Solidarité mondiale avec les femmes

Début octobre, Veerle De Craene, notre responsable du plaidoyer sur la violence faite aux femmes, s’est rendue à Bukavu en RD Congo. Elle accompagnait la délégation belge de la Marche mondiale des femmes. Voici son récit personnel.
Bukavu, capitale de la province du Sud-Kivu, dans l’Est agité de la RD Congo. Aujourd’hui a lieu un évènement fortement lié aux lourdes conséquences du conflit sévissant dans la région depuis plus d’une dizaine d’années. Le centre de ces activités est l’école secondaire de Ibanda, où 2000 participants sont attendus pour la clôture de l’année d’action de la Marche mondiale des femmes.
Des femmes qui en veulent
Dans ce bâtiment imposant où va se dérouler la cérémonie d’ouverture, je suis entourée de délégations nationales et internationales. Presque tous les participants ont fait un long voyage épuisant. Mais cela n’est rien à côté de certaines participantes congolaises qui ont du marcher 2 jours et 2 nuits pour arriver jusqu’ici, et se sont alors exposées au danger…
Le son monte lorsque ‘la distinguée Première Dame de la République Démocratique du Congo, Olive Lembe Kabila’ entre dans la salle. La cérémonie d’ouverture peut alors débuter. Le caractère officiel de cette cérémonie n’est pas de coutume pour une telle rencontre d’un mouvement de femmes. Cela semble étrange. Le discours de la coordinatrice de la Marche mondiale des femmes vient heureusement ensuite clarifier les objectifs du mouvement international. Et le public chaleureux lance alors unanimement le slogan « Sol, Sol, Sol – Solidarité mondiale avec les femmes ! ».
Partenaires d’Oxfam et congolaises solidaires
Des ateliers autour du thème central de la Marche mondiale des femmes se tiennent les jours suivants. Au programme : violence faite aux femmes, paix et démilitarisation, services publics et travail des femmes.
L’intervention de Carole, coordinatrice de SOFA, partenaire haïtien d’Oxfam-Solidarité, est inoubliable. Son discours à propos de la violence faite aux femmes en Haïti a profondément marqué les femmes et les hommes congolais présents. Elle a aussi créé un sentiment de solidarité entre les femmes haïtiennes et congolaises.
Reyna, coordinatrice de AMIFANIC, une organisation de femmes du Nicaragua et également partenaire d’Oxfam-Solidarité, a aussi pris place sur la tribune afin de témoigner devant les femmes congolaises qu’elles ne sont pas les seules à se battre contre cette violence.
Un mémorial pour les victimes de Mwenga
Le quatrième jour de la rencontre internationale, nous nous rendons en cortège à Mwenga, une petite ville à 4 heures de Bukavu. Le long du chemin, nous sommes salués par les habitants des villages avoisinants. Ils font partie des nombreuses personnes durement touchées par le conflit qui sévit toujours actuellement dans l’Est de la RDC. Sur leurs banderoles, des messages d’espoir, l’espoir d’un changement.
Lorsque nous arrivons à Mwenga, des centaines de personnes ont bravé la pluie afin d’être présentes lorsque, enfin, la communauté internationale et les autorités congolaises reconnaissent leur désespoir. En 1999, c’est ici même que 14 femmes et un homme ont été cruellement torturés durant des jours entiers, et finalement enterrés vivants.
Dans son discours, le gouverneur appelle les hommes présents à protéger dorénavant leurs femmes et à rester auprès d’elles durant le travail dans les champs. À l’issue de la cérémonie, le ministre de l’égalité des chances pose la première pierre d’un monument qui sera érigé à la mémoire des 15 victimes.
Une affaire d’hommes et de femmes
Le 17 octobre, Journée internationale du refus de la misère, je me trouve avec la délégation belge au cœur même d’une marche qui va devenir historique pour la RDC. À mes côtés, une foule de gens : 25.000 personnes selon certaines sources, beaucoup plus nombreuses selon moi.
Des délégations officielles sont venues à Bukavu des régions les plus reculées de cet immense pays. Mais je vois aussi un large panel d’organisations de femmes, de groupements d’esthéticiens, de femmes musulmanes, ... Heureusement, la Marche mondiale des femmes n’est aujourd’hui pas uniquement une affaire de femmes ; beaucoup d’hommes sont également présents.
Lorsque nous atteignons avec la délégation belge la fin de cette incroyable marche, il semble que la cérémonie de clôture sur la Place de l’Indépendance a déjà débuté. Madame Kabila prend à nouveau la parole, pour la dernière fois. Les voix des femmes et des hommes congolais ont aujourd’hui gagné en poids. Un signe d’espoir pour le futur.
Plus d’infos :
www.marchemondialedesfemmes.be
Veerle De Craene, responsable du plaidoyer sur la violence faite aux femmes :
02/501 67 05 - vde(at)oxfamsol.be


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