joindre à la « High Ambition Coalition », bloquée par le gouvernement flamand. Malgré les efforts des négociateurs, le fédéral, la Flandre, la Wallonie et Bruxelles n’ont pas non plus été en mesure de trouver un accord intra-belge sur les objectifs climat, soit le partage de l’effort national à fournir en matière climatique. « Il est regrettable que les Régions et le fédéral n’aient pas été capables de s’accorder sur des objectifs clairs, car le temps presse. Malgré le fait que la Commission européenne demande de la Belgique de réduire ses émissions de GES de 47% en 2030, le gouvernement flamand, qui représente pourtant 60 % des émissions belges, refuse pour l’instant de réduire ses émissions de plus de 40 %. Dans ces conditions, notre pays est très mal parti pour faire sa juste part de l’effort mondial afin de contenir le réchauffement planétaire à 1,5° », prévient Alba Saray Pérez Terán, spécialiste des questions climatiques chez Oxfam Belgique.

Un autre grand chantier sur lequel on attendait la Belgique à la COP était sa contribution au financement climat pour aider les pays à faible revenu à faire face au dérèglement climatique. « On peut saluer le fait que le gouvernement fédéral et les Régions bruxelloise et wallonne aient annoncé de nouvelles contributions financières. Une décision qui n’a pas été suivie par la Flandre malheureusement », regrette Perez Terán.  « On estime qu’une contribution juste de la Belgique devrait atteindre 500 millions par an d’ici 2023. Aujourd’hui, ce financement atteint à peine un cinquième des promesses faites par la Belgique, avec beaucoup de recyclage de l’argent de la coopération au développement. La Belgique a encore beaucoup de chemin à parcourir sur la question des financements ».

« Il y a eu du positif aussi à cet COP du côté belge », poursuit Alba Saray Perez Terán. « Je pense à l’annonce de Philippe Henry d’octroyer un soutien d’un million d’euros pour permettre aux pays les plus vulnérables de faire face aux pertes et préjudices liés aux changements climatiques. On peut aussi citer la contribution de la Flandre et de la région bruxelloise au Fonds d'adaptation de l'Onu qui finance des programmes visant à aider des communautés vulnérables à s'adapter aux changements climatiques ».

Et la justice de genre ?

Oxfam Belgique salue la décision de la ministre à la coopération Meryame Kitir de rejoindre l’Action Coalition on Feminist action for climate justice, ainsi que l’engagement de la Wallonie, de Bruxelles et du Fédéral à davantage intégrer la justice de genre dans leurs plans énergie-climat. “Ce sont des signes encourageants. Mais une fois de plus, la Flandre fait cavalier seul sur ce thème, non seulement en ignorant la justice de genre des enjeux climatiques, mais en questionnant même la pertinence de l’intégrer dans le débat climatique. En faisant cela, elle tourne le dos aux engagements pris lors de l’accord de Paris et aux valeurs fondamentales d’équité », conclut Perez Terán.

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