Face à la sécheresse, le stockage de l’eau est un besoin vital au Sahara occidental

05/07/2021

L'eau est une ressource rare dans les camps de réfugiés sahraouis, dont les infrastructures d’approvisionnement en eau sont largement sous-financées.  Afin de s’assurer que les Sahraouis aient un accès digne à l’eau potable, Oxfam en partenariat avec la DG pour la protection civile et les opérations d'aide humanitaire européennes, a remplacé les citernes de 2.480 familles.

Les camps sont situés dans un environnement particulièrement aride, avec des températures atteignant jusqu'à 55 degrés Celsius en juillet et en août. Autant dire que la région subit une sécheresse constante et que l’eau est une denrée rare et précieuse.

Pour les familles sahraouies qui vivent en exil depuis 45 ans, le désert inhospitalier algérien, conserver cet or bleu est donc un défi quotidien. Non seulement de nombreuses familles n'ont pas le volume de stockage nécessaire pour répondre à leurs besoins mais beaucoup de réservoirs sont usés et rouillés, ce qui rend l’eau impropre à la consommation.

Une livraison d'eau tous les mois

Cela conduit souvent les familles à acheter de l'eau en bouteille, un coût important pour les ménages à faible revenu. Pour aggraver les choses, 80 % des familles résidant dans les camps ne reçoivent de l'eau que tous les 20 à 40 jours par camion-citerne. Pour les familles qui ne possèdent pas de réservoirs suffisamment volumineux, il arrive qu’elles soient obligées de négliger leur apport hydrique journalier, un danger pour leur santé.

Le programme mené par Oxfam, en partenariat avec la DG pour la protection civile et les opérations d'aide humanitaire de l’UE (ECHO), a permis de fournir de nouvelles citernes d’une capacité de 1000 litres à 2.480 ménages vulnérables, soit près de 15.000 personnes.

Pour Zarga, mère de deux enfants et résidente du camp de Boujdour, ce fut un soulagement pour sa famille : « Le réservoir est neuf, nous ne craignons plus pour la qualité de l’eau », confie-t-elle. « Nos anciens réservoirs étaient en fer, et de la rouille s'y était formée. Cela rendait l'eau impropre à la consommation et dangereuse pour notre santé ».

La capacité de stockage est telle que sa famille peut à présent se permettre d’attendre les 35 à 40 jours habituels avant d’être livrée sans que ce ne soit trop contraignant. Un réservoir de 1.000 litres pour sa famille composée de 4 personnes lui permet de disposer de 6 litres d’eau supplémentaires par personne et par jour. Un apport considérable dans un camp où chaque personne dispose de 12 litres par jour, un seuil bien inférieur à la norme du HCR, fixée à 20 litres par personne et par jour.

Ce programme a bénéficié du finacement de l'Union Européenne (Protection Civile et Opérations d'aide humanitaires européennes).