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21 décembre 2010
Retour à la maison : le récit de Nazia

Au Pakistan, le camp de réfugiés de Sindh s’est déjà en grande partie vidé. De nombreuses familles sont rentrées à la maison, dans la mesure du possible. Nazia, active au sein du comité de santé, est encore sur place avec 26 autres familles. Voici son histoire.
- Vivre dans le camp
- « Nous dormons à 5 sous une tente : mon mari, nos 3 enfants et moi. La maison dans laquelle nous habitions avant les inondations était un petit palais à côté de cela. Maintenant, nous vivons le long d’une route très fréquentée et tout le monde peut voir à l’intérieur de la tente. Dans notre maison, personne ne pouvait nous voir car nous vivions dans un endroit reculé. Et cela nous donnait l’impression d’être heureux comme des rois, même si nous étions pauvres… »
- Les latrines
- « Avant la construction des latrines dans le camp, nous devions faire nos besoins en plein air. Pour les femmes, cela représentait un gros problème, aussi bien pour notre intimité que pour notre sécurité. À la recherche d’un petit coin improvisé, nous avions toujours peur d’être vues ou importunées. Nous essayions toujours de rester à 2 ou 3.
Ces latrines ont été construites il y a deux mois. C’est beaucoup mieux car nous pouvons les utiliser sans avoir peur et nous nous sentons en sécurité. Nous pouvons aussi nous y laver, sans crainte. »
- Entretien des latrines
- « Nous nettoyons les latrines et les toilettes chacun à notre tour. Il faut les entretenir car nous les utilisons au quotidien. Maintenir ces endroits propres n’est pas très difficile.
- Le kit d’hygiène
- « J’ai reçu un kit d’hygiène d’Oxfam. Il contient un seau, un sac iso thermique, un tabouret, 2 serviettes pour les mains, 15 morceaux de savon, un drap de bain pour les femmes et de la poudre pour laver les vêtements. Le savon et le drap de bain sont les plus appréciés. À la maison, nous utilisions aussi un drap de bain, mais nous n’avons rien pu emporter lors des inondations. Nous sommes contents qu’Oxfam ait pu nous procurer cela. »
- Une bonne hygiène
- « Nous avons suivi une formation aux bonnes pratiques en matière d’hygiène :
se laver les mains après le passage aux latrines et les garder propres ;
bien laver les enfants ;
nettoyer le camp.
Nous appliquons ces règles car elles nous permettent de ne pas tomber malades… »
- La responsabilité du comité de santé
- « Nous veillons à la propreté des latrines, mais aussi à ce que chacun connaisse les règles d’une bonne hygiène. Auparavant, après un passage aux latrines, nous nettoyions nos mains en les frottant avec du sable sec. À présent, nous savons que les laver avec de l’eau et du savon est beaucoup plus efficace. »
- Quel avenir ?
- « Pour l’instant, nous nous préoccupons de savoir quand nous pourrons retourner à la maison et à nouveau cultiver les champs. Nous essayons de travailler un peu ici, mais ce n’est suffisant pour en vivre. Mon mari a trouvé un emploi assez physique – charger et décharger – et les plus âgés l’aident avec une charrette à bras.
La première chose que nous ferons en rentrant chez nous, c’est reconstruire notre maison qui a été complètement dévastée avec les inondations. En attendant, nous avons très peur de l’hiver qui arrive et avons besoin de vêtements chauds, surtout pour nos enfants. »
Lisez aussi : « Course contre la montre pour affronter l’hiver pakistanais »


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