Une bénévole témoigne
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Cet été nos bénévoles vont aux festivals pour obtenir des signatures à notre pétition en faveur de l’agriculture paysanne. Quelle est leur expérience ? Annick Moonen, bénévole au Sfinks, raconte... |
"Le commerce du lait. Un concentré d’injustices ! Participez à nos équipes de campagne" : c’est ce que j’avais lu dans le Globo, le magazine d’Oxfam- Solidarité. J’aime bien le jeu de mots "Le commerce du lait. Un concentré d’injustices". Mais au départ je n’avais pas tout à fait compris ce que signifiait ce "commerce du lait".
J’avais déjà travaillé comme bénévole dans un magasin de commerce équitable. Je connaissais donc déjà le travail d’Oxfam. Mais je n’avais jamais participé aux campagnes dans les festivals.
Le 23 de juin, Oxfam-Solidarité a invité toutes les personnes intéressées à suivre une session de formation sur les tâches d’une équipe de campagne.
En tant que bénévole il faut expliquer la campagne aux gens et leur demander de signer la pétition. Le but est d’avoir plus de 20.000 signatures et de les donner au Ministère de la Coopération au Développement pour faire prendre conscience de la situation horrible en Afrique et ailleurs.
La campagne : de quoi s’agit-il ?
Les surplus des paysans européens sont transformés en poudre de lait, et sont exportés vers l’Afrique.
A cause de ces exportations à bas prix, les gens consomment du lait en poudre dans le Sud, parce que c’est l’option la moins coûteuse. Mais du coup, les paysans africains ne parviennent plus à vendre leur lait et perdent leurs revenus.
L’Europe souffre aussi des conséquences de ces exportations. En Europe, pour survivre, les paysans doivent produire beaucoup de lait, à un prix très bas. Ils n’arrivent plus à faire face à cette concurrence des prix de l’agrobusiness et disparaissent petit à petit. En outre, l’agro-industrie perçoit beaucoup de subventions (payées par nos impôts) pour le lait. Cela, beaucoup de gens ne le savent pas ou n’y pensent pas.
Le festival de Sfinks
J’ai choisi d’être bénévole au festival de Sfinks. Il a beaucoup plu la veille. Il y avait donc beaucoup de boue ! Heureusement le soleil a fait son apparition et la journée a été chaude. Quand je suis arrivée au stand d’Oxfam-Solidarité, je trouvais qu’on était très éloignés du grand public. J’avais des doutes concernant le fait qu’on puisse rassembler autant des signatures qu’aux Fêtes de Gand, à Dour ou à Rock Wercher.
On a donc décidé de mettre notre vache Leila au milieu des champs. L’effet souhaité a été obtenu. Leila n’est pas seulement une vache en plastique sur roues. C’est aussi le symbole de notre campagne. Les gens ont vu Leila et il se sont demandés ce qu’elle faisait là. Puis, grâce à elle, ils ont établi un rapport entre elle et la campagne. Nous avons donc pu rapidement les convaincre de signer notre pétition.
Cette année la troupe de théâtre des "Passeurs de Rêves" anime notre campagne. Avec leur pièce de théâtre, les acteurs ont essayé de faire comprendre aux festivaliers comment l’exportation de lait en poudre cause des problèmes en Afrique, mais aussi en Europe. Un message très difficile, mais emballé d’une manière ludique. Les trois hommes, déguisés en vache, ont surtout plu aux enfants. Avec leurs instruments et leur accordéon ils ont invité le public à découvrir la pièce de théâtre.
Les réactions du public
Les jeunes surtout acceptent de signer notre pétition sans hésiter. La réaction des plus vieux est différente. Certaines personnes nous ont carrément ignoré. D’autres voulaient simplement discuter... voir même nous faire changer d’avis.
Néanmoins la plupart de gens ont apprécié le fait qu’on essayait de leur faire prendre conscience de notre campagne et de les informer. Pour moi cela valait donc la peine de participer à la campagne.
Quelques réactions très comiques :
"Mais non, ce n’est pas vrai ce que vous êtes en train de raconter. Le lait en poudre est exporté vers la Chine. Au Burkina Faso il n’y a que des vaches maigres"
"Non, c’est de la politique. Je n’y participe pas."
"Ah jeune fille. J’apprécie que vous soyez ici. Comment est-il possible que vous sachiez tout cela ? Ah vous avez étudiez la politique internationale ? C’est ce que je pensais !"
"C’est quand même scandaleux, n’est ce pas ? Ils ne détruisent pas seulement l’économie européenne, mais aussi celle de l’Afrique. Et en plus on doit payer des impôts pour cela !"
"Ah, c’est pour Oxfam. Donnez-moi la pétition, je la signe tout de suite !"
Le résultat ?
Je pense qu’on a réussi à atteindre un public très large et qu’on a réussi à leur faire prendre conscience des enjeux de la production et du commerce du lait. Beaucoup de gens se sont étonnés du fait que les exportations de lait aient aussi des effets sur notre propre économie. J’espère que l’on pourra encore convaincre beaucoup de gens lors des autre festivals et qu’ils signeront la pétition. J’espère aussi qu’on arrivera a atteindre l’objectif des 20.000 signatures.
La dernière chose à faire est de convaincre le Ministère de la Coopération au Développement et l’Union Européenne de l’utilité de notre campagne.
Annick Moonen


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