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Partenariat mondial pour le développement

6 octobre 2008

Un Traité de Libre Commerce plus qu’un Accord d’association

L’Union européenne (UE) nomme ’Accord d’association’ ce qui en réalité sera un Traité de Libre Commerce (TLC), comme l’ont signalé Oxfam International, Grupo Sur, CIFCA, Friends of the Earth Europe et la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme, dans le cadre du cinquième round de négociations entre l’UE et les pays d’Amérique centrale qui a lieu cette semaine au Guatemala.

Jusqu’à présent, la position européenne a toujours été de dire que les trois pilliers – dialogue politique, coopération et commerce – revêtent une importance égale. Les faits montrent pourtant que l’objectif réel de l’Europe réside dans l’atteinte d’un accord commercial réciproque.

Pas de garanties, pas de protection
"Les Droits de l’homme s’énoncent sans engagements concrets de suivi et sans garantie que les droits à la santé ou à l’alimentation ne seront pas bafoués, et il n’existe pas non plus de garanties liées au respect des droits des peuples indigènes ou afroaméricains, ou encore des droits des migrants" affirme Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

"Si l’UE ne laisse pas tomber cette stratégie immédiatement, les négociations devront être repoussées. Bruxelles n’a permis d’introduire aucune nouveauté au schéma de dialogue politique, et n’a pas accru son engagement financier dans la sphère de la coopération, ce qui fait de ces volets de simples ajouts décoratifs", signale Lourdes Castro, porte-parole de Grupo Sur.

"Un accord commercial qui ne reconnaît pas l’abîme qui sépare les économies des pays européens de celles des pays d’Amérique centrale laissera la région dans un état de grande vulnérabilité. En signant un TLC, les gouvernements auront moins d’instruments pour faire face à la crise actuelle des prix alimentaires. Le CAFTA, traité commercial servant de modèle à l’UE, a provoqué beaucoup d’effets négatifs et n’a apporté que très peu à la population centraméricaine", poursuit Erik Van Mele, porte-parole d’Oxfam International.

Dans la même logique, la Commission européenne n’a toujours pas élaboré d’étude de l’impact socio-environnemental, qui devrait pourtant constituer un référent dans le cadre des négociations.

Empressement et fragilisation
"Jusqu’à présent, l’UE a fait la sourde oreille face aux recommandations de la société civile des deux régions. Le dialogue birégional n’a pas été possible, et la hâte avec laquelle l’UE tente de conclure les négociations favorise surtout ses intérêts propres", commente Luis Guillermo Pérez, Secrétaire éxécutif de CIFCA.

L’UE et l’Amérique centrale sont en train de négocier un Accord d’association qui pourrait représenter une belle opportunité pour les pays de l’isthme. Cependant, la tournure actuelle des négociations n’offre pas de bénéfices pour les habitants de la région et pourrait augmenter leur vulnérabilité face aux crises alimentaire, énergétique ou financière.

Pour plus d’information :
- Erik Van Mele, tel : 32-2-5016747, email : erik.vanmele@oxfamsol.be
- Luis Guillermo Pérez, tel : 32-2-5361912, tel : 32-485168070 email : luisg.perz@cifcaeu.org
- Lourdes Castro, tel : 32-2-5016765, email : gruposur@agora.eu.org
- Charly Poppe, tel : 32-485534193, email : charly.poppe@foeeurope.org
- Karine Appy, tel. : 33-672-284294, email Kappy@fidh.org