"Plus aucune discussion possible" Réaction d'Oxfam au sixième rapport d'évaluation du GIEC

09/08/2021

En réaction à la contribution du groupe de travail I du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) au sixième rapport d'évaluation (AR6), Nafkote Dabi, responsable de la politique climatique d'Oxfam, a déclaré :

"Dans un monde asséché, en partie inondé et en partie affamé, le GIEC a lancé aujourd'hui l'appel le plus convaincant jamais lancé à l'industrie mondiale pour qu'elle passe du pétrole, du gaz et du charbon aux énergies renouvelables. Les gouvernements doivent utiliser la loi pour imposer ce changement urgent. Les citoyens doivent utiliser leur propre pouvoir politique et leur comportement pour pousser les grandes entreprises polluantes et les gouvernements dans la bonne direction. Il n'y a pas de plan(ète) B."

"Le GIEC, le plus haut niveau de consensus politique et scientifique au monde, décrit la moindre chance pour l'humanité de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Ce rapport fixe l'agenda d'une stratégie de lutte contre le réchauffement climatique qui passe ou casse. Il fixe l'ordre du jour du sommet sur le climat qui se tiendra à Glasgow dans le courant de l'année. Ce rapport est une nouvelle preuve irréfutable que le changement climatique est déjà en cours et que le réchauffement de la planète est déjà l'une des causes principales de l'augmentation de la faim, des migrations, de la pauvreté et des inégalités dans le monde."

"Ces dernières années, avec un réchauffement de 1°C, des cyclones meurtriers ont frappé l'Asie et l'Amérique centrale, des inondations ont eu lieu en Europe et au Royaume-Uni, d'énormes essaims de criquets en Afrique, et des vagues de chaleur et des feux de brousse sans précédent aux États-Unis et en Australie - tous ces phénomènes étant alimentés par le changement climatique. Au cours des dix dernières années, le nombre de personnes chassées de chez elles par des catastrophes climatiques extrêmes a été plus élevé que pour toute autre raison : 20 millions par an, soit une personne toutes les deux secondes. Le nombre de catastrophes liées au climat a triplé en 30 ans. Depuis 2000, l'ONU estime que 1,23 million de personnes sont mortes et que 4,2 milliards ont été affectées par la sécheresse, les inondations et les feux de forêt."

"Les 10 % les plus riches de l’humanité (environ 630 millions de personnes) étaient à l’origine de plus de la moitié (52 %) des émissions cumulées entre 1990 et 2015. La moitié des Belges font partie de cette catégorie des 10 % les plus riches du monde. Les personnes disposant d'argent et de pouvoir pourront se protéger des effets du réchauffement climatique plus longtemps que les autres, mais pas éternellement. Personne n'est en sécurité. Ce rapport montre clairement que nous avons désormais atteint le stade où l'auto-préservation est soit un processus collectif, soit un échec."

"Les principaux responsables du réchauffement de la planète - c'est-à-dire les pays riches qui ont amassé d'énormes richesses en brûlant des combustibles fossiles - doivent réduire leurs émissions en premier, le plus rapidement et le plus possible. Ils doivent également rembourser leur dette climatique envers les pays en développement en augmentant les fonds destinés à les aider à s'adapter aux effets du changement climatique et à passer aux énergies propres. Les autres grands pollueurs ne bénéficieront pas d'un laissez-passer et devront également réduire leurs émissions de manière drastique."

"Très peu de pays - et aucun des pays riches, y compris la Belgique - ont présenté des plans climatiques qui maintiennent le réchauffement en dessous de 2°C, sans parler de 1,5°C. Si les émissions mondiales continuent d'augmenter, le seuil de 1,5°C pourrait être franchi dès la prochaine décennie. Le rapport du GIEC doit inciter les gouvernements à travailler ensemble et à construire une économie mondiale plus équitable et plus verte afin de garantir que le réchauffement de la planète reste inférieur à 1,5°C. Ils doivent s'y engager à Glasgow. Les gouvernements des pays riches doivent tenir leur promesse de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays les plus pauvres à faire face à la crise climatique. Selon Oxfam, non seulement ils n'ont pas tenu leur promesse, mais ils ont prétendu avoir triplé leurs contributions."

Notes aux rédacteurs

Les catastrophes climatiques extrêmes ont été la principale cause de déplacement interne au cours de la dernière décennie, obligeant plus de 20 millions de personnes par an - une personne toutes les deux secondes - à quitter leur foyer. Pour plus d'informations, téléchargez le briefing d'Oxfam intitulé « Populations contraintes de fuir ».

Selon les Nations unies, la forte augmentation des sécheresses, des inondations et des incendies de forêt depuis 2000 a fait 1,23 million de victimes et affecté 4,2 milliards de personnes.

Les 1 % les plus riches ont été responsables de 15 % des émissions rejetées dans l'atmosphère entre 1990 et 2015, soit plus que tous les citoyens de l'UE et plus du double de la moitié la plus pauvre de l'humanité (7 %). Les 10 % les plus riches sont responsables de plus de la moitié (52 %) des émissions au cours de cette période.

Le rapport 2020 d'Oxfam sur le financement du climat fournit une évaluation des progrès réalisés pour atteindre l'objectif de 100 milliards de dollars. Il examine la manière dont le financement du climat est comptabilisé et dépensé, où il va, à quel point nous sommes proches de l'objectif de 100 milliards de dollars, et quels enseignements doivent être tirés pour le financement du climat au-delà de 2020.

Oxfam a récemment indiqué que le nombre de personnes souffrant de conditions proches de la famine a été multiplié par six depuis le début de la pandémie.

Oxfam soutient une série de projets climatiques dans le monde entier et travaille avec les communautés locales les plus touchées par la crise climatique. Par exemple, nous aidons les communautés rurales de l'Ouganda et du Zimbabwe à devenir résilientes aux impacts de l'évolution des régimes pluviométriques, nous soutenons les communautés indigènes dans la défense de leurs droits forestiers et fonciers en Amazonie, nous restaurons les terres dégradées grâce à l'agroforesterie au Sahel et en Bolivie, et nous aidons les communautés rurales du Timor-Leste à gagner décemment leur vie.

Les objectifs et mesures envisagés par la Belgique d’ici 2030 sont totalement insuffisants pour atteindre l’objectif de neutralité CO2 en 2040, car selon cette approche, l’effort annuel moyen après 2030 devrait soudainement être multiplié par 11. Cf. Groupe d’experts le climat & le dévelopment durable 2019 Un changement systémique est nécessaire et urgent si l’on veut s’attaquer efficacement aux changements climatiques et à la crise des écosystèmes.

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