Urgences

23 juin 2011

Séisme au Japon : Oxfam et ses partenaires continuent à apporter leur aide

Visite dans un centre d’accueil des victimes de la catastrophe au Japon. Gilles Murray, correspondant pour Oxfam, a rencontré à Morioka, une ville située dans la région d’Iwata au nord-est du Japon, Yuko Fukushima, sage-femme et enseignante à l’université de Iwate.

En collaboration avec des sages-femmes, l’Organisation japonaise pour la coopération internationale en matière de planification familiale (JOICFP), appuie des femmes enceintes ainsi que des mères et leurs jeunes enfants de la communauté de pêcheurs de Yamada, une ville côtière située 30 km à l’est de Moroika. JOICFP est un partenaire local d’Oxfam dont le représentant local Yoshikatsu Kanno nous accompagne lors de ces visites. « Nous voulons surtout apporter une aide pratique et identifier leurs besoins à moyen et long terme », raconte Yuko Fukushima. La route qui serpente le long de la côte et entre les pics enneigés offre un panorama magnifique. Le paysage est fort différent lorsque l’on atteint la ville côtière de Yamada, entièrement dévastée. Les seuls bâtiments qui tiennent encore debout sont des structures en béton noircies parles flammes.

Premier stop : l’hôtel de ville Yoshikatsu Kanno obtient une carte situant tous les centres d’accueil locaux. Un fonctionnaire lui indique où se trouvent la majorité des femmes et des enfants. Dans les locaux de l’hôtel de ville sont entreposés les effets personnels des habitants qui ont pu être récupérés.

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Dans une des salles de l’hôtel de ville, des souvenirs personnels, dispersés par les flots, attendent de retrouver leurs propriétaires…

Deuxième étape : la crèche Sakura En chemin vers la crèche, nous passons devant la gare de Yamada, en ruines. « La crèche compte actuellement 99 pensionnaires (un chiffre qui évolue constamment), et pas uniquement des enfants. Le plus jeune est un bébé d’à peine 9 mois », explique Keiko Sakodate qui s’occupe de la gestion quotidienne de cette crèche qui fait également office de centre d’accueil. La journée, de nombreuses personnes qui y sont hébergées rentrent chez elles afin de récupérer l’un ou l’autre effet personnel.

Troisième stop : l’école maternelle Orikasa L’école est située au pied d’une grande colline à la limite de la ville de Yamada. Entre l’école et la mer, tout a été dévasté par les flots. La frontière entre la vie et la mort s’arrête juste devant l’école : quelques mètres de plus et l’établissement aurait été englouti. Là-bas, nous sommes accueillis par Kyoko Kawabata, la responsable de l’établissement. Elle a passé la nuit qui a suivi le tsunami dans l’école, en compagnie de 33 enfants, sans savoir si leurs parents étaient encore en vie, tandis que dehors l’incendie qui a fait suite au raz-de-marée se rapprochait inexorablement.

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L’école maternelle Orikasa

On y rencontre Kosuke Nishimura, un jeune garçon timide qui fait ses devoirs assis à une table. Le tsunami lui a pris son oncle, et son petit-frère d’à peine 18 mois a dû être réanimé par une équipe de secours.

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Kosuke Nishimura essaye de se concentrer sur ses devoirs

Kyoko Kawabata nous raconte que la vie reprend peu à peu son cours : les gens retravaillent et tentent de reconstruire leurs maisons et leurs vies.

Quatrième étape : le Centre de prévention des catastrophes de Yamada Nous y rencontrons Etsuko Otsuki, une volontaire qui gère le centre au quotidien. « Trop d’attention est donnée aux personnes logeant dans les centres d’évacuation. Pour celles qui sont restées chez elles, c’est la débrouille, sans moyens financiers, chauffage ou nourriture adaptée », estime-t-elle. Nous lui laissons du matériel qu’elle ira distribuer elle-même dans son quartier : elle connaît mieux que nous les besoins de chacun. Etsuko Otsuki nous demande également de rendre visite à une femme sur le point d’accoucher. « Les sages-femmes peuvent, dans certains cas, apporter une aide plus efficace que les services de secours », explique Yuko Fukushima. En effet, les sauveteurs ne sont souvent pas préparés à faire face aux besoins très spécifiques de ces personnes. Nombre de femmes enceintes et de mamans accompagnées de leurs jeunes enfants sont parties vers les villes à l’intérieur des terres, où elles seront plus en sécurité et auprès de leurs familles.

Reportage de Gilles Murray


Avril, mois du renouveau ?
Traditionnellement, le mois d’avril est le « mois du renouveau » au Japon : nouvelle année scolaire, nouveau travail, naissance, etc. Mais, cette année, la population doit faire face à de nombreux défis et tout est remis en question.

Au Japon, de nouvelles maisons ont été construites et les cours ont repris dans certaines écoles, bien que celles-ci fassent encore également office de centres d’accueil. L’eau et l’électricité sont revenues à certains endroits, mais de nombreuses personnes doivent encore se débrouiller sans toit et sans chauffage. Plus d’un mois après le séisme, l’étendue des dégâts n’est toujours pas précisément connue.

Un mois après
13.000 personnes ont perdu la vie au cours de ce séisme, dont plus de la moitié étaient des personnes âgées. Le Nord-Est du Japon est moins peuplé que le reste du pays et compte majoritairement des personnes âgées. Une grande partie d’entre-elles est encore portée disparue.

Un mois plus tard, en avril, le phénomène du « Jishuku » a fait son apparition. Il s’agit d’un terme japonais qui se traduit par le repli sur soi. Les personnes qui en souffrent n’organisent plus d’activités et ont cessé d’avoir des contacts sociaux. Chacun s’empresse de rentrer à la maison afin de ne pas rester coincé dans les transports ou au travail.

Suite au tremblement de terre, Oxfam avait décidé de rester à Tokyo, afin d’organiser l’aide pour ses partenaires à partir de cette ville. Certains grands programmes humanitaires peuvent facilement oublier certains groupes de personnes : les femmes enceintes, les jeunes mères, les handicapés ou encore les personnes ne parlant pas la langue du pays.

Les partenaires d’Oxfam ont donc prêté une grande attention à ces groupes plus vulnérables en leur distribuant du matériel tels que des couches, des serviettes hygiéniques, du shampoing et du savon. Ils ont également diffusé des informations pour les personnes ne parlant pas le japonais via des radios locales et des sites Internet. Une attention particulière a aussi été portée à la thématique du genre : un service d’accueil téléphonique a été installé pour les femmes victimes de violences. Aujourd’hui, près de deux mois après le séisme, Oxfam et ses partenaires poursuivent leur travail.

Des dons pour les partenaires d’Oxfam au Japon sont les bienvenus
- en ligne
- via le numéro de compte BE37 0000 0000 2828 BIC BPOTBEB1, avec la référence « Aide d’urgence Japon », code 9107
- via une des boîtes de collecte dans nos magasins de seconde main