Le défi au Niger

Le Niger est l'un des pays les plus pauvres du monde. Classé 188e sur 188 selon l’Indice de développement humain, il est caractérisé par une diversité culturelle importante, mais aussi une grande vulnérabilité aux crises alimentaires.

Catastrophes naturelles et vulnérabilité

Le Niger fait régulièrement face à des catastrophes naturelles : sécheresses, inondations, attaques parasitaires, épidémies.. Une situation aggravée par le changement climatique , qui a entraîné la dégradation de près d'un quart des terres agricoles et la récurrence très élevée des sécheresses au cours des deux dernières décennies.

Ces catastrophes touchent en premier lieu les ménages les plus pauvres, et notamment les ménages ruraux dont les moyens de subsistances sont souvent liés au climat : élevage, agriculture, pêche,…

Pas assez d'eau pour les éleveurs et les agriculteurs

Le système de production agricole au Niger est fragile et peu performant. L’élevage quant à lui se fait de manière extensive à semi-intensive et l’alimentation de base des troupeaux reste les fourrages naturels (pâturages, foins..). Agriculteurs comme éleveurs pâtissent donc des sécheresses, de l’abaissement des nappes phréatiques, et du maillage insuffisant des points d'eau.

La raréfaction des ressources naturelles communes (terre, eau, et pâturages) entraînent des conflits fréquents d’accès, d’utilisation et de contrôle au sein des groupes d’éleveurs ainsi qu'entre agriculteurs et éleveurs, avec souvent des pertes en vies humaines importantes.

Fluctuation des prix alimentaires

Il faut ajouter à ces problèmes structurels, d’autres plus liés aux circonstances comme la fluctuation des prix alimentaires. Cette variabilité des prix est liée aux faibles capacités de stockage de la production agricole nationale, aux comportements spéculateurs des commerçants sur les marchés  mais aussi à des déficits d’approvisionnement externe (renforcés par l’insécurité aux frontières).

Conflits régionaux et déplacements de populations

L'arrivée massive de réfugiés et retournés suite aux guerres et à la forte instabilité dans les pays limitrophes (Mali, Nord Nigeria, Libye) ajoute au fardeau qui pèse sur les ressources naturelles et sur des populations locales qui vivent déjà en situations souvent précaires, avec un taux de pauvreté de la population de 48,9 % en 2011.

De plus, les déplacements de populations exposent souvent les populations locales à une insécurité accrue : vols, banditisme, terrorisme...