Urgences

9 mai 2006

Tremblement de terre au Pakistan : six mois après

Six mois après le séisme, les opérations de secours ont sauvé des vies, mais les survivants du tremblement de terre ont toujours besoin d’aide. Meilleur suivi des rapatriés et résolution des questions foncières nécessaires.

Six mois après la pire catastrophe naturelle qu’ait connue le Pakistan, Oxfam International dénombre deux millions de sans-abri victimes du séisme.

Les secours d’urgence ont en général porté fruit. Malgré les nombreux problèmes liés à l’envergure de la tâche, aux lieux et à la logistique auxquels les organismes de secours étaient confrontés, ils ont réussi à prévenir l’éclosion de maladies graves, à porter secours aux collectivités isolées et à éviter une seconde catastrophe.

« Grâce aux conditions hivernales relativement douces et aux efforts conjugués des autorités pakistanaises, des organismes de secours et des donateurs, les deux millions de personnes qui ont perdu leur maison lors du séisme ont survécu à l’hiver himalayen sans être assujetties, comme on le craignait fortement, à une seconde crise humanitaire. Ce sont d’excellentes nouvelles. Sans la grande générosité du public, ces efforts n’auraient pu être accomplis », affirme Farhana Faruqi Stocker, le directeur régional d’Oxfam au Pakistan.

Alors que des milliers de personnes déplacées doivent quitter les camps officiels pour retourner dans leur village d’origine et que les autorités mettent en place des plans de rétablissement et de reconstruction, de nouveaux besoins se font sentir.

Les organismes de secours sont préoccupés du fait que les réfugiés ont, dans certaines régions, quitté les camps :
- sans une supervision adéquate qui permette de suivre les déplacements des personnes vulnérables ;
- sans avoir été renseignés suffisamment concernant les plans officiels et les droits fonciers ;
- sans avoir obtenu de terre de remplacement.

« Oxfam convient qu’on doit aider les personnes déplacées à retourner chez elles. Il faut toutefois qu’elles puissent le faire en toute sécurité et dans la dignité, et qu’elles soient bien renseignées. Les autorités doivent veiller à la mise en place d’installations de soutien adéquates dans les lieux où les gens retournent. C’est un processus qui ne sera durable et efficace que s’il est établi dans une perspective à long terme », explique Stocker.

« Les mesures que les autorités prennent actuellement sur le terrain pour atteindre ces objectifs sont excellentes, ajoute-t-elle, mais absolument insuffisantes au regard des milliers de personnes qui ont déjà commencé à regagner leur village. »

Le célèbre athlète britannique Amir Khan, qui a rencontré de nombreux survivants du tremblement de terre et a été témoin du travail d’Oxfam dans la région du Cachemire pakistanais, exhorte toutes les parties à fournir le plus d’aide possible aux victimes.

« Ces personnes ont survécu à un terrible séisme, ainsi qu’à un hiver de neige et de pluie, dans des tentes installées au cœur des montagnes himalayennes, déclare le boxeur médaillé d’argent aux Jeux olympiques de 2004, qui a visité des camps établis près de la ville de Muzaffarabad. Nous devons tous conjuguer nos efforts pour leur fournir l’aide, les soins et le temps dont ils ont besoin afin de reconstruire leur maison et leur vie. »

Plusieurs organismes de secours ont fait état de la fermeture de nombreux camps sans toutefois préciser le sort réservé aux personnes malades ou handicapées, aux veuves avec des enfants et aux personnes sans terre.

« De nombreuses personnes nous disent qu’elles veulent retourner chez elles mais ne peuvent le faire, puisque leur village est enfoui sous le sol par suite de glissements de terrain, explique Stocker. Il faut gérer la phase de rétablissement de sorte que ces gens n’aboutissent pas dans de nouveaux camps spontanés. »

Et la terre tremble encore
Plus de 1 840 répliques sismiques ont secoué la région depuis le séisme d’octobre dernier. Une secousse d’une magnitude de 5,2 sur l’échelle de Richter a entraîné l’hospitalisation de plus d’une dizaine de personnes dans la région mardi dernier.

De plus, il y aurait lieu de publier intégralement les résultats des levés sismiques, afin que les personnes déplacées sachent où il est possible d’amorcer la reconstruction en toute sécurité.

« Nous devons faire en sorte que les gens soient mieux préparés à faire face à un nouveau séisme, le cas échéant, indique Amir Khan. Il faut donc bâtir des maisons et des collectivités plus solides qu’auparavant. »

De dangereux glissements de terrain se produisent quotidiennement, provoqués notamment par de faibles secousses sismiques, la pluie et la neige. On s’attend à ce que les dangers qui y sont associés s’accroissent durant la mousson, en juin et en juillet.

Le sort des gens déplacés qui se trouvent dans des camps bondés, où les conditions sont généralement pires que dans les camps officiels, demeure irrésolu.

La hausse des températures - qui dépasseront les 30C en avril et les 40C en juin dans la majeure partie de la région - risque d’aggraver les risques de maladies. Il faudra redoubler d’attention et d’efforts pour prévenir les épidémies.

« Il ne faut pas non plus oublier les nombreuses personnes qui vivent dans de petits groupes de tentes qui ne sont pas considérés comme des camps », ajoute Stocker.

Le terrible séisme qui a secoué le Cachemire pakistanais le 8 octobre 2005, d’une magnitude de 7,6 sur l’échelle de Richter, a fait plus de 73 000 morts et autant de blessés. L’Inde indique que près de 1 400 personnes sont décédées dans le secteur qu’elle administre.

Le manque d’abris adaptés aux conditions hivernales a constitué un problème de taille pendant la première moitié de l’hiver. L’absence de coordination au cours des premiers mois après la catastrophe a entravé les opérations des organismes de secours. En conséquence, les efforts se sont souvent chevauchés et certaines régions éloignées n’ont pas bénéficié de secours adéquats.

La communauté internationale doit tirer les leçons pertinentes de cette expérience, précise Oxfam, et faire en sorte qu’à l’avenir, les ressources humaines et financières nécessaires soient déployées plus rapidement et efficacement dans le cadre d’opérations dirigées par l’ONU et dotées de fonds suffisants.

Oxfam a fourni de l’eau et des installations sanitaires à plus de 540 000 hommes, femmes et enfants dans les zones touchées par le tremblement de terre. L’organisme a distribué des tentes adaptées aux conditions hivernales et des abris temporaires à plus de 350 000 personnes et a aidé, dans le cadre de son programme de subsistance, plus de 40 000 personnes à rebâtir leur vie.


Soutenez les victimes du tremblement de terre au Pakistan. Faites un don en ligne Participez à la reconstruction du Nord-Ouest du Pakistan, du Cachemire et de l’Inde.

Les besoins sur place portent sur l’approvisionnement alimentaire et l’amélioration des infrastructures. Concrètement, les personnes touchées ont besoin de matériel de construction, de matelas, de toiles et de bâches, d’ustensiles de cuisine, d’eau potable et de produits hygiéniques, ainsi qu’un apport dans le traitement des traumatismes.

- Pour 40 euros, vous pouvez nourrir une personne pendant 2 mois.
- Pour 25 euros, vous pouvez lui fournir un toit comprenant un kit de base avec des ustensiles de cuisine et une trousse de toilette.

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