Triumph : feu vert à la violation des Droits de l’Homme

En dépit des protestations internationales, la Cour thaïlandaise du travail a finalement donné son feu vert à la filiale de Triumph pour renvoyer Jitra Kotshadej. Et ainsi violer les Droits de l’Homme...
La Cour du travail de Bangkok a donné à Body Fashion Thailand, une filiale de Triumph International, son feu vert pour renvoyer Jitra Kotshadej, la Présidente du syndicat. La compagnie avait entamé une procédure à son encontre suite à sa participation, pendant son temps privé, à un débat télévisé où elle portait un T-shirt sur lequel on pouvait lire « Ceux qui ne se lèvent pas ne sont pas des criminels. Penser différemment n’est pas un crime ». Ce message fait référence à l’abus de la législation de lèse-majesté pour supprimer l’opposition politique thaïlandaise. La compagnie estime que sa réputation a été touchée. (voir article)
Body Fashion Thailand avait renvoyé Mme Kotshadej en juillet 2008. Dans la foulée, les collègues de la syndicaliste avaient entamé une grève pour réclamer sa réintégration. Après 45 jours de grève, la direction et le syndicat avaient conclu un accord qui prévoyait un procès en appel de la décision de la Cour d’autoriser le renvoi de Mme Kotshadej. Celle-ci n’avait en effet pas eu la possibilité de se défendre lors de la procédure initiale puisque la compagnie ne l’en avait jamais informée. Elle était donc allée en appel de cette décision, mais le jugement qui vient de tomber confirme son licenciement.
Triumph bafoue la liberté d’expression
En poursuivant la présidente du syndicat, la filiale thaïlandaise de Triumph nie le droit fondamental à la liberté d’expression. Bien que la compagnie ait le droit de se distancer des positions personnelles de Mme Kotshadej, elle a l’obligation de soutenir son droit à les exprimer.
Le code de conduite de Triumph International fait explicitement référence à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »
Le code de Triumph fait également référence à la liberté d’association et interdit les actes de discrimination comme stipulé dans les conventions fondamentales de l’Organisation internationale du travail (OIT). En dépit des 45 jours de grève des travailleurs et des interpellations des organisations thaïlandaises des Droits de l’Homme, de la Campagne Vêtements Propres internationale et de nombreuses organisations dans le monde - parmi lesquelles Oxfam-Solidarité - Triumph a refusé de laisser tomber la procédure judiciaire à l’encontre de Mme Kotshadej.
Jitra Kotshadej envisage actuellement d’introduire une procédure d’appel de cette décision. Mais quel qu’en soit le résultat, cet épisode traduit bien l’utilisation abusive et répétée des procédures judiciaires à l’encontre des leaders syndicaux. La menace d’actions judiciaires décourage les travailleurs à joindre un syndicat ou a y être actif, et les travailleurs ont rarement le temps et les ressources pour se défendre dans une bataille judiciaire...
Source : Campagne Vêtements propres
A lire aussi
Le témoignage de Jitra Kotshadej recueilli en octobre 2008.
Oxfam-Solidarité et la campagne sur le travail décent


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