Sécurité alimentaire pour les “nouveaux pauvres” de Cisjordanie

Depuis mars 2007, 350 familles de Cisjordanie bénéficient d’un projet d’Oxfam-Solidarité visant à renforcer leur sécurité alimentaire. Ce projet, porté par notre partenaire Parc, bénéficie aussi du soutien financier du service d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO).
Contexte
La construction par Israël du Mur de séparation en Cisjordanie a débuté en 2002 et se poursuit encore à l’heure actuelle. Ce Mur – qui devrait atteindre plus de 700 kilomètres d’ici quelques années – a des effets dramatiques sur la situation socio-économique des Palestiniens : certains ont perdu leur terre (en tout ou en partie), d’autres leur emploi en Israël, et tous ont perdu leur liberté de mouvement. Comment en effet se déplacer librement, atteindre ses champs ou vendre sa production face aux 550 chekpoints permanents imposés par Israël ?
Du jour au lendemain, de nombreuses familles ont ainsi vu disparaître leur revenu principal. “Il nous arrive souvent de n’avoir que du pain et de l’huile d’olive à mettre à table” résume un père de cinq enfants habitant Azzun Atme, un village complètement enclavé à cause du Mur. Pour la première fois en Cisjordanie, on parle d’insécurité alimentaire et de “nouveaux pauvres”. En 2006, 65 % des familles de Cisjordanie vivaient en effet sous le seuil de pauvreté.
Le projet
Pour surmonter ces problèmes et regagner leur indépendance économique, 350 familles rurales particulièrement vulnérables (soit 2.910 personnes) ont reçu un appui pour démarrer un projet. Des femmes, certaines divorcées ou veuves, ont ainsi pu se lancer dans la culture de légumes, la production de miel ou l’élevage de moutons. Ces activités leur permettent de subvenir aux besoins du ménage tout en réduisant les dépenses alimentaires. Leurs tâches, multiples, ne sont pas toujours aisées.
Recevoir trois brebis exige un soin particulier. Une fois les agneaux nés, il faudra attendre qu’ils soient sevrés pour produire yaourts et fromage.
Les apiculteurs apprentis ont reçu des ruches qu’ils doivent entretenir et diviser pour les multiplier. Leur propre consommation familiale est assurée et le surplus est vendu aux voisins ou aux villageois.
Cultiver un potager, c’est aussi installer des canaux d’irrigation, prévoir un réservoir d’eau, ensemencer au bon moment et au bon endroit… et croiser les doigts pour que la sécheresse ne gâche pas tout. À l’arrivée, ce travail permet de récolter des tomates, des courgettes, des choux-fleurs et des haricots, le tout dans le respect d’une agriculture durable et biologique.
Selon un membre de l’ONG Parc, “la meilleure manière de stimuler la production familiale, c’est de mettre à disposition le matériel, la formation, l’accompagnement ainsi qu’une assistance technique sérieuse. C’est ce que nous faisons. Il ne faut pas oublier que ces familles n’avaient jamais cultivé de légumes, approché une ruche ou fabriqué de fromages avant ce projet. Aujourd’hui, elles parviennent à monter leur propre système de production alimentaire et à retrouver un début d’autonomie”.
Les six villages où le projet a démarré – Yasouf, Deir Balout, Qarawat Bani Hassan, Rafat, Azzun Atme et Saniriya – se trouvent dans la partie la plus touchée par l’occupation israélienne. Les chekpoints, la construction du Mur et les colonies de peuplement qui les surplombent les isolent toujours plus du reste de la Cisjordanie.
Avec l’appui du Service d’Aide Humanitaire de la Commission européenne (ECHO)

Le contenu de cet article est de la seule responsabilité d’Oxfam-Solidarité et ne peut en aucune façon être interprété comme reflétant les vues de la Commission européenne.
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