Comme le souligne ce rapport, la plupart de ceux et celles ayant perdu leur habitation ont désormais une maison et sont de retour au travail. Cette situation a été rendue possible par les importantes sommes d’argent récoltées suite à la catastrophe. A l’occasion du tsunami, Oxfam a reçu plus de dons que jamais pour une seule catastrophe. Planifiées sur quatre ans, ces dépenses se déroulent dans le respect de ce qui fut annoncé. Et aux trois quarts du chemin parcouru, Oxfam est fière du travail accompli.
Fière, car les sommes énormes récoltées continuent aujourd’hui de faire une immense différence dans la vie des populations affectées. Les programmes de reconstruction d’Oxfam International ont pour le moment bénéficié à près de 2.307.000 personnes. Oxfam a collaboré très étroitement avec les organisations locales pour s’assurer que la gestion financière des projets était adéquate. Durant l’ensemble de son action, Oxfam s’est en outre efforcée d’améliorer la qualité de ses programmes et d’impliquer toujours plus les communautés dans la programmation et la mise en œuvre des projets, de sorte qu’elles puissent continuer à être actives après notre départ.
Les fonds alloués ont aussi permis de consacrer de l’argent pour la recherche, le suivi et l’évaluation des actions entreprises. Parmi les leçon tirées de cette analyse, Oxfam s’est notamment rendu compte qu’elle devait davantage travailler sur la réduction des risques liés aux désastres. En effet, de plus en plus de catastrophes naturelles auront lieu à l’avenir du fait du réchauffement climatique. En travaillant avec les autorités nationales et locales, Oxfam a également visé à ce que les acquis obtenus lors de l’intervention (promotion du genre, réduction de risques liés au désastre…) ne soient pas perdus à l’avenir.
Quelques aspects financiers
Recettes
Le montant des recettes s’élève à $294 millions (dont 92% ont été effectivement reçus, 8% devant encore être versés par certains États et sous forme d’intérêts bancaires).
2/3 des recettes ont été perçues durant les 12 premiers mois de la catastrophe.
Au total, 87% des recettes proviennent du grand public, contrairement à ce qui se passe généralement dans d’autres situations d’urgence où les fonds proviennent en majorité d’institutions telles que l’UE ou l’ONU.
Dépenses
Au 1er octobre 2007, 78% du budget total (soit $220 millions) avaient été dépensés.
La plus grande priorité d’Oxfam est de clôturer le programme tsunami de la manière la plus durable et responsable possible. Cela sous-entend une éventuelle prolongation des dépenses jusqu’en 2009. Le suivi et les évaluations continueront jusqu’à la fin des projets. De plus, il est important de signaler que les projets de micro-finance continueront après l’achèvement du programme tsunami.
94% des fonds ont été dépensés dans les trois pays les plus touchés : Indonésie, Sri Lanka et Inde. Les autres pays d’intervention sont la Somalie, la Birmanie, la Thaïlande et la Maldives.
La restauration des moyens de subsistance constitue le plus large secteur de dépenses avec près d’un tiers de celles-ci.
Initialement les coûts administratifs étaient évalués à 10%. Trois ans plus tard, Oxfam les a réévalués à 6%.
Pour le moment, Oxfam et les organisations partenaires ont soutenu plus de 2 millions de victimes dans 7 pays.
L’action d’Oxfam-Solidarité
Si le programme d’Oxfam International durera jusque fin 2008, celui d’Oxfam-Solidarité sera quant à lui conclu en cette fin d’année 2007.
L’intervention tsunami d’Oxfam-Solidarité en quelques chiffres :
Montant récolté : 5,4 millions d’euros, dont 90% ont été alloués au programme d’Oxfam International.
ONGs partenaire : 8
Pays d’action : 4
Avec ses partenaires, Oxfam-Solidarité a directement mis en oeuvre des projets de réhabilitation et de reconstruction en Inde, en Thaïlande et au Sri Lanka pendant ces trois dernières années.
En Inde, nous avons travaillé avec l’organisation AREDS pour former des femmes à des activités rémunératrices liées à la couture et à la décoration. Avec l’organisation Volontariat, nous avons assuré la reconstruction d’un centre de travail pour handicapés au Tamil Nadu.
