Tsunami : état des lieux des activités d’Oxfam

Le travail d’Oxfam dans les régions affectées
En tant que membre d’Oxfam International (confédération de 12 Oxfam), Oxfam-Solidarité, travaille en collaboration avec les filiales locales d’Oxfam et avec de nombreuses associations partenaires de longue date dans les pays concernés.
Les activités se concentrent surtout dans les trois pays les plus touchés (l’Indonésie, le Sri Lanka et l’Inde), et dans une moindre mesure, en Birmanie, en Thaïlande, en Somalie et aux Maldives.
Le plan global d’action consiste à apporter du secours à un nombre de victimes estimé à 630.000 (300.000 en Inde, 250.000 au Sri Lanka, 20 à 30.000 aux Maldives, 60 à 100.000 dans la province d’Aceh) dans les 90 jours qui viennent. Ensuite, nous entamerons des programmes structurels de réhabilitation et de reconstruction pour une période d’au moins 3 ans. En ce moment, notre aide atteint déjà plus de 320.000 personnes. Le nombre de personnes assistées augmentera d’autant plus que les actions seront plus efficaces. Oxfam-Solidarité a concacré un montant de 4 million € aux actions qu’elle mène en collaboration avec Oxfam International et elle planifie également des activités avec ses propres partenaires.
Actions d’Oxfam-Solidarité
En Thailande
Une ONG dénommée « Coalition des pêcheurs d’Andaman » compte aujourd’hui 33 organisations membres. Ensemble, elles couvrent toute la zone littorale touchée, ce qui représente 26 districts et un sous-district composés de 418 communautés de pêcheurs. Dans plus de la moitié de ces villages, les dégâts ont déjà été répertoriés et l’autre moitié sera bientôt terminée. Outre le terrible bilan humain, la destruction et la perte de matériel de pêche est un grave problème.
Le réseau a déjà délivré des aliments, des ustensiles de ménage et du petit matériel de pêche. Les plans d’assistance pour les mois à venir commencent petit à petit à prendre forme. L’idée centrale est de soutenir les communautés affectées pendant un an. L’accent sera mis sur les familles de pêcheurs et les enfants d’environ 2.200 familles appartenant à 180 communautés. Dans la mesure du possible, les actions seront coordonnées avec les autorités publiques et avec d’autres acteurs concernés.
Le programme comprend les volets suivants :
La création d’une base de données et d’un site internet ayant une fonction informative, de planification et de suivi ; La fourniture d’une aide directe sous la forme de matériel de pêche (filets de pêche et réparation des bateaux) et d’abris provisoires ; Installation d’écoles et de lieux d’enseignement provisoires ; Participation à l’élaboration d’une stratégie de reconstruction, et en assurer le suivi ; Soutien aux communautés de pêcheurs dans la réhabilitation de l’écosystème littoral ; Suivi de la distribution et de la gestion des fonds ; Valorisation des expériences en les utilisant pour l’élaboration d’un plan de prévention et de préparation.
La contribution d’Oxfam-Solidarité à ce programme s’élève à 50.000 €.
Au Sri Lanka
L’appui au MONLAR (Movement for National Land and Agricultural Reform) se fera à travers Oxfam International. En effet, la branche australienne d’Oxfam bénéficie d’une relation de collaboration de longue date avec cette organisation et est dès lors l’acteur le mieux placé pour assurer le suivi de cette opération. D’autre part, nous sommes à la recherche d’un autre partenaire direct pour lui attribuer la somme de 25.000 € prévue pour des activités de réhabilitation dans le domaine des soins de santé. Le processus d’identification est prévu pour début février.
Free Trade Zone and General Services Employee Union, en collaboration avec le Women’s Center (ONG qui travaille avec des ouvrières) : Nombreux travailleurs dans les zones de libre-échange au Sri Lanka sont originaires des régions dévastées par le tsunami et ont perdu leur famille et leurs biens. Ce syndicat a organisé la solidarité entre les travailleurs autour de la reconstruction de maisons dans leurs villages d’origine. Cette action prévoit la construction de maisons pour 100 familles vulnérables, y inclut la mise en place d’installations sanitaires et électriques. Contribution : 80.000 €
Actions d’Oxfam International
En Inde
Selon les sources officielles, 700 km de littoral ont été complètement rasés par l’eau dans les provinces de Tamil Nadu, Kerala, Andra Pradesh et Pondicherry Territory. En outre, les archipels d’Andaman et Nicobar ont aussi été ravagés. Au total, ce sont 2,43 millions de personnes, soit 927 villages, qui ont été touchés par le raz-de-marée. Ce sont surtout les maisons, le bétail, les terres et les bateaux qui ont subi d’énormes dégâts.
