Sommet du G8 2005 : les organisations africaines déçues mais déterminées
Déclaration commune des organisations africaines de la société civile à l’issue du sommet du G8 à Gleneagles en Ecosse, du 6 au 8 juillet 2005.
Alors que le Sommet du G8 s’est achevé le 08 juillet 2005, nous, représentants d’organisations africaines parmi les plus importantes ainsi que de réseaux nationaux ayant leur siège dans plusieurs villes d’Afrique, regroupant des organisations de femmes, de travailleurs, des ONG de développement et de lobbying à travers l’Afrique, faisons la déclaration suivante.
Tout d’abord, nous tenons à exprimer toute notre solidarité envers le peuple britannique et notre plus grande tristesse pour les victimes des attentats terroristes du 7 juillet 2005 à Londres.
Nous sommes tout simplement déçus par le Sommet de Gleneagles. Les résolutions prises ne correspondent pas du tout à nos attentes en faveur d’une stratégie radicale et complète pour éradiquer la pauvreté en Afrique. Le Sommet n’a fait que confirmer des décisions déjà existantes sur l’annulation de la dette et sur le doublement de l’aide au développement. Les mesures prises ne portent que sur l’annulation de 10% de la dette et ne concernent qu’un tiers des pays qui en ont besoin. Malgré l’apport nouveau de 500 millions de dollars, la majorité des 50 milliards de dollars d’aide promise provient d’engagements existants et ne sera pas disponible avant 2010. De plus, ces mesures restent toujours subordonnées à des conditions nuisibles.
« Le G8 a aujourd’hui laissé passer l’occasion historique d’effacer la dette de plus de 62 Pays moins avancés », a affirmé Hassen Lorgat, SANGOCO (Afrique du Sud).
Notre travail ne fait que commencer. Au cours des six prochains mois, nous devons renforcer et centrer nos campagnes pour : 1) l’annulation totale et inconditionnelle de la dette pour tous les pays africains faute de quoi les gouvernements africains en arriveront à la conclusion logique de refuser d’honorer leur dette. 2) que les pays du G8 consacrent 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement (APD) et respectent leurs engagements sans imposer de conditions en contrepartie. 3) que l’OMC reconnaisse aux pays africains le droit de redresser et de protéger leurs économies fragiles sans perdre le droit d’accès aux marchés des pays industrialisés. 4) la suppression des barrières à l’entrée des marchés des pays de l’OCDE et l’élimination des subsides responsables du dumping de produits sur les marchés africains avec pour conséquence l’exclusion du marché des produits locaux.
Avant tout, le changement en Afrique doit provenir de l’intérieur. “Pour nous, le message de Geneagles est clair. Nous allons intensifier les appels auprès de nos gouvernements qui ne se sont pas vus garantir l’annulation de la dette afin de sérieusement envisager le refus de respecter cette dette externe injuste et odieuse”, a déclaré Justice Egware de « Civil Society Action Coalition on Education for All in Nigeria ». Les conditions imposées aux pays pauvres très endettés (PPTE) ne répondent pas aux besoins de la majorité des pays africains. De plus, nous appelons nos gouvernements à exercer leur droit de protéger leurs économies et les services de santé et d’éducation de base.
Cette année, nous faisons partie intégrante d’une campagne historique planétaire pour l’éradication de la pauvreté. Nous allons continuer la mobilisation internationale à travers la campagne « Global Call to Action Against Poverty » ainsi qu’au travers d’autres campagnes planétaires. Les millions de personnes mobilisées en Afrique et dans le monde entier ne doivent pas être déçues. Nous allons poursuivre notre action et rester vigilants jusqu’à ce que soient garanties les conditions pour la renaissance de l’Afrique.
Signée par les organisations et les réseaux régionaux africains de la société civile suivants :
African Network on Debt and Development (AFRODAD)-Harare, Agency for Cooperation and Research in Development (ACORD)-Nairobi, African Women’s Economic Policy Network-Uganda, Mwelekeo wa NGO (MWENGO)-Harare, SEATINI-Kampala, Pan African Literacy and Adult Education (PALAE), ANCEFA, African Women Development and Communication Network (FEMNET)-Nairobi, SANGOCO-South Africa, CONGAD-Senegal, Eco-news Africa-Kenya, Civil Society Action Coalition on Education for All-Nigeria, ARCOS, International Network Secretariat for Sustainability Watch Network -Uganda, Creative Storm Networks - Ghana, CSO Coalition on MDGs -Kenya, Adolescent Health and Information Projects(AHIP)- Nigeria, Uganda Coalition for Sustainable Development (UCSD), Centre for Rights Education & Awareness-Kenya.
Et soutenus par :
ActionAid International, Africa Action-USA, Foreign Policy in Focus-USA, Trans Africa-USA, American Friends Service Committee, CIVICUS, Saferworld, FAHAMU, Oxfam International


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