Au Sri Lanka, nous avons mis en oeuvre avec deux de nos partenaires (FTZ et Green Movement) des programmes dont les activités principales étaient liées à la distribution d’eau potable, la construction de maisons, de puits et d’écoles, la sensibilisation à l’hygiène et au soutien financier d’activités génératrices de revenus.
En Thaïlande, parallèlement au projet lié à la restauration des moyens de subsistance, nous avons participé à un programme de plaidoyer en faveur d’un accès équitable et durable à la terre pour les agriculteurs et les pêcheurs victimes du tsunami.
En Indonésie, nous avons soutenu en 2005 une conférence rassemblant des dizaines d’ONG, d’institutions et d’organisations d’agriculteurs et de pêcheurs destinée à coordonner les efforts entrepris, à assurer les droits élémentaires des victimes du tsunami et à échanger diverses informations nécessaires pour rendre le travail de reconstruction plus efficace, équitable et durable.
L’action d’Oxfam International
INDONESIE
En Indonésie, le programme d’Oxfam s’est concentré dans les secteurs de la santé publique, de la construction de maisons et de la promotion de moyens de subsistance durables au profit des communautés d’Aceh et Nias. Outre son attention spécifique en faveur des groupes défavorisés (femmes, enfants, personnes agées) et de l’accès à la terre, Oxfam a également mis en œuvre un programme de partenariat visant à renforcer la société civile et à restaurer les services sociaux de base.
Santé publique : les projets de santé publique continuent dans quatre endroits : Aceh Basra, Calang, Nias et Lhokseumawe et couvrent près de 40.000 personnes. Les activités de construction de latrines, de puits, de système d’écoulement des eaux et de distribution de kits d’hygiène sont effectués parallèlement à la formation de volontaires et à la sensibilisation à l’hygiène. Durant l’année 2007, Oxfam a creusé 2.245 puits et installé 989 fosses sceptiques. Près de 10.000 personnes ont bénéficié de l’installation de système de gestion de l’eau pour 16 villages et plus de 13.500 ont reçu des kits d’hygiène(poudre, désinfectant…)
A Lhokseumawe, Oxfam travaille avec le Département des Eaux dans le but de créer un large réseau de système de distribution des eaux qui bénéficiera à plus de 10.000 personnes. Oxfam complète aussi son travail sur l’île de Pulo Nasi, délaissée par de nombreuses ONG à cause de son éloignement. Des comités de villageois ont été créés au sein de chaque communauté pour s’assurer de l’entretien et de l’accès continu des infrastructures de distribution d’eau.
Moyens de subsistance : pendant l’année 2007, Oxfam s’est focalisée sur des programmes de micro-crédit. Des coopératives de femmes ont été créées et renforcées pour gérer les fonds de crédits. Oxfam soutient plus de 10 groupes de femmes à Nias, Meulaboh et Calang.
Une autre priorité est d’aider les communautés à renforcer leur production agricole. Oxfam a formé près de 39 groupes d’agriculteurs à Calang et 60 à Nias. La construction du centre d’aide aux paysans s’est achevé en juillet 2007. Le travail à Calang et Nias continuera jusqu’en 2008, notamment avec des activités agricoles durables pour les femmes. A Meulaboh, Oxfam et son partenaire local YPS se sont lancé dans un projet permettant aux plus pauvres d’accéder plus facilement au crédit, de bénéficier de formations et de renforcer le rôle économique des femmes.
Services sociaux : les activités principales d’Oxfam dans ce secteur sont la reconstruction d’écoles détruites par le tsunami et le renforcement des organisations issues de la société civile. Après avoir construit 30 écoles, Oxfam et Education International ont formé plus de 1.000 enseignants et ont accordé plus de 3.360 bourses d’étude. Dans chacune de ses activités, Oxfam promeut l’égalité des sexes et lutte contre la discrimination envers les femmes.