Les bureaux d’Oxfam en Inde sont tout de suite intervenus. Etant donné que le gouvernement indien était en mesure de répondre aux besoins immédiats des victimes, Oxfam a pu concentrer son action sur les endroits et les secteurs où les demandes n’étaient pas encore remplies et où on action avait une valeur complémentaire : notamment sur le plan de l’eau, de l’hygiène, des soins de santé, de la nourriture. Ces actions ont été menées au maximum en collaboration avec des organisations locales.
Dans l’intervalle d’un mois, les activités suivantes ont pu se réaliser : distribution de 17.000 kits hygiéniques, approvisionnement en eau et en infrastructures sanitaires au profit de plus de 20.000 habitants du camp d’hébergement, des abris provisoires pour plus de 1.000 familles, formation de bénévoles pour dispenser une aide psychologique aux victimes. Toutes ces activités seront poursuivies dans les prochaines semaines.
Avec le soutien d’Oxfam, diverses organisations partenaires ont apporté de l’aide à 19.000 personnes : transport des blessés, enterrement des morts, installation de points de ravitaillement, fourniture d’ustensiles de ménage, de premiers secours, de médicaments etc. L’évaluation des dégâts dans les deux archipels montre qu’ils se situent surtout au niveau de l’approvisionnement en eau. Oxfam participera activement à la reconstruction de cette infrastructure. Entre-temps, l’aide fournie consiste principalement à distribuer du matériel, tel que des kits hygiéniques, des ustensiles de ménage, de l’eau et des dispositifs sanitaires dans les camps d’hébergement.
En ce moment, de véritables plans de reconstruction sont en cours de préparation. Ces opérations seront aussi destinées aux foyers indirectement touchés par la catastrophe, comme par exemple les travailleurs des petites entreprises de l’industrie du poisson également englouties par le raz-de-marée. L’objectif étant de donner les moyens aux familles de subvenir à leurs besoins : réparation ou remplacement du matériel de pêche, reforestation, fourniture de semences, des systèmes de ‘cash-for-work’ pour la restauration des infrastructures villageoises, équiper les puits d’eau de pompes à main, latrines et bains, promotion de l’hygiène. En plus, des initiatives villageoises pour l’élaboration de plans de prévention et de préparation aux catastrophes naturelles seront soutenues.
Au Sri Lanka
Toute la bande littorale du Sri Lanka a été durement frappée par le tsunami. Grâce au fait qu’Oxfam était déjà présent dans l’île avec 4 bureaux locaux et qu’elle avait développé depuis longtemps d’étroites relations de coopération avec des organisations partenaires locales, elle a eu l’avantage de pouvoir réagir sur-le-champ. Avant le désastre, elle avait déjà mis en place un programme d’aide d’urgence à l’intention des victimes des inondations survenues deux semaines auparavant. Grâce à cet ancrage, nous avons pu démarrer tout de suite une opération de distribution d’aliments et d’articles ménagers, de sauvetage des survivants et de transport des blessés.
Plus tard, d’autres actions ont suivi telles que la distribution de kits hygiéniques, de matelas, de nourriture et la mise en place d’installations sanitaires et d’approvisionnement en eau dans les camps d’hébergement. 11 tonnes d’eau potable ont été acheminées depuis la Grande-Bretagne, mais la plus grande partie a été achetée sur place. Deux autres convois aériens ont apporté du matériel spécialisé pour l’approvisionnement en eau. Grâce à ces efforts, des dizaines de milliers de foyers ont à présent accès à l’eau potable. L’achat prévu de camions à déchets et de tanks contribuera à améliorer davantage la situation.
Des actions portant une attention plus spécifique aux femmes sont organisées par les comités de femmes dans les camps. Elles installent des coins toilette séparés, prennent des mesures de sécurité spécifiques etc. Oxfam est principalement actif dans le Nord, l’Est et le Sud de l’île, soit avec son propre personnel, soit par l’intermédiaire d’organisations partenaires. La coordination avec ces partenaires, ainsi qu’avec les autorités et d’autres organisations de développement est primordiale et Oxfam joue un rôle important dans ce processus.
En ce moment, les plans d’aide à moyen terme sont en pleine préparation. Il s’agit surtout de mesures visant à permettre aux gens de subvenir à leurs besoins et de créer de meilleures conditions de vie. A la fin de 2007, 40.000 familles devraient pouvoir vivre dans la certitude d’une alimentation suffisante, d’un revenu sûr (surtout par la pêche), d’un service de santé efficace et de bonnes installations sanitaires. Au moins 20.000 familles devraient avoir accès à l’eau potable et bénéficier d’un service de ramassage de déchets. Lors de l’élaboration des plans, une attention particulière sera portée aux besoins des femmes et des enfants.
