Inondations au Pakistan

19 novembre 2010

Course contre la montre pour affronter l’hiver pakistanais

Environ quatre mois après les inondations, le Pakistan est à présent menacé d’une nouvelle crise humanitaire avec l’arrivée de l’hiver. Au Nord du pays, les habitants ont perdu leurs maisons et tous leurs biens. Affronter le grand froid des montagnes sera encore plus difficile cette année.

Le dur climat de l’hiver pourrait amener de nombreuses maladies au Pakistan, principalement des infections respiratoires. Afin de réduire les risques, Oxfam a débuté un programme de prévention et distribué des milliers de kits spéciaux pour l’hiver dans la région montagneuse de la vallée du Swat, dans le Nord du Pakistan. Une région où les températures peuvent descendre jusqu’à -15°C.

Un défi supplémentaire
Ces kits spéciaux pour l’hiver, jusqu’à présent distribués aux plus pauvres de la vallée du Swat, sont composés de couvertures matelassées, de pulls, de vêtements chauds pour les enfants, d’écharpes et de chaussettes. Au cours des inondations, de nombreuses routes et ponts ont été dévastés et l’accès à certains villages reste encore très difficile. Lorsque la neige commencera à tomber, ces mêmes villages pourraient se retrouver complètement isolés du reste du monde. Sans une aide supplémentaire du gouvernement pakistanais et de la communauté internationale, le reste de la population devra affronter l’hiver de manière totalement improvisée…

« La population locale de cette vallée a déjà connu une période difficile avec le conflit des groupes rebelles et maintenant ce sont les inondations qu’elle doit affronter, raconte Imran Khan, collaborateur santé d’Oxfam au Pakistan. L’hiver frappe à la porte. Les gens sont malades et n’ont plus les moyens pour s’en sortir seuls dans de telles circonstances. »

Sur la rive supérieure de la rivière Swat, où les conditions de vie étaient déjà très difficiles, les températures hivernales représentent donc un défi supplémentaire. Les couvertures et les vêtements chauds des habitants ont été emportés par les eaux. Les maisons ont été détruites ou sérieusement endommagées. Les femmes se retrouvent seules pour élever leurs enfants.

« Nous avons besoin de couvertures matelassées et de vêtements chauds pour nos enfants qui sont déjà malades à cause du froid », témoigne Hajera Mulian, mère de 6 enfants. Pour l’instant, l’attention d’Oxfam se concentre sur les familles. « Ce sont clairement les plus vulnérables », ajoute Imran Khan.

Gagner de l’argent en tricotant des pulls
Oxfam a également mis en place, avec son partenaire Lasoona, un programme d’ « argent contre travail » afin que la population locale puisse gagner un peu d’argent. « Nous n’avons rien pour payer le médecin, explique Malyara Gujar, âgée de 65 ans. Nous sommes pauvres et le peu que nous possédions a été emporté par les inondations… » De nouvelles occupations permettront aux habitants d’oublier leurs problèmes du quotidien.

À Ingorederai, un village de la vallée du Swat, ce sont les femmes d’une association locale qui composent les kits spéciaux pour l’hiver d’Oxfam. Également touchées par les inondations, elles ont perdu leur bétail et ne peuvent plus vivre de la pêche. En tricotant des vêtements chauds, elles peuvent se procurer un revenu (50 euros pour 2 pulls terminés) pour subvenir à leurs besoins de base. Pour Fatima Matkhankel, en fin de grossesse, chaque rentrée d’argent tombe comme un cadeau du ciel. Son mari est sans emploi et la famille a déjà du emprunter pas mal d’argent pour survivre.
La plupart des pulls et des couvertures confectionnés par ces femmes ont été mis à la disposition de la population la plus pauvre de la région montagneuse du Swat. Une partie ira également aux enfants orphelins de Mingora.

« Nous sommes maintenant en pleine course contre la montre car les premières neiges sont tombées au sommet des montagnes », conclut Imran Khan, tout en demandant aux autorités pakistanaises et à la communauté internationale de soutenir urgemment davantage les programmes d’aide actuels et de débuter la reconstruction du pays.

Plus d’infos :
- Caroline Gluck, Responsable de la presse pour Oxfam au Pakistan : cgluck(at)oxfam.org - +92 (0)308 555 7219 - +44 7867 976041