Haïti

7 janvier 2011

Un an d’indécision fait stagner la reconstruction d’Haïti

Dans un rapport publié aujourd’hui, Oxfam fait appel au gouvernement haïtien et aux donateurs afin de sortir de l’impasse et de débuter la reconstruction d’Haïti. Un million de personnes vivent toujours dans des tentes ou sous des bâches. Il faut leur permettre de rentrer chez elles.


- Depuis un an, Oxfam a aidé plus d’un million de personnes via 2 programmes d’urgence : l’un de réponse au séisme (500.000 bénéficiaires) ; l’autre de réponse à l’épidémie de choléra (700.000 bénéficiaires) qui a déjà fait plus de 3300 victimes depuis octobre 2010.


Dans son nouveau rapport « De l’urgence au relèvement », Oxfam impute le manque de progrès aux indécisions du gouvernement d’Haïti, à la recherche trop fréquente des pays donateurs de leurs propres priorités d’aide, et au manque d’énergie de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, chargée de coordonner les efforts de reconstruction.

« Cette dernière année d’indécision a mis la reconstruction d’Haïti en suspens. Près d’un million de personnes vivent encore dans des tentes ou sous des bâches et des centaines de milliers d’autres, vivant dans les décombres de la capitale, ne savent pas quand elles pourront rentrer chez elles », déplore Roland Van Hauwermeiren, directeur d’Oxfam en Haïti.

« Reconstruire ce pays dévasté ne se fera pas du jour au lendemain, ajoute-t-il. Mais des décisions cruciales concernant l’emploi, le déblaiement des décombres, la réparation des logements et l’allocation des terres pour les personnes qui ne seront pas en mesure de retourner chez elles peuvent et doivent être prises urgemment. Le nouveau gouvernement d’Haïti doit maintenant endosser son rôle de leader. Et la communauté internationale, y compris les ONG, doit s’unir afin de le soutenir dans ce sens. »

Priorité à la reconstruction
Les opérations d’aide d’urgence après le séisme de l’an dernier ont été un succès, mais la reconstruction à long terme a à peine commencé. Les dons des particuliers pour l’aide d’urgence ainsi que les financements des gouvernements donateurs et des institutions multilatérales ont été exceptionnellement importants. Toutefois, selon le bureau de l’envoyé spécial de l’ONU en Haïti, seulement 42 % des 2,1 milliards de dollars promis par les gouvernements en 2010 ont été effectivement déboursés à la fin de l’année.

« Trop nombreux sont les donateurs des pays riches qui ont suivi leurs propres priorités d’aide et ne se sont pas coordonnés efficacement entre eux ou avec le gouvernement haïtien. Ce qui a eu pour effet de sérieusement affaiblir la capacité du gouvernement à planifier et à tenir ses engagements en vue de la reconstruction », précise Roland Van Hauwermeiren.

La plupart des donateurs ont financé des logements de transition, tandis que très peu d’argent a été envoyé pour déblayer les décombres ou réparer les maisons. Un an après, seulement 5% des décombres ont été dégagés. La construction à grande échelle des maisons ne peut pas débuter avant que la quantité énorme de débris ait été dégagée. La priorité doit être accordée à cette étape fondamentale pour aider les Haïtiens à rentrer chez eux.

Une Commission pas à la hauteur
La Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, dirigée par l’ancien président américain Bill Clinton et le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive, a été mise en place en avril 2010 afin de faciliter la coordination des projets de reconstruction et de soutenir les ministères haïtiens dans leur mise en œuvre. Jusqu’à présent, la Commission n’a pas été à la hauteur de son mandat, alors qu’elle est un élément moteur de la reconstruction. De nombreux fonctionnaires haïtiens ne sont toujours pas compétents techniquement pour diriger ces opérations et, dans la pratique, aucun des projets majeurs de reconstruction n’a débuté.

Malgré la crise politique actuelle, les élites politiques et économiques d’Haïti ont encore une opportunité unique de s’attaquer à un grand nombre de problèmes entravant le développement du pays. Mais ce processus doit débuter sans plus tarder.

« Les Haïtiens veulent avant tout retravailler pour subvenir aux besoins de leur famille. Ils ne demandent pas la charité mais l’opportunité d’être partie prenante du processus de reconstruction de leur propre pays. Après ce qu’ils ont vécu l’an dernier, ils le méritent », conclut Stefaan Declercq, secrétaire général d’Oxfam-Solidarité.


Plus d’infos
- en Belgique : Alexandra Harkay, Gestionnaire de programme humanitaire Haïti pour Oxfam-Solidarité : 02/501 67 96 - ah(at)oxfamsol.be
- en Haïti : Julie Schindall, Porte-parole d’Oxfam : +1 617 735 5572 / +509 3701 0651 - jschindall(at)oxfam.org.uk
- Lisez le nouveau rapport « De l’urgence au relèvement - Soutenir la bonne gouvernance en Haïti après le séisme »

  • (PDF - 414.6 ko)
 
 

Actions et projets

 

Partenaires