social

Santé et VIH/SIDA

13 mars 2009

Victimes du sida... ou de l’avarice du G8 ?

Avant même que n’ait commencé le sommet du G8, Oxfam appelait les dirigeants des pays les plus riches du monde à prendre des engagements financiers concrets pour soutenir des programmes contre le VIH/SIDA dans les pays en voie de développement.

Si aucune action concrète n’est proposée par le G8 en matière de financement dans le domaine de la santé, les dirigeants du G8 auront sur la conscience la responsabilité de nombreux décès qui pourraient pourtant être évités.

Des financements, pas des déclarations !
Max Lawson, expert politique d’Oxfam : "Ce que dont nous avons besoin d’obtenir du G8, ce sont des financements, pas juste un autre communiqué déclarant que le VIH/SIDA est un problème majeur. D’ici à 2010, 10 millions de personnes auront besoin de traitements et 7 millions en ont besoin maintenant. Le G8 doit d’urgence débloquer des fonds en faveur d’un accès universel à la prévention, aux médicaments et aux soins, comme il l’avait promis en 2005.

"Que l’Allemagne intègre ce sujet à l’agenda du G8 constitue une véritable opportunité", constate Max Lawson. "Mais ce temps peut être gaspillé à force de litiges et de marches arrière. Au cours des discussions de dernière minute, quelques pays - dont le Canada et l’Italie - essayent d’éviter toutes les questions portant sur l’argent. Des négociations sont prévues toute la nuit. Les Allemands devraient pousser ces négociations jusqu’à ce que des chèques soit signés."

Renforcer les services de santé
Oxfam a aussi déclaré que le G8 doit accepter de consacrer davantage d’argent pour lutter contre la pénurie de personnel de santé (4,25 millions de professionnels de la santé supplémentaires sont nécessaires) et pour renforcer les services de santé dans les pays en voie de développement. Les fonds doivent être attribués globalement et de façon coordonnée, car il ne suffit pas de construire des cliniques ou de mettre en place de nouveaux traitements s’il n’y a personne pour les administrer...

"Rien qu’aujourd’hui, alors que le G8 profite du soleil et du champagne, 4.000 enfants mourront de diarrhées et 1.400 femmes vont décéder durant leur grossesse ou pendant l’accouchement. Or, le G8 a le pouvoir d’empêcher ces morts honteuses", rappelle Max Lawson.

"Lors de visites dans les hôpitaux du Malawi, j’ai rencontré des infirmières travaillant 30 heures d’affilée, sans véritable pause. Epuisées, mais ne pouvant s’arrêter. Dans certains endroits, les médicaments sont disponibles mais il n’y a personne pour les administrer. C’est ce qui arrive quand les pays du G8 reviennent sur leurs engagements."

En outre, les règles commerciales soutiennent le monopole des compagnies pharmaceutiques contre le développement des médicaments génériques, empêchant de la sorte un accès à des médicaments abordables. Aujourd’hui, une personne sur trois dans le monde ne peut se payer les médicaments nécessaires pour combattre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme.

Oxfam appelle le G8 à :
- Fournir une aide supplémentaire de 21 milliards de dollars, afin d’aider les pays en voie de développement à renforcer leurs services publics de santé.
- Débloquer 10 milliards de dollars annuels contre le VIH/SIDA et réaffirmer leur engagement de reconstituer pleinement le budget du Fonds mondial
- Mettre en œuvre un mécanisme coordonné de financement des services de santé
- Reconnaître le droit des pays en développement à échapper au droit international de la propriété intellectuelle dans le domaine de la santé pour assurer l’accès à des médicaments à bas prix aux populations pauvres.

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