Gestion des désastres : un nouveau programme visant à réduire la vulnérabilité des personnes en zone côtière a été entrepris avec l’ONG Hivos et six autres organisations locales. Le but était de préparer au mieux les communautés en cas de désastre via des formations, un support technique et en restaurant les écosystèmes.
Construction/logement : en 2007, le programme de construction de maisons a engagé des entrepreneurs professionnels pour améliorer la qualité au travail. Les maisons ont été élaborées avec l’aide d’un spécialiste en sismologie. Près de 80% des abris temporaires construits en 2005 sont maintenant transformés en abris permanents. Les programmes de reconstruction ont eu quelques difficultés liées au manque de travailleurs qualifiés et aux inondations. En septembre 2007, Oxfam avait construit 1.443 maisons à Aceh. D’ici mars 2008, son programme de construction aura été achevé avec un total de 1.870 maisons.
SRI LANKA
A mesure que les programmes avancent, Oxfam essaie de plus en plus de s’occuper des besoins à long terme des communautés affectées du Sri Lanka. Si le travail dans le Sud du pays a bien progressé, ce ne fut pas le cas dans le Nord et à l’Est de l’île du fait de la recrudescence des violences entre l’armée srilankaise, le mouvement des Tigres de libération de l’Eelam Tamoul et une de ses fractions, Karuna. Les fonds initialement prévus pour assurer les besoins sur à long terme en sécurité alimentaire ont dû être dépensés pour soutenir la crise humanitaire des populations déplacées à cause du conflit. De plus, l’augmentation du coût des matériaux, de l’énergie et du travail ont eu aussi un impact négatif sur le programme de construction.
De nombreux déplacements de population et une forte discrimination envers les femmes ont posé de nombreux problèmes au niveau de l’accès à la terre et du droit à disposer d’une habitation. L’intervention d’Oxfam s’est donc articulée autour d’un programme de plaidoyer sur l’accès à la terre et la promotion du genre.
Santé publique : à Batticaloa, Ampara et Hambantota, Oxfam et ses partenaires continuent à être impliqués dans des programmes liés à l’eau et à l’hygiène afin que les victimes du tsunami bénéficient toujours d’un accès facile et durable à l’eau potable ainsi que d’infrastructures sanitaires adaptées. Cela a aidé à créer un environnement sain, à augmenter la prise de conscience de l’importance de l’hygiène et à réduire le risque de malaria. En 2007, près de 56.000 litres d’eau traitée ont été distribués aux personnes déplacées à l’Est du pays. Oxfam et ses partenaires ont construit 17 puits et 436 latrines dans les zones reculées et dans les camps de déplacés. Parallèlement à cela, Oxfam forme les bénéficiaires à la maintenance des infrastructures et d’un environnement sain. Quelques volontaires ont été engagés pour identifier des maladies, par exemple dans le district de Batticaloa où il y a un risque élevé d’hépatite. Oxfam teste souvent la qualité des sources d’eau pour voir si elles sont contaminées. La plupart de ses activités sont entreprises avec la collaboration des autorités locales.
Sécurité alimentaire : Oxfam continue de distribuer de la nourriture à plus de 8.500 familles affectées par le conflit dans les districts de Batticaloa et Vanni. L’accent est mis sur les familles pauvres n’ayant pas reçu d’aide du gouvernement ou d’autres ONG.
Moyens de subsistance : Oxfam travaille avec une série de partenaires afin d’aider les communautés pauvres et marginalisées à augmenter leurs revenus et vendre leurs produits de manière plus efficace. Une grande partie du travail concernant la restauration des moyens de subsistance est effectuée par des petites associations de femmes dont les membres reçoivent des prêts et sont encouragés à contribuer à l’épargne collective. Ces montants peuvent ensuite être utilisés dans des situations de première nécessité ou pour relancer leur activité économique. Dans la plupart des cas, les bénéficiaires des prêts reçoivent une formation dont le but est d’améliorer leurs capacités de gestion.
Durant le troisième trimestre de 2007, près de 10.000 personnes ont bénéficié des formations, d’accès au crédit et de sensibilisation aux politiques sociales établies par le gouvernement. En se focalisant sur les femmes, Oxfam espère pouvoir leur donner une plus grande autonomie.
