La vie continue... même dans les camps

Ana Caistor Arendar, collaboratrice d’Oxfam, a visité le nouveau camp de Corail, à côté de Port-au-Prince. Pour pourvoir aux besoins élémentaires des milliers de résidents du camp, Oxfam a fait placer des installations sanitaires et fournit de l’eau.
Alors que la saison des pluies a commencé en Haïti, on ignore toujours combien de personnes restent sans abri depuis le tremblement de terre du 12 janvier. Si les chiffres officiels parlent de 1,3 million, les Haïtiens eux-mêmes pensent que ce sont 2 millions de personnes qui vivent actuellement dans les camps provisoires autour de Port-au-Prince. Pour ces sinistrés, la pluie constitue un problème supplémentaire alors qu’ils ont déjà tout perdu, ou presque. Les gens craignent que des coulées de boue et des inondations fassent encore des morts dans les camps.

- Corail, le nouveau camp près de Port-au-Prince
- Il a fallu construire des canalisations d’eau et des installations sanitaires avant l’arrivée des réfugiés. ©Jane Beesley/Oxfam
Des rangées de tentes anonymes
Il y a quelques semaines, le gouvernement a choisi un nouveau terrain pour construire un camp provisoire pour les gens les plus exposés à la saison des pluies. Il s’agit d’une plaine poussiéreuse et désertique située à 40 minutes en voiture de la capitale. Aujourd’hui, des milliers de personnes y vivent déjà.
Oxfam a disposé d’une semaine à peine pour préparer le camp avant l’arrivée des nouveaux occupants. On a creusé des latrines et installé des douches et des canalisations d’eau potable. Heureusement, tout était prêt à temps pour répondre aux besoins élémentaires des nouveaux habitants. Oxfam a également installé un téléphone gratuit pour permettre aux habitants de signaler d’éventuels problèmes ou toute autre information utile.
Le camp ressemble à un décor de film : on ne voit que des rangées blanches de tentes anonymes, que les habitants tentent de personnaliser avec toutes sortes de matériaux colorés et des branches feuillues qu’ils plantent dans le sable pour donner une touche de verdure.

- Un abri sûr contre la tempête et la pluie
- Les habitants personnalisent les tentes anonymes blanches. ©Ana Caistor Arendar/Oxfam
De retour à Port-au-Prince, je constate que l’activité économique a bien repris. Les échoppes se succèdent sur les trottoirs. Ceux qui possèdent quelques marchandises les vendent sous une bâche en plastique ou à l’air libre, pour se faire un peu d’argent. On trouve de tout : des vêtements, des chaussures, des pièces de voiture et de la quicaillerie...
"J’ai peint une maison qui ne pouvait pas s’écrouler..."
Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les centaines de peintures réalisées par les artistes locaux. On voit la mer… des images romantiques peintes avant le tremblement de terre. Aujourd’hui, à côté de ces peintures anciennes, il y a autant de nouveaux tableaux représentant des habitations en ruine.
Dans l’un des principaux camps, celui du golf de Pétionville, où logent 25.000 personnes, Oxfam a lancé un projet avec un groupe d’artistes locaux. Les artistes sensibilisent un groupe d’enfants du camp à des sujets comme la santé publique et le recyclage.
Les enfants ont reçu un morceau de tissu pour pouvoir peindre leur propre oeuvre. La plupart d’entre eux ont peint une maison. Melissa, une fillette de 11 ans, explique qu’elle a choisi une maison antisismique et pas une maison qui s’écroule comme celle qu’elle avait avant.
Texte : Ana Caistor Arendar, Oxfam Haïti


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