Financés par le gouvernement belge (Direction Générale de la Coopération au Développement), les projets de relance agricole sont mis en place par 3 organisations palestiniennes partenaires : PARC, UAWC et Ma’an.
1. Réhabiliter les puits
A Gaza, la majorité des agriculteurs dépendent des 2.300 puits officiellement enregistrés pour irriguer leurs terres. Malheureusement, du fait du blocus israélien en place depuis juin 2007, beaucoup de ces puits ne peuvent être entretenus ou réparés, et sont donc dans un état de vétusté avancé. L’opération militaire "Plomb Durci" (décembre 2008-janvier 2009) a encore aggravé les choses. Une situation qui affecte directement les cultures, la sécurité alimentaire et les revenus des familles rurales. En savoir plus...
Durant l’opération "Plomb Durci", les bombardements et les bulldozers israéliens ont détruit ou détérioré un grand nombre de puits, obligeant depuis les agriculteurs à acheter de l’eau pour irriguer leurs champs et leurs serres. D’autres ont dû investir dans l’achat et l’installation de longs conduits de raccordement, faisant ainsi la connexion entre leurs terres et le puits d’irrigation le plus proche.
Mais ces deux solutions sont très coûteuses pour les paysans et ne peuvent constituer des solutions durables : la plupart des agriculteurs n’ont pas les moyens de se payer ce type d’alternatives, et ne peuvent donc plus cultiver leurs terres.
Pour remédier à cette situation, notre partenaire UAWC, mène un projet de réhabilitation des puits : 12 puits d’irrigation seront reconstruits et rendus totalement opérationnels. Au moins 100 agriculteurs bénéficieront de ce projet. La réhabilitation et la reconstruction des puits génèreront en outre des emplois temporaires pour près 40 travailleurs sans emploi.
L’histoire de Thaib
Thaib Khamis Al-Tarabin habite le village de Mansoura, au nord de la bande de Gaza (à 1 km de la "zone tampon"). Il est l’un des fermiers bénéficiant du projet mis en œuvre par UAWC et soutenu par Oxfam-Solidarité.
Lors de l’opération "Plomb Durci", le puits vieux de plus de 40 ans utilisé par Thaib et 13 autres familles fut détruit par l’armée israélienne. « Juste avant l’invasion terrestre, les Israéliens ont envoyé des tracts par avion dans la zone, nous ordonnant de partir » se souvient Thaib. « Un voisin m’a alors aidé à réunir ma famille. Les bulldozers et les tanks étaient déjà à 300 mètres de la maison et nous sommes partis nous réfugier dans une école. En revenant, je n’ai pu que constater les dégâts. Notre maison était entièrement détruite, avec tout ce que nous possédions à l’intérieur. Mes 120 oliviers avaient tous été déracinés. Le puits et les réseaux d’irrigation avait été détruits. Sur mes 100 moutons, il n’en restait que 35. »
Thaib a alors construit un abri de fortune et y est resté un an avec les 16 membres de sa famille. « Pour survivre, j’ai décidé de cultiver du blé, car cela ne requiert pas beaucoup d’eau. Mais cela ne nous rapportait que 40 euros par mois. »

- Le puits avant sa réhabilitation.

- Le puits après avoir été réhabilité.
Grâce à la reconstruction du puits menée par UAWC, Thaib peut à nouveau cultiver sa terre et sortir sa famille d’une simple situation de survie. « Ça ne sera pas facile, car nous craignons sans cesse une nouvelle attaque israélienne. Mais au moins, nous avons de l’eau. C’est ça qui compte aujourd’hui. »
2. Reconstruire les serres
Les serres sont des installations vitales dans la Bande de Gaza. La forte densité de population et l’établissement de vastes "zones tampons" par Israël réduisent en effet la taille des terres agricoles disponibles. Dans ce contexte, les techniques de culture intensives sous serre sont donc fondamentales. Mais le blocus israélien et l’opération "Plomb Durci" posent des problèmes majeurs à ce niveau. En savoir plus...
Depuis le début du blocus imposé par Israël en juin 2007, les agriculteurs palestiniens ont bien du mal à gagner leur vie. Les marchés d’exportation ne sont plus accessibles et le matériel agricole n’est pas autorisé à entrer dans la Bande de Gaza : systèmes d’irrigation, bâches en plastique, semences, engrais, etc. L’opération militaire israélienne "Plomb Durci" (décembre 2008 - janvier 2009) a en outre détruit un grand nombre d’actifs agricoles.
Dans ces conditions, il est nécessaire que les familles puissent toucher des revenus pour survivre et assurer leur sécurité alimentaire. Notre partenaire PARC a donc initié un projet d’assistance à 30 familles, axé sur la réparation et la reconstruction des serres. Ces travaux génèrent également des emplois temporaires pour au moins 15 travailleurs sans emploi.
« Après la guerre, nous n’avions nulle part où aller »
Kamal Al-Slaqi est un agriculteur de Zaytoun, dans le Nord de la Bande de Gaza. Ce père de 8 enfants (et grand père de 21 petits-enfants) se remémore le début de l’offensive israélienne.
« Je travaillais avec mes 4 fils dans nos serres » raconte-t-il. « Juste avant la guerre, nous avions décidé de déménager et de construire une maison près des serres. La maison était encore en construction lorsque l’attaque a commencé. Dès les premiers bombardements, nous nous sommes réfugiés dans l’école Al-Fallah. Une fois les bombardements terminés, les bulldozers ont achevé de tout détruire : notre nouvelle maison presque terminée, notre puits, nos trois serres ainsi que nos 120 citronniers et palmiers qui furent déracinés. Nous n’avions nulle part où aller. »
Réfugié avec sa famille chez son frère, Kamal reçut en 2009 le soutien d’une ONG et des Nations Unies pour reconstruire son puits d’irrigation, irriguer sa terre et planter des légumes. Puis arriva le support de PARC pour la reconstruction de 2 des 3 serres détruites.

- La serre en cours de construction.

- La serre une fois terminée.
« Ce projet nous a redonné vie », explique Kamal, « Il m’aurait fallut 15 ans pour reconstruire ces serres. Désormais, la seule chose dont nous avons besoin pour vivre heureux, c’est qu’Israël lève ce blocus qui nous rend la vie impossible... »
3. Replanter les terres
Outre les puits et les serres, les terres agricoles et les vergers ont également été durement affectés par l’offensive israélienne de 2008-2009. Ici encore, Oxfam a décidé d’agir pour remettre ces terres en bon état. En savoir plus...
Ce projet, mené par l’organisation palestinienne Ma’an, vise à améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs de la Bande de Gaza en soutenant 200 fermiers dans la réhabilitation de leurs vergers. Un travail qui génère également des emplois temporaires pour au moins 115 travailleurs sans emploi.
« Mes 600 arbres ont été déracinés »
Jamal Abu Daya, 55 ans, est un des fermiers bénéficiaires du projet.
« Ma famille dépend entièrement de nos 10 dunums de terre agricole », explique-t-il. « Malheureusement, les tanks et les bulldozers israéliens ont tout détruit : les maisons, les puits et les terres agricoles. Mes 600 arbres fruitiers ont été déracinés. »
En 2009, Jamal à reçu l’assistance de PARC pour réhabiliter 2 dunums de verger. Deux autres dunums ont pu être réhabilités grâce au soutien de Ma’an. « Aujourd’hui, je prévois de planter des oliviers et des citronniers", explique-t-il. « Mais en attendant que ces arbres poussent, je ferai pousser des légumes entre les arbustes. »