Les partenaires TCDO, SDF, HEO et SSDO ont en outre organisé des formations à l’agriculture, à l’élevage et la couture. Le partenaire NAFSO a accordé environ 700 prêts à des femmes dans 6 districts dans le but de démarrer des activités économiques telles que la production de confiserie, d’épices, de poissons séchés... NAFSO a aussi fourni des filets de pêche, des machines et des réfrigérateurs dans la région de Jaffna. En outre, près de 17 km de route ont été rénovés par Oxfam pour permettre un meilleur accès aux points de vente pour les communautés affectées par la guerre dans le district de Mullaitivu.
Services sociaux : Education International, partenaire d’Oxfam, a terminé la construction de 8 écoles avec la coopération du gouvernement et l’implication de la communauté locale. IWTHI, une organisation partenaire, a formé près de 240 personnes en psychologie élémentaire à Hambantotta et Ampara. Ces personnes travaillent maintenant pour des ONG, des écoles, des hôpitaux ou pour le gouvernement afin d’identifier et soutenir les gens ayant des difficultés d’ordre psychologique.
Prévention des désastres : Oxfam intègre la réduction des risques liés aux désastres dans chacun de ses programmes pour faire en sorte que les gens soient au mieux préparés à faire face aux catastrophes naturelles à venir. Oxfam insiste également auprès du gouvernement pour améliorer les infrastructures et les mécanismes de réaction en cas de désastre. Oxfam s’est aussi lancée dans la recherche dans ce domaine et a établi un centre de coordination.
Le "Green Coast Program" d’Oxfam touche près de 60.500 bénéficiaires via 29 projets. Ce programme unique combine à la fois la restauration des écosystèmes côtiers avec des activités génératrices de revenus et la protection des communautés face à de futurs désastres. 250.000 arbres ont été plantés sur près de 43 hectares tandis que 200 jardins potagers ont été aménagés et sont devenus sources d’alimentation et de revenus supplémentaires.
Construction/logement : Ce secteur a été l’un des plus difficiles à gérer lors de l’année 2007. Oxfam et ses partenaires sont en train de construire 877 maisons : 272 pour les victimes du tsunami et 605 pour des personnes indirectement appauvries par le désastre. Les principales difficultés ont été les limites dans l’accès à certaines zones et dans le nombre de travailleurs qualifiés. Cependant vers la mi-2007, on a noté une augmentation significative de l’activité de construction. Jusqu’à maintenant, 197 maisons ont été complétées et 281 sont en construction. De plus, depuis le début de l’intervention tsunami, Oxfam a fourni à d’autres organisations construisant des logements près de 8.000 m³ de plantation de bois provenant de sources durables.
INDE
Pendant la troisième année du programme tsunami en Inde, Oxfam a travaillé à l’amélioration des programmes et des interventions humanitaires à venir. Le travail de plaidoyer d’Oxfam auprès du gouvernement a cherché à ce que celui-ci prenne mieux en considération les plus pauvres dans ses programmes de logement. Les droits des agriculteurs et des travailleurs impliqués dans le secteur de la production de sel ont eux aussi fait l’objet de plaidoyer.
Santé publique : en 2007, les partenaires d’Oxfam ont continué à fournir de l’eau potable et des infrastructures sanitaires à près de 48.000 personnes vivant dans des abris temporaires. Cette activité était sensée se clôturer en juin 2006, mais étant donné que 2.500 familles vivent encore dans les camps temporaires, cette activité se prolongera encore quelques temps. Le plus grand défi repose sur l’usage et la maintenance des toilettes mises à disposition dans les camps temporaires. En outre, Oxfam a intégré la sensibilisation au SIDA dans tous ses programmes en Inde du Sud et a formé du personnel local.
