Le défi en Haïti

Après une histoire politique agitée, les institutions démocratiques actuelles sont faibles. Il y a un profond fossé entre les riches et les pauvres. Selon l’indice de développement des Nations unies, Haïti occupe la 158e place (sur un total de 187 pays), avec près de 80 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté. La menace des tremblements de terre et des tempêtes tropicales n’est jamais loin. Les défis restent importants : développer une agriculture durable associée à une plus grande participation de la population et à une préparation plus solide face aux catastrophes.

Une agriculture affaiblie

Près de 50 % de la population travaille dans l’agriculture, l’élevage et la pêche, mais cela représente seulement 25 % du produit intérieur brut. Suite à la politique de libre-échange (introduite en 1983 par Jean-Claude Duvalier et poursuivie de différentes manières par ses successeurs), les importations de nourriture ont augmenté, alors que les exportations ont diminué. Les investissements dans l’agriculture et l’assistance technique de la production alimentaire ont reculé.

La production de riz (la nourriture de base principale en Haïti) en est une bonne illustration. En 1995, la taxe à l’importation sur le riz est passée de 50 à 3 % ; 17 ans plus tard, Haïti importe 83 % du riz dont il a besoin. Ces 20 dernières années, la production nationale de riz est restée stable, c’est-à-dire 70.000 tonnes par an, alors que l’importation qui était de 260.000 tonnes en 2003 est passée à 381.000 tonnes en 2010.

Inquiétudes liées à l’environnement et au climat

Haïti serait le pays le plus vulnérable au monde en ce qui concerne les changements climatiques. Il est fortement exposé aux ouragans, aux tempêtes, aux cyclones tropicaux, aux inondations et aux tremblements de terre.

Lors du tremblement de terre de 2010, près de 200.000 personnes ont perdu la vie et plus d’un million de personnes se sont retrouvées sans abri. Selon le programme de développement des Nations unies (PNUD), le total des dégâts est estimé à 7,8 milliards de dollars, ce qui dépasse le budget national de 2009. Rien que la perte économique (diminution de la production, baisse du travail, réduction des transformations et augmentation des frais de production) s’élevait à 3,6 milliards de dollars, soit 45 % de la perte totale.

L’économie

Si la population se développe progressivement, ce n’est cependant pas le cas de l’économie. Le pays connaît un déficit structurel. L’incertitude alimentaire reste importante et touche 38 % de la population haïtienne, soit 3,8 millions de personnes.

  • Le secteur agricole repose principalement sur de petits agriculteurs, mais 80 % des agriculteurs sont obligés d'exercer d’autres activités en parallèle ou dépendent des transferts financiers qu’ils reçoivent depuis l’étranger.
  • Le secteur informel constitue un complément nécessaire aux revenus de l’agriculture. 60 % de la main-d’œuvre dans la capitale est active dans ce secteur.
  • Seulement 9 % de la population est active dans l’industrie (raffinerie de sucre, textile, ciment et petit travail d’assemblage). L’industrie contribue à hauteur de 20 % du produit intérieur brut.

Le rôle des femmes

Dans les campagnes, 40 % des chefs de famille sont des femmes. Les femmes sont également actives dans tous les domaines de l’agriculture. Les hommes travaillent la terre, produisent pour les exportations (café, mangues) et gèrent de grands troupeaux de bétail. Ce sont également eux qui occupent les emplois rémunérés.

Les femmes produisent pour le marché local, elles entretiennent les champs et sont garantes de la sécurité alimentaire de leur famille. Elles se chargent de l’eau potable et des services sociaux de base. Bien souvent, elles doivent parcourir de longues distances à pied étant donné qu’elles apportent jusqu’à 80 % de leur production agricole dans les villes. Malgré cela, les femmes sont situées au bas de l’échelle en ce qui concerne les revenus issus de l’agriculture.