Urgences

11 janvier 2012

Salvador : la prévention sauve des vies

Des pluies torrentielles se sont abattues sur le Salvador en octobre dernier. Grâce à l’action de prévention menée, entre autre, par Oxfam-Solidarité en collaboration avec ses partenaires, le bilan humanitaire n’a pas été catastrophique.

« Nous n’avons pas été affectés par l’ouragan, parce que nous avions déjà de l’expérience en la matière », témoigne Oscar Serpas, coordinateur de la Commission Communale de protection civile du bloc 3, district VI de San Salvador, la capitale. « Les gens ont été évacués à temps. Les personnes qui vivent en bordure de fleuve ont pu évacuer leurs meubles, certaines d’entre elles sont allées dormir dans des maisons communales, alors que d’autres sont restées chez elles, mais se tenaient prêtes à partir à n’importe quel moment. »

« Nous surveillons le niveau de l’eau toutes les trente minutes, sur base des informations fournies par les pluviomètres et nous nous réunissons toutes les deux heures avec la commission communale. »

Oscar Serpas a participé au programme de renforcement de la coordination communautaire et municipale dans la prévention des désastres dans la zone métropolitaine de San Salvador, "DIPECHO VI". Ce programme, mis en place par Oxfam-Solidarité et l’association Procomes, s’inscrit dans le plan d’action de prévention des désastres (DIPECHO), plan financé par ECHO. "On récolte les fruits de ce que l’on a semé avec le projet DIPECHO !", ajoute fièrement Oscar Serpas.

Des matelas, des aliments et de l’éducation....

À y regarder de plus près, on se rend compte à quel point l’action financée par ECHO et menée par Oxfam-Solidarité en étroite collaboration avec les autorités locales, porte ses fruits. Dans le district n°6, aucun décès n’est à signaler et ce grâce à une optimisation des communications et à la rapidité de mise en œuvre des actions.

Dans la communauté de Santa Rita aussi, le plan d’action a bien fonctionné, comme en témoigne José Jeronimo, membre de la protection civile locale. « Dès les premiers signaux d’alerte, les procédures ont été activées. Toutes les commissions de la zone nous ont contactés. Nous avons été avertis qu’un glissement de terrain avait eu lieu à Santa Rita. Mais, grâce à Dieu, nous avons été très vigilants et personne n’a perdu la vie. »

Très rapidement, des abris étaient prêts à accueillir les personnes qui ont dû fuir la catastrophe. « Dans ces abris, les gens disposent de matelas, d’eau potable, de nourriture, d’un encadrement psychologique et social et d’installations sanitaires, détaille Mario Alvarenga, qui travaille à l’administration communale et qui a participé aux 15 mois de préparation du plan de prévention des désastres.

Destruction des ressources agricoles

Malgré les résultats positifs enregistrés dans le domaine de la protection des personnes, les dégâts dans les cultures et les installations sanitaires restent énormes. Les dernières intempéries ont été beaucoup moins meurtrières que ne le fut l’ouragan Mitch (35 décès contre 240 au Salvador), mais le niveau de précipitations était nettement plus élevé. Selon les sources, de 500 000 à 1 000 000 de personnes ont été affectées et 69% des municipalités salvadoriennes ont été touchées.

Déjà fragilisée par l’accaparement de terres par de grands groupes agro-industriels, l’agriculture locale a été littéralement ravagée par les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le pays pendant dix jours. Dans un premier rapport, le ministère de l’Agriculture faisait état des pertes énormes : 1 756 104 hectares, soit plus de 75 000 tonnes de maïs, riz, céréales (sorgo) et haricots, ont été détruits.

Les conditions sanitaires restent, elles aussi, très précaires à la suite de ce que le Président Fuente a qualifié de « pire désastre de l’histoire du Salvador ».

Le Service d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) est l’un des plus importants bailleurs de fonds d’aide humanitaire au monde. Son mandat n’implique pas seulement le financement d’opération d’aide humanitaire, mais également les activités de préparation aux désastres, tout particulièrement au niveau local. Au travers de son programme de préparation aux désastres (DIPECHO) il assiste les populations vulnérables vivant dans les zones à risque pour réduire l’impact des catastrophes naturelles sur leur vie et leurs moyens de subsistance.

Plus d’infos :
- Lisez la rubrique consacrée au Salvador
- Contactez Erik Vanmele, responsable Amérique latine chez Oxfam-Solidarité au 02 501 67 47 ou via eva(at)oxfamsol.be
- Service d’aide humanitaire de la Commission européenne ECHO

 
 

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