Moyens de subsistance : Oxfam s’est concentrée sur l’aide en faveur des femmes via la promotion de nouvelles opportunités économiques, le renforcement de leur autonomie financière et la réduction de la vulnérabilité à la pauvreté et aux futurs désastres naturels. Les activités principales ont consisté à faciliter l’accès aux crédits bancaires et aux programmes de gouvernement. Oxfam a aussi organisé des formations en gestion financière et en marketing pour assurer une plus grande durabilité des activités économiques et réduire le nombre des intermédiaires (afin d’accroître les bénéfices des producteurs les plus pauvres). Le partenaire DHAN Foundation a accompagné l’intégration de plus de 62.000 familles dans les activités de 3.559 associations. L’objectif de cette approche collective est d’obtenir de meilleurs prix, d’augmenter l’épargne et de faciliter l’emprunt bancaire (voir notamment le projet de coopérative laitière à Kilaiyur). L’organisation SRUTI a pour sa part distribué des bateaux et des filets à plus de 1.000 familles de pêcheurs.
En outre, certains partenaires ont développé des pratiques d’agriculture organique adoptées avec succès par 1.500 agriculteurs cultivant près de 5.000 acres dans les districts de Karaikal et Nagapattinam. Ces méthodes d’agriculture organique sont 70% moins chères que les pratiques habituelles (pesticides,…) et permettent aux paysans de cultiver sur de plus grandes surfaces. Le Centre for Environment Education (CEE) a produit des graines certifiées et développé une banque de grains pour les agriculteurs locaux. Wetlands International a pour sa part poursuivi son programme de restauration des moyens de subsistance en réhabilitant 50 hectares de l’écosystème côtier. Plus de 55.000 personnes ont bénéficié du Green Coast Program.
Services sociaux : les activités menées dans ce secteur ont pu être fortement diminuées. Les partenaires d’Oxfam ont distribué des uniformes, des chaussures et des cartables à 9.000 enfants répartis dans quatre districts. Des cours d’anglais ont également été organisés pour 52 étudiants du village de Kadapakkam.
Prévention des désastres : Oxfam a travaillé avec l’organisation RedR India pour soutenir 30 ONGs dans le développement d’un plan d’intervention d’urgences et de stratégie de formation. DHAN Foundation a facilité la création d’un centre pour la gestion des risques de désastres. Oxfam a entrepris ce programme en coopération avec les Nations unies et trois universités. Le partenaire CEE a développé des plans d’intervention dans 18 villages et a mis en place des signalisations en cas d’urgence. Un réseau-radio pour pêcheurs et des programmes d’éducation ont été mis sur pied. De plus, 21 acres d’arbres ont été plantés le long de la côte pour protéger 7 villages des cyclones et tsunami.
Construction/logement : 320 des 455 maisons sont terminées et remises aux bénéficiaires. La construction des maisons restantes sera achevée d’ici la fin 2007. A part la construction de 101 maisons pour les victimes du tsunami, le partenaire PREPARE a soutenu 432 familles d’intouchables dans la rénovation de leurs maisons. Les bénéficiaires sont aussi encouragés à superviser ou à prendre part à la construction des maisons. Les plus grandes difficultés étaient de s’assurer que les coûts et échéances soient respectés malgré l’augmentation du coût des matériaux et des travailleurs qualifiés. Oxfam a aussi effectué un travail de plaidoyer en mettant en évidence les conditions de vie des plus pauvres et a insisté auprès du gouvernement du Tamil Nadu pour que les infrastructures nécessaires (eau, électricité,…) soient à disposition dans toutes les zones de logement nouvellement construites.
BIRMANIE
Malgré les récents événements qui se sont déroulés dans le pays, la plupart des activités du partenaire d’Oxfam en Birmanie (METTA) ont pu continuer comme prévu. Depuis le début de l’intervention du tsunami, METTA a assisté plus de 55.000 personnes et continue d’en soutenir 5.000. METTA a terminé la construction et la rénovation de 34 écoles (deux de plus que ce qui était prévu) et les a équipées de toilettes, panneaux solaires et eau potable. Le projet bénéficie à environ 8.000 enfants. De plus, 14 centres pour 5.000 enfants de moins de 5 ans ont été construits.
