Réintroduire le chameau contre la sécheresse

Élever du bétail en Afrique de l’Est, où les sécheresses sont fréquentes, n’est pas une sinécure. Oxfam soutient les éleveurs pour développent un nouvel élevage : le chameau. Voici l’histoire de l’un d’entre-eux, John Ekeno Ekiman
« Il y a vingt ans, nous vivions bien ici. Ma famille possédait de nombreux animaux et l’herbe était toujours verdoyante », raconte le Kényan John Ekeno Ekiman, père de dix enfants. « À l’époque où j’étais gamin, il y avait aussi des saisons sèches, mais pas comme aujourd’hui. La situation s’est empirée et les saisons sont devenues imprévisibles. »
S’adapter à l’environnement
« Vivre dans un environnement aride est un vrai défi. Le bétail produit moins car il n’y a plus d’herbe ou d’eau. La sécheresse affecte également notre mobilité. Nous devons aller beaucoup plus loin pour trouver de l’eau, ce qui n’est pas sans danger car des voleurs rôdent aux abords des chemins pour s’emparer de notre bétail. »
Oxfam tente de venir en aide aux éleveurs comme John Ekiman qui ne sont plus en état de migrer à cause de la sécheresse persistante. Elle les encourage à changer leur façon d’élever du bétail pour pouvoir s’adapter aux conditions de vie changeantes. Dans ce contexte, Oxfam a, entre autre, introduit des chameaux dans la région car ceux-ci supportent mieux la sécheresse et les produits qu’ils fournissent sont de qualité.
Oxfam a distribué du bétail à 90 familles bénéficiaires vivant dans six villages non loin du lac Turkana, au Kenya. Ces familles avaient perdu tout leur bétail suite à la sécheresse. 360 chameaux et 1800 chèvres ont ainsi été distribuées (4 chameaux et 20 chèvres par famille). Dans le cadre d’un nouveau projet 600 chameaux et 300 ânes seront distribués dans la région du Turkana, pour soutenir 150 autres familles.
Vie, richesse et espoir
« Les chameaux occupent une place très importante dans la vie des éleveurs », explique John Ekiman, qui a également reçu 4 chameaux d’Oxfam. « Ils sont synonymes de vie, de richesse et d’espoir. Même si vous n’avez qu’un chameau pour la traite, cela peut sauver votre famille. Et ceux qui ont un chameau sont également respectés dans la communauté. Si vous voulez par exemple vous lancer dans la politique, il est indispensable d’avoir un chameau ou d’autres animaux. J’avais 30 chèvres, mais 20 d’entre-elles ont péri suite à la sécheresse. »
« Je n’avais pas de chameaux à moi avant qu’Oxfam ne m’en procure. Aujourd’hui, je suis fier d’en avoir, cela me rappelle mon père, qui en avait lui aussi. Et je suis également respecté par les personnes de mon âge. »
« Je me souviens avoir ri quand Oxfam est venu m’apporter ces chameaux. C’était le plus beau jour de ma vie. Je les ai montrés à mes enfants qui se sont mis à danser et à crier de plaisir. J’espère encore pouvoir élargir mon cheptel de chameaux et de chèvres dans le futur. »
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