Tsunami

2 mars 2007

Tsunami, deux ans après...

Cela fait deux ans maintenant que le tsunami a ravagé les côtes de l’océan indien, faisant plus de 200.000 victimes et entraînant le déplacement de millions de gens. Du jour au lendemain, des centaines de milliers d’hommes, femmes et enfants se sont retrouvés sans logement ni moyens de subsistance. Face à la catastrophe, le travail réalisé par les organisations humanitaires pour secourir les victimes et leur permettre de retrouver des conditions de vie dignes fut sans précédent.

Oxfam International – dont sont membres 13 Oxfam dans le monde – a mené des programmes de reconstruction dans 7 pays. Au total, ces activités ont bénéficié à près de 1.900.000 personnes. La majorité des fonds perçus (94%) ont été alloués à des projets menés dans les trois pays les plus sinistrés : l’Indonésie, le Sri Lanka et l’Inde. Cependant Oxfam International agit aussi là où les dégâts ont été moins spectaculaires. Nous sommes ainsi l’une des seules ONG internationales présentes en Somalie, aux Maldives et en Birmanie.

Face à l’étendue des dégâts causés par le tsunami, la durée du travail de reconstruction et réhabilitation a été estimée à quatre ans. Nous sommes donc à mi-chemin, et Oxfam a déjà pu mener certains projets jusqu’à leur terme. La clôture de projets se faisant toujours d’une manière responsable et durable, en consultation avec les communautés affectées, les partenaires et les autorités locales.

Pour de plus amples informations sur le travail d’Oxfam International, vous retrouverez les activités détaillées par pays dans le rapport financier ci-joint.

Un second rapport (en anglais) vous offre également des informations relatives aux droits fonciers en Indonésie.

Oxfam-Solidarité face au tsunami

Oxfam-Solidarité a directement participé à plusieurs programmes de réhabilitation avec des partenaires en Inde, en Thaïlande et au Sri Lanka.

- En Inde, nous avons travaillé dans le secteur de la formation et de la reconstruction d’un centre de travail pour handicapés.
- Au Sri Lanka, malgré la guerre civile, nous avons mis en oeuvre des programmes liés à l’accès à l’eau et à des infrastrucutures sanitaires, avec les partenaires Green Movement et FTZ & GEU.
- En Thaïlande, parallèlement au projet lié à la restauration des moyens de subsistance, Oxfam et ses partenaires locaux ont participé à un programme de plaidoyer en faveur d’un accès équitable et durable à la terre pour les agriculteurs et les pêcheurs victimes du tsunami.

INDE

Partenaires : AREDS (Association of Rural Education Development Service) et Volontariat.

AREDS est une organisation non-gouvernementale du Sud de l’Inde fondée en 1980 par un ensemble de volontaires décidés à se battre contre l’oppression et les inégalités en milieu rural.

AREDS partage les mêmes valeurs qu’Oxfam en matière d’éducation et de formation, bases du développement. Sa stratégie vise à sensibiliser et à soutenir les populations marginalisées telles que les femmes et les « intouchables ». AREDS travaille sur divers programmes d’éducation, de santé, de nutrition, d’agriculture, d’accès à l’eau, de construction et de recherche. Il est à l’origine de la mise sur pied de l’organisation SWATE (Society of Women in Action for Total Empowerment), ayant pour objectif l’émancipation des femmes via des formations professionnelles, l’octroi de micro-crédits, la création et le soutien à des coopératives locales.

Dès les premiers jours suivant le tsunami, AREDS a porté secours aux victimes de la région de Tuticorin. Avec l’appui d’Oxfam-Solidarité, l’organisation a assuré une formation professionnelle à 214 femmes, dont 74 « intouchables ». Ces formations portaient sur la confection de vêtements, de sacs, d’objets décoratifs, d’éventails et de fleurs séchées. Hormis l’amélioration des revenus et l’accès à une source alternative d’emploi, cette formation a permis aux femmes de gagner en confiance, de stimuler leur vie sociale et de devenir plus indépendantes.

L’association Volontariat fut fondé en 1966 à Pondichérry dans le but de soutenir les personnes marginalisées, et en particulier les enfants et les lépreux. Depuis, Volontariat mène un travail social dans les domaines suivants : éducation pour enfants et adultes, apprentissage de métiers artisanaux (tissage, couture et broderie), élevage, réhabilitation de personnes handicapées et soutien aux personnes âgées.

