Sécurité alimentaire en Cisjordanie : témoignages

En 2009 et 2010, notre partenaire PARC a mis en œuvre un projet de sécurité alimentaire dans les districts de Ramallah et Naplouse, en Cisjordanie. Financé par la Commission européenne (DG ECHO), ce projet de 11 mois a permis de soutenir 258 familles palestiniennes.
Les familles vulnérables de Ramallah et Naplouse ont bénéficié, en fonction de leurs besoins :
soit d’un appui à la production agricole : citernes d’eau, systèmes d’irrigation, semences et jeunes pousses ;
soit d’un appui à la production de miel : 3 ruches par famille ainsi que le matériel d’apiculture.
Pour assurer la durabilité du projet et renforcer la sécurité alimentaire à long terme, les familles ont également suivi des formations théoriques et pratiques.
Témoignages de bénéficiaires
Mohammad Salim, Naplouse
Mohammad Salim habite avec sa femme, sa mère et ses 3 enfants à Jama’in, à l’ouest de Naplouse. Âgé de 50 ans, il doit assurer seul les revenus permettant de faire vivre sa famille. Malheureusement, ses problèmes de santé chronique (diabète) l’empêchent de travailler. Il ne peut donc compter que sur sa petite parcelle de terre et ses oliviers, qui lui assurent revenus saisonniers et nourriture.
"Quand j’ai entendu parler du projet de PARC, j’ai immédiatement décidé de me porter candidat. J’ai été sélectionné et j’ai pu suivre les sessions de formation. Je pensais en connaître un rayon en agriculture, mais ces sessions ont vraiment été utiles. J’ai appris de nouvelles techniques, notamment dans la lutte contre les maladies des plantes."
Désormais, Mohammad peut cultiver sa terre tout l’année, alors qu’auparavant il ne pouvait planter ses semences qu’en hiver et en été.
"C’est une vraie révolution pour moi et ma famille. Désormais, je peux travailler ma terre toute l’année et j’ai mon propre réservoir d’eau. Je produis pratiquement assez pour nourrir ma famille et je peux même revendre des surplus. Jusqu’à présent, j’ai déjà vendu pour près de 600 shekels (120 euros).
- Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est
- Les bénéficiaires ont reçu des outils, des intrants et des formations
- 258 familles vulnérables ont été soutenues par le projet à Al-Tira, Beit Liqiya (Ramallah), Jama’in et Yitma (Naplouse)
- Mohammad Salim, 50 ans, Jama’in (Naplouse)
- "Je pensais en connaître un rayon en agriculture, mais ces sessions ont vraiment été utiles !"
- Maryam Mafarjah, 45 ans, Beit Liqya (Ramallah)
- "J’ai toujours voulu avoir des ruches. Malheureusement, je n’ai jamais eu les moyens d’en acheter."
Maryam Mafarjah, Ramallah
Maryam Mafarjah, 45 ans, habite à Beit Ligiya, à l’ouest de Ramallah. Son mari, ouvrier, gagne environ 2000 shekels par mois (400 euros). Mais cet emploi est très instable, et il est donc difficile de s’en sortir, d’autant plus avec une fille handicapée suivant des cours à l’Université.
"L’Université et les frais de déplacement coûtent fort cher, mais je veux que ma fille finisse ses études", explique Maryam. "Elle est très intelligente et je veux lui assurer un bel avenir. On essaie donc d’économiser au maximum pour l’aider."
Il y a 3 ans, Maryam a participé à une formation en apiculture organisée par les femmes du village. Une formation qui fut déterminante pour elle.
"J’ai toujours voulu avoir des ruches. Malheureusement, je n’ai jamais eu les moyens d’en acheter. Un jour, je suis tombée sur un dépliant dans le bureau municipal. C’était l’annonce du projet de PARC. J’ai décidé de me porter candidate. C’était une occasion unique, je ne voulais pas la laisser filer !"
Sélectionnée dans le projet, Maryam a suivi des formations et a reçu 3 ruches qu’elle a pu multiplier dès février 2010.
"Aujourd’hui, j’ai 9 ruches. En juin, je récolterai probablement 90 kilos de miel. Et je compte encore augmenter la production. Avec la vente de ce miel, je pourrai payer les études de ma fille et peut-être même financer un traitement dans le futur."
Ali Mafarjah, Ramallah
A Beit Liqiya, 5 bénéficiaires du projet PARC - 3 hommes et 2 femmes - ont décidé de monter une coopérative d’apiculteurs. Démarrant avec 15 ruches, ils en ont désormais 30 et se partagent la récolte, les frais et les revenus. Mais bien plus que cela, ils partagent également leurs expériences et connaissances.
A la tête d’une famille de 8 personnes, Ali Mafarjah, enseignant de 43 ans, est l’un des membres de la coopérative. "Au sein de la coopérative, on peut acheter des outils et des intrants à un meilleur prix car nous sommes plusieurs et nous pouvons donc mieux négocier. Le travail et le suivi de la production se répartit entre nous. On partage donc les responsabilités, les coûts et les bénéfices. C’est l’idéal."
"La coopérative nous permet de nous aider l’un l’autre. Quand l’un de nos membres a été emprisonné , on a demandé à sa femme si elle voulait le remplacer. Elle a bien sûr accepté. On l’a formée et aujourd’hui, elle est l’un des piliers de l’organisation."
La coopérative d’Ali souhaite à présent s’élargir à 5 nouveaux membres, et recherche de nouvelles opportunités de vente. "Pour cela, on prévoit de se faire officiellement reconnaître comme coopérative d’apiculteurs. Cela prendra du temps, mais on a bon espoir d’y arriver", conclut Ali.
Avec l’appui du Service d’Aide Humanitaire de la Commission européenne (ECHO)
Le contenu de cet article est de la seule responsabilité d’Oxfam-Solidarité et ne peut en aucune façon être interprété comme reflétant les vues de la Commission européenne.
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