En Indonésie
Un certain nombre d’organisations partenaires dans la province d’Aceh a immédiatement commencé les travaux de secours après le désastre. Cinq jours après, une équipe d’Oxfam a pu se rendre sur les lieux pour aider à organiser les opérations d’aide.
Pendant les premières semaines, les travaux se sont surtout concentrés dans la capitale provinciale Banda Aceh. Des camps de réfugiés s’y sont érigés de manière spontanée, abritant parfois 50 habitants, parfois 5.000. La fourniture en eau potable et en dispositifs sanitaires était l’un des principaux soucis d’Oxfam. En plus de cela, quelques articles de première nécessité ont été distribués, comme par exemple du matériel de cuisine, des bêches, des matelas de campagne, des articles de toilette et des bâches.
Ces distributions de matériel sont toujours en cours : en effet, au début, la population des camps d’hébergement n’est jamais stable, puisque plusieurs personnes sont souvent encore en errance ou à la recherche de leurs proches. En plus, les risques sanitaires ne sont pas toujours tout à fait sous contrôle.
Oxfam a maintenant commencé à distribuer des radios dans les camps. Avec des habitants locaux nous réalisons des programmes informatifs entre autres pour faire des recommandations par rapport aux questions sanitaires. Au bout du premier mois, on était déjà arrivé à atteindre 30.000 personnes à Aceh Besar, mais chaque jour de nouveaux sites s’y ajoutent.
La ville de Meulaboh sur la côte ouest est l’une des régions les plus durement touchées et est très difficilement accessible. Néanmoins, à partir du 6 janvier, Oxfam a réussi à lui fournir de l’eau potable, des dispositifs sanitaires et des bâches.
Dans la région entre Meulaboh et Banda Aceh, on a pu organiser une distribution par hélicoptère de jerrycans, de savon, de matelas et de moustiquaires à 15.000 personnes. Nous comptons à présent passer de l’aide d’urgence immédiate à l’aide financière, pour permettre aux gens de faire eux-mêmes leurs achats aux marchés locaux situés plus à l’intérieur du pays. Cela devrait également contribuer à relancer les activités commerciales locales.
D’autre part, Oxfam collabore à l’élaboration de plans pour l’accueil de dizaines de milliers de personnes déplacées à plus long terme dans des camps mieux équipés. En ce moment, beaucoup d’entre eux s’abritent encore sous des bâches, dans des épaves de voitures, dans des constructions de fortune etc. Là où il y a moyen de réparer les maisons existantes, on aidera les propriétaires à se réinstaller.
Pendant la première année, Oxfam prévoit d’apporter de l’aide à 145.000 personnes à travers la fourniture de tout type de services en fonction des besoins. A cette fin, nous devons d’abord procéder à l’identification de ces besoins.
A long terme, nous voulons travailler de manière intensive dans les communautés villageoises et à travers les organisations locales à la reconstruction et à la mise en place de stratégies de développement durable qui doivent endiguer la pauvreté dans la région.
Aux Maldives
Malgré le nombre limité de victimes, pas mal d’infrastructures ont été endommagées sur l’archipel des Maldives. Ce sont surtout les infrastructures d’approvisionnement en eau qui ont le plus souffert : 30.000 personnes se sont retrouvées sans accès à l’eau potable. Nombre de puits d’eau, la principale source d’eau potable, ont été contaminés par l’eau salée. De surcroît, on s’attend à une période de sécheresse de 2 ou 3 mois. Ici aussi, Oxfam a eu l’occasion de mettre en oeuvre son expertise en la matière. Toute sorte de matériel et 55 tonnes d’eau embouteillée ont été acheminés par avion, pour répondre au manque immédiat d’eau jusqu’à ce que les installations d’épuration soient fonctionnelles. Oxfam compte rester encore un mois sur les lieux pour continuer à apporter de l’aide d’urgence au niveau de l’approvisionnement en eau. Puis, le gouvernement, qui a la situation sous contrôle, prendra la relève.
En Somalie
A Hafoon, 60 % des maisons ont été détruites et la pêche a reçu des coups extrêmement durs. Par le biais du partenaire Ocean Training Programme, Oxfam apporte de l’aide à 10.000 personnes à Hafoon, Fo’aar, Garan et Ga’ard sous la forme d’abris provisoires, des articles de ménage, des latrines, de la nourriture et de l’assistance sanitaire. Nous sommes également en train de concevoir des plans de réhabilitation du secteur de la pêche. A travers un deuxième partenaire, le Galkayo Education Centre for Peace and Development, qui coordonne ses activités depuis Galkayo, on a pu distribuer des habits, des vêtements pour enfants, des couvertures et des bâches dans les villages environnants de Kulub et d’Ilfoocshe. Un programme d’aide plus extensif est en cours de préparation.


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