Le 26 décembre 2004, l’atelier où se déroulaient les formations professionnelles a été détruit par le tsunami. Oxfam-Solidarité s’est joint à Volontariat pour reconstruire et rénover cet atelier et les infrastructures d’accueil. Quatre-vingt bénéficiaires handicapés ont pu reprendre leur travail et continuer à gagner un salaire suffisant pour rester financièrement indépendants et socialement actifs .

Témoignages

Pauline vit dans la communauté de pêcheurs de Periathalai  : « Avant le tsunami, nous avions une belle vie avec mon mari et mes enfants. Mon mari et mon fils partaient en mer et moi, je vendais les poissons pêchés. Nous ne pensions jamais que nous aurions tout perdre en l’espace de quelques instants. Mais les vagues du tsunami ont détruit notre maison et nos sources de revenus, et ont fait de nous des mendiants. Nous avons eu beaucoup de mal à accepter cette situation. Heureusement, j’ai pu me mettre à gagner ma vie autrement, en participant à une formation à la couture. Après quelques semaines, je gagnais 125 roupies par jour grâce aux ventes que nous réalisions à Bangalore, Pondicherry et Chennai. Par la suite, nous avons bénéficié de différents crédits destinés à augmenter notre production. AREDS m’a permis de retrouver ma dignité. »

Eswari Sudha est une “intouchable” de Muthammalpuram, dans le sud de l’Inde : « Mon mari était ouvrier au marché aux poissons. Il était la seule source de revenus pour nos enfants, ma belle-mère et moi. Mais le tsunami a empéché toute activité de pêche pendant des mois, et mon mari n’avait donc plus de travail. Même si le gouvernement nous a offert un logement temporaire et de la nourriture, nous avions l’impression d’être comme des poissons hors de l’eau. J’ai alors décidé de suivre la formation en confection d’objets en feuilles de palme. Maintenant, je gagne 52 roupies par jour tout en restant chez moi. »

SRI LANKA

Partenaires : FTZ & GSEU (Syndicat des zones franches et des employés des services généraux) et Green Movement.

FTZ & GSEU est une organisation qui lutte pour améliorer la condition des ouvriers et ouvrières, en particulier dans les zones franches du Sri Lanka. Ceci passe par une meilleure connaissance de leurs droits - droit du travail, droits économiques, politiques et autres droits humains - et de la façon d’y accéder. L’organisation favorise une prise de conscience des travailleurs et travailleuses en améliorant l’accès aux services sociaux, la participation aux campagnes de défense des droits et aux programmes d’échanges. Elle offre en outre la possibilité de prendre part à des activités ludiques et culturelles.

Grâce à un subside des villes et provinces wallonnes, Oxfam-Solidarité a contribué à deux projets tsunami mis en place par FTZ & GSEU : un premier lié à la construction, un second - toujours en cours - à l’amélioration des infrastructures d’éducation. La mise en oeuvre de ces projets a été fortement perturbée suite au conflit entre l’armée sri lankaise et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) luttant pour l’indépendance d’un Etat tamoul sur la partie Nord-Est de l’île.

L’objectif du premier projet consistait à soutenir la reconstruction d’habitations par 30 travailleurs et leurs familles dans le district de Batticaloa. Le second programme, toujours en cours, vise la réhabilitation scolaire de 100 familles de pêcheurs. L’objectif est de créer les conditions nécessaires d’accès à une scolarité normale pour les enfants des villages concernés, et ce selon trois axes :
- La reconstruction d’infrastructures scolaires et la fourniture d’équipements et de matériels ;
- Un travail éducatif et psychologique auprès des enfants et des parents de façon à prendre en compte le traumatisme créé dans les familles par le désastre et ses suites ;
- Un appui à des alternatives en matière d’activités génératrices de revenus pour les familles.

Malgré les conditions difficiles dues à la guerre, ce programme s’achèvera en mars 2007.

Green Movement est une organisation sri lankaise impliquée dans les secteurs de la conservation de la nature et de la sensibilisation à l’environnement. Il s’agit d’un consortium de 147 organisations non-gouvernementales et d’autres organismes locaux participant à la gestion et à la préservation des ressources naturelles. Green Movement vise la coexistence harmonieuse entre la terre, les plantes, les animaux et les hommes en appuyant des mesures de développement durable via l’émancipation des segments les plus pauvres de la société.

