Inondations au Pakistan

13 décembre 2011

Risque d’une crise de santé publique au Pakistan par manque de financement

Plus de neuf millions de personnes touchées par les graves inondations dans la province du Sindh au sud du Pakistan sont exposées à des risques de maladies et de malnutrition généralisée, tandis que les efforts de secours sont menacés en raison du manque de fonds.

Oxfam, Save the Children, Care et ACTED lancent un appel urgent à la communauté des donateurs pour accélérer leur réponse. Le manque de financement pour les programmes de secours initiés suite aux inondations au Pakistan aura de graves conséquences si l’argent n’est pas rapidement trouvé pour aider les populations dans le besoin. Oxfam serait contraint de réduire ses efforts après décembre, ce qui signifie que les 3,9 millions de personnes qu’elle avait prévu d’atteindre resteraient sans aide. Jusqu’à présent, Save the Children n’a récolté que 35 % de son appel au niveau mondial pour les inondations du Sindh. Care fait quant à lui face à un déficit de 91 % et se bat pour poursuivre son programme de secours à un moment où le risque de malnutrition et d’une épidémie grimpe.

Manque de financement

 « Care a puisé dans ses propres ressources pour financer la demande d’aide qui se concentre actuellement sur les soins d’urgence en santé et sur la sécurité alimentaire. En raison d’un manque de financement, nous n’avons atteint qu’environ 10 % des 150 000 personnes ciblées nécessitant des soins d’urgence dans les domaines où nos partenaires locaux et nous-mêmes sommes actifs », a déclaré Waleed Rauf, directeur national de Care International au Pakistan.

Les programmes des agences de l’ONU sont également affectés par ce financement insuffisant. En réponse à sa demande d’aide de 357 millions de dollars, l’ONU n’a reçu à ce jour, que 96,5 millions de dollars. « L’appel global de l’ONU pour 2011 reste désespérément sous-financé avec un déficit de 73 % et si les fonds reçus restent à ce niveau, le matériel de secours sera épuisé dans les semaines à venir, ce qui aura un impact sur la capacité des agences de l’ONU à fournir de l’eau potable, de la nourriture, des installations sanitaires, des abris et soins de santé », a déclaré Stacey Winston, porte-parole de l’ONU.

Le gouvernement pakistanais est également confronté à un manque criant de financement et pourrait être forcé à réduire ses efforts de secours, renforçant ainsi la nécessité pour les agences humanitaires d’accélérer leur réponse.

Un besoin urgent de générosité et de solidarité

« Plus de deux mois après le début de la crise, des millions de personnes vivent toujours sans services de base. Si les opérations de secours s’arrêtent, on pourrait faire face à une catastrophe inimaginable. Des soins de santé, de l’eau potable et des installations sanitaires sont nécessaires pour éviter une crise sanitaire publique imminente. Le système alimentaire précaire est menacé par une grave pénurie, et de nombreux agriculteurs seront privés de la récolte cet hiver. Celui-ci approchant rapidement, des millions de personnes encore sans abri seront laissés dehors dans le froid. Nous avons un besoin urgent de voir la générosité et d’obtenir des dons semblables à ceux de l’année dernière, alors que le pays vivait une situation similaire », a déclaré Neva Khan, directeur d’Oxfam au Pakistan.

Une impression de déjà vu au Pakistan. Avant d’avoir pu se rétablir complètement des importantes inondations de 2010, les provinces du Sindh et du Balochistan ont à nouveau subi d’importantes inondations. L’aide disponible n’est pas suffisante pour améliorer les conditions de vie souvent désastreuses.

- Plus de neuf millions de personnes ont été touchées par les inondations qui ont frappé le Pakistan en août. Plus de deux mois après le début de la catastrophe, 1,58 millions de maisons sont endommagées dans le Sindh et 26.000 dans le Baloutchistan.

- Les conditions de vie des populations sont déplorables. Plus de trois-quarts des ménages touchés n’ont reçu aucune aide au logement tandis qu’environ 800.000 personnes sont toujours déplacées. Selon les dernières estimations, trois millions de personnes ont un besoin urgent d’aide alimentaire.

- Les maladies sont en hausse et la vie d’au moins deux millions d’adultes et trois millions d’enfants est en jeu. Les eaux stagnantes et l’hiver approchant ont renforcé le risque d’une épidémie majeure de dengue, de paludisme et d’infection des voies respiratoires aiguë. Plus de 160.000 femmes enceintes auront besoin de services médicaux d’urgence dans les six prochains mois.

- Plus de 67 % des stocks de nourriture et 73 % des récoltes dans treize zones du Sind ont été détruits. De plus, les agriculteurs dont les champs sont sous eau vont manquer la saison des semis d’hiver qui débute maintenant. Environ 3,6 millions de personnes ont un besoin urgent de soutien agricole afin de relancer la production alimentaire et les activités génératrices de revenus.

  • Les États-Unis sont de loin la nation à contribuer le plus à l’appel de l’ONU avec un don de 13,4 millions de dollars, mais qui ne représente que 3,8 % du montant nécessaire depuis le début de la crise.
  • Le Japon, troisième pays le plus riche au monde, a donné 2,5 % des besoins nécessaires.
  • L’Allemagne, la cinquième richesse mondiale a donné 2 %. Le Royaume-Uni, septième puissance économique a donné 1,8 %. Le Canada, 2,6 %, l’Australie, 1 %, la Norvège, 1 % et le Danemark, que 0,6.
  • La Commission européenne a contribué 20,6 millions de dollars ce qui représente 5,8 % de l’appel tandis que le Fonds central d’intervention d’urgence a donné 4,9 %, soit 17,6 millions de dollars.

Pour plus d’information et/ou pour entretiens :
- Au Pakistan : Bisma Akbar au +92 345 6969902 ou +92 332 3250496 ou bakbar(at)oxfam.org.uk 
- En Belgique : Jean-Yves Penoy, gestionnaire programme Urgences Pakistan au 02 501 67 22 ou via jpe(at)oxfamsol.be


Oxfam ambitionne de venir en aide à plus de 3,9 millions de personnes au cours de son intervention et travaille dans les huit zones les plus touchées du Sindh. Oxfam a déjà aidé 1.360.747 personnes en collaboration avec ses partenaires locaux. Oxfam a fourni de l’eau potable à 675.509 personnes, des installations d’assainissement à 42.200 personnes, organisé des sessions de promotion de l’hygiène pour 66 682 personnes, distribué des kits d’hygiène à 172.919 personnes, kits de cuisine à 282.000 personnes, fourni du fourrage pour animaux à 26.000 personnes et des trousses d’outils à 28.390 personnes. Oxfam a également participé à la recherche et au sauvetage de 58.208 personnes.