Rapport d’Oxfam : un an après le tsunami, la mise à disposition d’abris reste encore un défi de taille
Selon un rapport d’Oxfam International publié aujourd’hui, fournir des abris aux personnes ayant tout perdu suite au tsunami constitue toujours la mission la plus délicate un an après la catastrophe.
Le rapport d’Oxfam intitulé “ A place to stay, a place to live” (Un endroit où s’installer, un endroit où vivre) indique que d’énormes progrès ont été réalisés au niveau de la mise à disposition d’abris à des millions de personnes qui n’en ont plus. Mais ces améliorations ont lieu de façon très inégale et divers facteurs empêchent une reconstruction plus rapide.
Le rapport montre que :
l’aide d’urgence a pu procurer assez rapidement un abri provisoire aux personnes dans le besoin ;
au Sri Lanka, environ 95% des personnes concernées ont déménagé vers un abri provisoire ;
au Tamil Nadu, l’Etat indien le plus gravement touché, des plans ont été élaborés en vue de la construction de plus de 31.000 logements ;
à Atjeh, environ un quart des logements définitifs nécessaires vont être terminés d’ici fin décembre, selon les attentes.
“Ce qui a déjà été réalisé est très impressionnant, mais nous avons besoin de beaucoup plus. Lors de la phase d’aide d’urgence, tout était consacré au secours et à l’amélioration des conditions de vie. La reconstruction des communautés va nécessiter beaucoup plus de temps ”, affirme Stefaan Declercq d’Oxfam-Solidarité.
Les causes du retard
Le rapport pointe les principales causes responsables du ralentissement du processus. Un certain nombre d’entre elles étaient inévitables. La région d’Aceh, peuplée par 120.000 habitants, a été inondée très longtemps par de l’eau de mer.
Mais d’autres problèmes auraient pu être évités :
les gouvernements ont mis trop de temps avant de proposer de nouveaux terrains adéquats sur lesquels construire ;
le manque de clarté de la part des gouvernements concernant les zones tampons à la côte a retardé la reconstruction. A Aceh, une zone de deux kilomètres à été fermée et, en juin seulement, la construction d’abris permanents a pu commencer. Au Sri Lanka, la zone tampon n’a été modifiée qu’en octobre. En Inde, la mise en place d’une zone côtière régularisée (« Coastal Regulation Zone ») a compliqué encore la recherche de terrains adéquats où habiter.
lors des trois premiers mois d’assistance, les organisations de secours à Aceh ne savaient pas encore précisément si elles allaient pouvoir rester sur place après le mois de mars. Cela n’a pas été favorable à une planification efficace.
Selon le rapport, d’autres retards résultent aussi du manque d’expérience des ONG dans la construction d’un nombre très élevé de logements provisoires, de la nécessité de délibérer de façon approfondie avec les communautés et de la difficulté de trouver des matériaux de construction adéquats. A Aceh, l’accès à la région touchée était extrêmement compliqué à cause de l’absence d’infrastructures telles que des routes ou des ports. De plus, le prix du bois a triplé après le tsunami.
De tels obstacles ont entravé les progrès et expliquent également pourquoi les mêmes avancées n’ont pas été réalisées partout, de telle sorte que, selon le rapport, certaines personnes vivent déjà dans des logements permanents alors que d’autres sont encore sous tente.
Un pénible exercice d’équilibre
“En pratique, la reconstruction à une cadence élevée s’avère être un pénible exercice d’équilibre : les personnes veulent obtenir rapidement un logement mais souhaitent aussi avoir leur mot à dire et veulent que les logements soient de bonne qualité. Dans certains cas, la reconstruction peut même avoir lieu trop rapidement. Il est donc difficile de trouver un bon compromis entre toutes ces exigences. D’autre part, nous disposons pour la première fois de suffisamment de financement. Nous pouvons agir à long terme et nous allons faire en sorte d’effectuer du bon travail“, déclare Stefaan Declercq, secrétaire général d’Oxfam-Solidarité.
Oxfam a déjà bâti des milliers de logements provisoires et se charge maintenant de la construction de milliers de logements permanents. Nous travaillons en collaboration avec d’autres organisations à l’amélioration et à la réparation des abris temporaires et le déménagement des personnes qui vivent encore sous tente. Oxfam pousse les gouvernements à faire plus d’efforts pour procurer des terrains à bâtir à ceux qui en ont besoin. L’organisation forme les communautés locales à exiger le terrain et la propriété auxquels ils ont droit.
Le rapport donne aussi des exemples de la durée nécessaire aux projets de reconstruction :
En Amérique, en Floride, des milliers de familles touchées par l’ouragan Ivan (2004) vivent encore dans des logements provisoires.
Dans la ville japonaise de Kobe, il a fallu sept ans pour réparer les dégâts provoqués par le tremblement de terre.
Pour plus d’informations
Stefaan Declercq, secrétaire général d’Oxfam-Solidarité
Tél. 02-501 67 08 — e-mail : sde@oxfamsol.be
Télécharger le rapport complet du tsunami « Un endroit où s’installer, un endroit où vivre ».
Le matériel visuel (photos, betacam, vidéo ) et des témoignages sont également à disposition.
Le 20 décembre, Oxfam va publier un rapport tsunami sur les moyens d’existence
- Un endroit où s’installer, un endroit où vivre (PDF - 151.1 ko)


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