Un camp de réfugiés climatiques à Bruxelles !

Cette semaine, l’UE va préciser la position qu’elle défendra à Copenhague. Oxfam a dressé des camps de réfugiés climatiques dans cinq capitales européennes pour rappeler aux leaders européens les conséquences possibles d’une aide insuffisante aux pays en développement.
Des centaines de tentes de réfugiés miniature ont été dressées ce matin par Oxfam dans cinq capitales européennes (Bruxelles, Berlin, Dublin, Londres et Madrid). A Bruxelles, cette action se déroulait place de l’Albertine, lieu de grand passage les matins de semaine. Des centaines de personnes ont été interpellées par nos bénévoles et ont accepté de signer une lettre destinée à nos dirigeants.

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Mais le but de cette action était avant tout d’attirer l’attention des leaders européens, qui vont se réunir ces 29 et 30 octobre à Bruxelles pour définir la position européenne sur le financement climatique en vue du Sommet de Copenhague de décembre. La Chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre polonais Donald Tusk seront mis à rude épreuve, car leurs gouvernements ont jusqu’à présent bloqué tout accord.
« Les États-membres vont devoir dévoiler leur jeu » déclare Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-solidarité. « L’Union Européenne dispose de moyens financiers suffisants pour contribuer à la conclusion d’un accord juste et durable à Copenhague. Il faut pour cela des propositions concrètes assorties de chiffres concrets ».
Déjà plus de 26 millions de réfugiés climatiques
Les mini-camps de réfugiés miniature d’Oxfam reflètent l’avenir possible de millions de gens dans le monde.
Aujourd’hui déjà, des études estiment à plus de 26 millions le nombre de réfugiés climatiques, auxquels d’après les perspectives actuelles viendraient s’ajouter un million de plus chaque année. Pour ces gens, les changements climatiques ne sont plus une menace lointaine, mais une réalité quotidienne, une force qui détruit leur maison, anéantit leurs récoltes et menace leur santé, les poussant enfin à prendre le chemin de l’exode.
Oxfam pousse l’Union européenne à mettre à disposition 35 milliards d’euros par an pour aider les pays en développement à se prémunir et à s’adapter aux changements climatiques.
Stefaan Declercq : « Nous demandons que ces fonds soit additionnels aux 0,7% du PIB prévus pour l’Aide publique au développement, car on ne peut forcer les pays en développement à choisir entre des digues ou des écoles.
En outre, Oxfam demande à l’Union européenne de réduire ses émissions d’au moins 40% d’ici 2020 par rapport aux niveaux de 1990. Sinon, il est certain que nous dépasserons les 2°C de réchauffement, avec toutes les conséquences que cela implique pour tous ».
Les positions européenne et belge
La Commission européenne a publié ce 10 septembre un document traitant des fonds à allouer pour le financement climatique. D’après ce document, les pays en développement auront besoin de 22 à 50 milliards d’euros par an d’ici 2020 pour lutter contre les changements climatiques, et compte tenu de la responsabilité historique de l’UE et de ses moyens, sa contribution s’élèverait à un montant situé entre 2 et 15 milliards d’euros par an. Les négociateurs de l’UE ont dit être “confiants” quant à une proposition finale allant dans ce sens (largement inférieure aux 35 milliards d’euros estimés nécessaires par Oxfam).
A propos de l’additionnalité des nouveaux fonds, il existe des désaccords au sein de la Commission européenne. Le document du 10 septembre estime des fonds additionnels nécessaires, mais affirme d’autre part que l’Aide publique au développement jouera un rôle dans le financement climatique. La position de Commission européenne n’est donc pas encore définitive, mais se précisera probablement après les négociations de cette semaine.
La position de la Belgique n’est pas plus définitive. Si la position belge était jusqu’à présent forte et assez progressiste, elle vit dernièrement un retournement de situation avec la Flandre qui fait marche arrière. La Flandre ne pense en effet pas pouvoir supporter les coûts liés aux objectifs initialement proposés. Sur la question de l’additionnalité, les avis sont également divisés.
Pour plus de renseignements :
Brigitte Gloire, responsable du plaidoyer ’Climat et développement durable’, Oxfam-Solidarité Tél. : 02 501 67 53 – 0494 58 86 06 – e-mail : bgl(at)oxfamsol.be
www.oxfamsol.be/climat


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