Inondations au Pakistan

26 août 2010

Une journée de marche pour fournir de l’eau potable

Qasim Berech, expert en santé publique pour Oxfam au Pakistan, s’est rendu récemment dans la vallée de Swat. Son périple pour livrer des tablettes de purification d’eau illustre bien les difficultés qu’éprouvent les organisations humanitaires pour venir en aide à la population.

Après les grosses inondations qui ont sévi dans la région, une grande partie de la vallée de Swat a été coupée du reste du pays. La plupart des routes et des ponts de la région ont été détruits par la montée des eaux. Seuls les hélicoptères sont actuellement en mesure d’apporter de l’aide à des centaines de milliers de sinistrés.

Mission : eau potable
« Les habitants de la vallée de Swat vivent un cauchemar depuis le début des inondations », explique Qasim Berech. « Ils sont pratiquement coupés du reste du pays. Ce qui m’inquiète le plus est la pénurie chronique d’eau potable dans de nombreux endroits. Certains se voient obligés de boire l’eau de la rivière. Les tuyaux qui, normalement, transportent l’eau de sources potables ont été emportés par les inondations. Nous craignons l’apparition de maladies. Déjà, les cas de diarrhées se multiplient. »

Cela fait trois semaines que les inondations ont commencé ; le niveau de la rivière Swat commence enfin à baisser. Berech a décidé d’évaluer les dégâts avec une équipe de cinq personnes, dans une région isolée depuis des semaines et accessible uniquement à pied. Avec eux, ils ont emmené 100.000 sachets de poudre pour purifier l’eau, soigneusement emballés dans 400 petits cartons. Chaque sachet permet de rendre potables dix litres d’eau en 20 minutes.

« Nous avons quitté Mangora en camionnette à 9h, » raconte Berech. « Il pleuvait toujours des cordes. En tant que Pakistanais, je peux dire que je n’ai jamais vu cela de ma vie. Ces inondations sont uniques dans l’histoire du Pakistan. »

« A Fatehpur,nous avons dû abandonner notre camionnette et poursuivre à pied. J’ai engagé huit personnes pour nous aider à porter les cartons. Les maisons, hôtels et magasins autour de moi, pourtant des bâtiments en béton, se sont effondrés comme des châteaux de cartes. »

Des solutions désespérées
Le périple de Qasim Berech et son équipe se poursuit, en partie à pied et en partie en camionnette, là où l’on peut en trouver et où des morceaux de route sont praticables.

« En route, nous croisons des hommes qui viennent de parties isolées de la vallée de Swat et marchent depuis plus d’une journée. Ils se rendent à Fatehpur pour recueillir de l’aide alimentaire distribuée par les organisations humanitaires. Ils marchent pliés sous le poids des sacs qu’ils portaient - de farine de blé, huile, riz, légumes, sucre, sel, biscuits - et qui suffiront à faire survivre la famille durant une semaine ou plus. »

« Il y a également des femmes. Elles prennent de l’eau à la rivière pour leurs familles. Elles savent qu’il ne faut pas la boire, que cela rendra leurs enfants malades. Mais elle n’ont pas d’autre choix. »

« Ces personnes n’ont nulle part où aller. Les habitants de la région du Swat sont très pauvres – ils n’ont pas les moyens de partir louer une maison ailleurs. De plus, ils ne veulent pas abandonner leurs maisons et leur bétail. Les plus chanceux se réfugient auprès de leurs familles. »

« La pluie s’est mise à tomber encore plus fort, nous obligeant à ralentir notre allure sur un sol toujours plus boueux. Tout le monde peine, mais personne ne se plaint. A certains endroits, les locaux ont tenté de reconstruire des ponts de fortune. Nous en avons traversé plusieurs – juste des bouts de bois maintenus par des cordes. Inutile de préciser qu’ils sont dangereux et que j’ai eu très peur pour mon équipe et pour les porteurs. »

Finalement, au bout de quatre heures de marche dans des conditions éprouvantes, l’équipe de Qasim Berech atteint Bahrain à 16h. « Nous étions tous éreintés et trempés, mais nous savions que cela en valait la peine : nous avons réussi à distribuer nos sachets de poudre à près de 3.000 familles. 30 sachets par famille, soit une provision d’eau potable pour 15 jours. Nous y retournerons autant de fois qu’il le faudra. Il faut que nous travaillions tous ensemble pour apporter de l’aide là où elle nécessaire ».

Plus d’infos
Mirjam Van Belle, responsable de la cellule Urgences d’Oxfam-Solidarité : 02 501 67 44 - mva(at)oxfamsol.be


Vous pouvez aider les victimes des inondations

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