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Objectifs du Millénaire pour le développement

24 septembre 2010

Un Sommet du Millénaire mitigé

Le Sommet sur les Objectifs du millénaire, qui s’est tenu du 20 au 23 septembre à New York, aura été peu riche en mesures ambitieuses pour combattre la pauvreté dans le monde. Toutefois, plusieurs leaders se sont prononcés en faveur de la Taxe sur les Transactions Financières.

Quelques annonces et engagements ont tout de même été faits lors du Sommet. La Banque Mondiale a annoncé qu’elle investirait 750 millions de dollars supplémentaires dans l’éducation primaire, surtout en Afrique sub-saharienne. 16 milliards seraient en réalité nécessaires pour assurer une éducation pour tous les enfants.

Ban Ki Moon, Secrétaire général de l’ONU, a, lui, annoncé 40 milliards de dollars à investir dans les Objectifs du Millénaire axés sur la santé, avec une attention particulière pour les femmes et les enfants. Il a évoqué la nécessité de mettre en place une stratégie mondiale pour la santé, combinant les efforts des donateurs, des institutions mondiales, des pays en développement, du secteur privé et des organisations de développement. Pour la mettre en œuvre, a précisé Ban Ki Moon, 169 milliards de dollars sont nécessaires.

Différents chefs d’État y sont également allés de leur engagement, trop souvent sans préciser d’où proviendraient les fonds nécessaires à concrétiser ces engagements.
L’Union européenne a toutefois proposé un financement d’1 milliard d’euros pour les OMD en Afrique, aux Carraïbes et dans les pays du Pacifique. Enfin de l’argent nouveau, et pas des promesses recyclées...
L’UE est pourtant loin d’être irréprochable : à part la Belgique, le Royaume-Uni et la Suède, aucun pays ne s’est tenu jusqu’à présent à ses engagements en aide.

La TTF ouvertement soutenue
L’un des principaux points forts aura été le soutien marqué par le président français Nicolas Sarkozy, le président espagnol José Zapatero, et par notre Yves Leterme national, à la fameuse Taxe sur les Transactions Financières. La grande absente étant l’Allemagne, qui s’était pourtant précédemment exprimée en faveur de la TTF.

Les recherches d’Oxfam indiquent que la crise économique, causée par les banques, a fait un trou de 65 milliards de dollars dans les budgets des pays pauvres. Une minuscule taxe sur les transactions financières de ces mêmes banques permettrait de récolter jusqu’à 400 milliards de dollars chaque année.
Le groupe d’experts en sources de financements innovantes de l’ONU a confirmé la pertinence de la TTF dans son dernier rapport, et même l’IMF considère cette taxe comme un moyen réaliste de trouver de l’argent neuf pour les OMD.

La discussion se poursuivra au niveau européen, lors de la réunion des ministres des Finances européens en octobre, et lors des prochains G8 et G20. Jamais le consensus n’avait été aussi grand autour de cette taxe, proposée depuis des années et jamais approuvée. « L’instauration d’une telle taxe n’est plus une question de faisabilité technique, mais de volonté politique », a déclaré Yves Leterme en citant le rapport des experts de l’ONU.

Les Etats-Unis veulent combattre l’évasion fiscale
Dans son discours, le président Obama a déclaré vouloir forcer les compagnies minières, pétrolières et de gaz enregistrées aux Etats-Unis à faire la lumière sur les paiements qu’elles effectuent aux gouvernements dans le monde entier. Obama veut par là cesser l’évasion fiscale et a lancé un appel à un renforcement global des réglementations.

Oxfam espère que d’autres Etats leur emboiteront le pas, afin que les pays en développement puissent retirer plus de revenus sur l’exploitation de leurs ressources naturelles par les multinationales. Ce sera dans tous les cas un autre dossier délicat à traiter lors du G20.

En dix ans, peu de progrès ont été réalisés sur les Objectifs du millénaire. La plupart des pays n’ont pas tenu leurs engagements, mais aucun n’ose avouer cet échec collectif. Certaines idées avancées lors de ce Sommet peuvent signifier beaucoup, mais doivent dès lors être rapidement traduites en mesures concrètes.