Le projet entrepris avec Green Movement a permis d’améliorer l’accès à l’eau et aux infrastructures sanitaires ainsi que de sensibiliser les communautés bénéficiaires à l’hygiène.

Avec le soutien du gouvernement flamand, d’Oxfam Solidarité et de Green Movement, près de 28.000 personnes ont bénéficié d’un accès à l’eau dans les régions de Kalmunai, Thirukkovil et Panama. Et ce grâce à l’achat d’un tracteur et d’un réservoir, à la purification de dizaines de milliers de litres d’eau et à la construction de nouvelles sources communautaires. De plus, une dizaine de campagnes de sensibilisation ont été organisées afin de conscientiser les populations bénéficiaires à des pratiques d’hygiène appropriées.

Témoignage
Asha Sonali, de Koggala, au Sri Lanka  : « Nous vivions à six dans une petite maison du quartier des cheminots à Koggala. La famille dépendait des salaires de mon père et du mien. Je travaille dans une entreprise de textile. Tout a été emporté par le tsunami et la maison fut totalement dévastée. Durant les jours qui suivirent le tsunami, le gouvernement et certaines institutions ont distribué de la nourriture et des vêtements. Des clients de l’entreprise dans laquelle je travaillais ont donné de l’argent pour nous aider, mais nos patrons n’ont pas voulu nous le donner. C’est grâce à FTZ, qui a fait pression, que nous avons eu accès à cet argent et que notre vie s’est améliorée grâce à la maison fournie. »

THAILANDE

Partenaires : Save Andaman Network (SAN) et Human Settlement Foundation (HSF)

Save Andaman Network (SAN) et Human Settlement Foundation (HSF) forment un réseau de diverses organisations du secteur privé et public, établi au lendemain du tsunami pour coordonner l’aide aux victimes sur la côte d’Andaman en Thaïlande.

Oxfam-Solidarité a soutenu SAN via un programme de réparation des bateaux et en fournissant du matériel (filets, nasses) aux pêcheurs.

L’accès à la terre constitue un obstacle majeur dans le travail de réhabilitation. En effet de nombreuses multinationales liées au tourisme s’intéressent aux terres touchées par le tsunami. Le Gouvernement tente d’expulser les pêcheurs et les agriculteurs qui y résident, afin de libérer les terres pour les multinationales et assurer un important apport de main d’œuvre bon marché dans les villes. Oxfam-Solidarité s’est récemment jointe à SAN pour réaliser un second projet visant à soutenir les agriculteurs et les pêcheurs dans l’accès à la terre. On compte encore près de 1,5 millions de sans-terres en Thaïlande. SAN promeut le droit à la terre de communautés dans 94 villages. L’objectif est de faire pression sur les autorités gouvernementales pour obtenir une redistribution équitable et durable des terres en mobilisant au maximum les communautés locales.

Ensemble, SAN et HSF collaborent pour aider les populations à reconstruire leur vie, et ont développé un projet spécifiquement lié à la problématique foncière. Jusqu’à présent près de 360 familles ont ainsi été amenées à former des organisations communautaires, à mettre en place des groupes de pression et ont reçu une aide juridique et un support médiatique.

INDONESIE

En février 2005, des victimes du tremblement de terre et du tsunami, des dizaines d’ONGs et institutions ainsi que des organisations d’agriculteurs, et de pêcheurs se sont réunies à Medan dans le but de coordonner les efforts entrepris, d’assurer les droits élémentaires des victimes du tsunami et d’échanger diverses informations nécessaires pour rendre le travail de reconstruction plus efficace, équitable et durable.

Cette conférence, organisée par Via Campesina (alliance mondiale de mouvements de paysans et de pêcheurs), a été en partie financée par Oxfam-Solidarité. Une soixantaine d’institutions - dont près d’un tiers venant de l’étranger - y étaient représentées.

Oxfam-Solidarité y a fait une présentation sur le rôle des institutions internationales lors des désastres naturels. A l’issue de la conférence, une déclaration fut conjointement élaborée, mentionnant les modalités à respecter lors de la phase de reconstruction. Parmi celles-ci, on retrouve notamment le rejet des aliments génétiquement modifiées, la promotion de l’accès équitable à la terre pour tous et le soutien aux pratiques de pêche traditionnelles et respectueuses de l’environnement.


Documents
PDF - 1.7 Mo
Rapport financier 2006 Tsunami
PDF - 120.5 ko
Rapport sur les droits fonciers à Aceh (anglais)