Des tuyaux et puits ont été installés dans le but de fournir de l’eau potable à près de 2.000 personnes vivant dans 2 villages à Labutta. Deux ponts ont été construits à Sin Choing permettant aux villageois d’avoir accès à l’école et au marché local. Un système hybride d’énergie solaire a été installé dans un hôpital à Ngapudow pour réduire la dépendance énergétique extérieure. METTA a aussi été impliqué dans des activités de génération des moyens de subsistance. Quatre villages ont ainsi reçu des formations dans différents domaines tels que l’élevage de crabes ou la fabrication de fours. Quatre coopératives ont été créées et un programme de reforestation et de plantation de mangroves a été mis en œuvre dans cinq villages.
THAÏLANDE
Le programme d’Oxfam en Thaïlande vise à assister les communautés les plus marginalisées, en ce compris les migrants birmans et les communautés de pêcheurs. Malgré les restrictions du gouvernement, le partenaire d’Oxfam a organisé un soutien psychologique et des campagne de sensibilisation sur la santé et le SIDA en faveur des migrants. Deux fois par semaine, la communauté migrante diffuse des programmes radio en birman, ce qui touche près de 2.000 personnes. Les transmissions ont pour but de sensibiliser au SIDA et à la santé et d’annoncer des événements culturels locaux. Un groupe de migrants séropositifs a également été créé pour discuter des possibilités d’amélioration des conditions de vie.
Un élément-clé parmi des activités porte sur la promotion des droits des travailleurs et des migrants. Oxfam a traduit et distribué des brochures et a collecté de la documentation sur la création de syndicats. Le partenaire SAN (Save Andaman Network) continue pour sa part d’assister les communautés de pêcheurs dans cinq provinces afin de dynamiser leurs moyens de subsistance. SAN a permis à ces communautés d’avoir accès à des prêts et à des formations. SAN cherche aussi à soutenir les communautés affectées ayant des difficultés à accéder à la terre en les assistant légalement et en s’assurant qu’elles sont bien au courant de leurs droits.
SOMALIE
En Somalie, la plupart des besoins identifiés après le tsunami ont été couverts mais les victimes du tsunami restent à la merci de la guerre et de la sécheresse. Le programme d’Oxfam s’est donc concentré sur des projets d’éducation, d’accès à l’eau et d’hygiène, de micro-crédit et de restauration du secteur de la pêche. Même si les conflits n’ont pas eu d’impact direct sur la mise en œuvre du projet, l’insécurité dans la capitale a ralenti la distribution de matériaux de construction. Au final, seuls trois projets d’Oxfam n’ont pas encore été complétés : deux projets liés à l’infrastructure dans le secteur de la pêche et un programme de restauration des moyens de subsistance.
Depuis le début de l’intervention tsunami, Oxfam a travaillé avec 11 partenaires et soutenu plus de 83.000 bénéficiaires.
Soixante maisons, 14 écoles et 120 km de route ont été construits. De plus, Oxfam a réparé ou construit 300 barrages, un marché de poissons, 214 bateaux et fourni du matériel de pêche. Les projets d’élevage et d’agriculture de Horn Relief, l’un des partenaires d’Oxfam, ont bénéficié à presque 7.200 personnes. Outre la distribution de 420 poulets, 100 poulaillers, 100 ruches, d’outils et de graines, les projets ont permis de construire 17 puits, 2 km de canal et 17 pompes. Ces activités ont grandement augmenté les surfaces cultivables de ces communautés et ont permis une plus grande diversification de la production agricole. Les femmes, impliquées dans la création de petites entreprises ont vu leurs revenus et pouvoir d’achat augmenter, leur permettant d’envoyer plus facilement leurs enfants à l’école et de participer à des cours d’alphabétisation.
Enfin, près d’un millier d’arbres ont été plantés et un système de récolte des déchets a été mis sur pied. Ces activités ont été accompagnées par des activités de sensibilisation à la santé et à l’hygiène et par un plaidoyer visant à promouvoir des opportunités équitables pour les filles dans le secteur de l’éducation.
Plus d’informations :
Nicolas Casale, gestionnaire de programme tsunami au sein d’Oxfam-Solidarité — tél. 02 501 67 72 — nca(at)oxfamsol.be
Le rapport complet d’Oxfam International