Questions - réponses à propos de l’aide au Pakistan

De nombreux villages au Pakistan ont été ravagés par les inondations persistantes. Plus d’1 million de maisons auraient été détruites. D’après le gouvernement pakistanais, les inondations ont touché 20 millions de personnes – plus que le tsunami, le séisme en Haïti et le séisme au Cachemire réunis.
Des milliers de villages dans la région de l’Indus sont encore inondés.
Dans les provinces du Sindh et du Punjab, des milliers de gens vivent sans abri ou dans un hébergement provisoire.
Dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, 80% des communautés sont sans nourriture. L’eau bloque bien souvent l’accès aux grandes villes, empêchant la population de se rendre au marché.
8 millions de gens doivent recevoir de toute urgence des produits de première nécessité.
Le risque d’infections et de maladies via l’ingestion d’eau contaminée est énorme.
1.Quelle aide puis-je apporter ?
Oxfam a lancé un appel de près de 25 millions d’euros pour permettre à ses collaborateurs au Pakistan d’intensifier les actions humanitaires auprès de plus d’un million de personnes. Nous avons besoin de votre soutien !
Versez votre contribution sur le compte d’Oxfam : 000-0000028-28. Nous rapporterons le plus clairement possible comment chaque euro aura été utilisé.
2. Puis-je collaborer à titre bénévole ?
Nous apprécions énormément les propositions que nous recevons de volontaires souhaitant partir au Pakistan pour aider la population. Mais pour le moment, l’aide doit s’organiser avec du personnel formé, disposant d’une expertise technique. La meilleure façon d’aider, c’est verser de l’argent ou organiser des actions pour collecter de l’argent pour le Pakistan. Vous pouvez apporter votre soutien financer via le site web d’Oxfam ou notre numéro de compte. Votre soutien est également le bienvenu via d’autres organisations d’aide.
3. Et les entreprises ?
Les entreprises peuvent également apporter leur soutien financier à Oxfam, ou apporter une aide en matériel adapté et acheté sur place. Ce matériel sera d’abord contrôlé pour vérifier s’il correspond aux conditions éthiques et s’il a bien été acquis dans la région. Oxfam envoie par avion uniquement des marchandises qui ne sont pas disponibles sur place ou dans la région.
4. Quel soutien apporte Oxfam ?
Oxfam a démarré son programme d’aide dans les provinces de Khyber Pakhtunkhwa, du Punjab et du Sindh. Nous fournissons de l’eau potable, des installations sanitaires, des kits d’hygiène, des ustensiles ménagers et de la nourriture à plus de 400.000 personnes. L’eau est apportée par camion et des réservoirs d’eau équipés de robinets ont été installés. Nous fournissons un abri temporaire aux gens qui ont tout perdu. Des dispositions ont également été prises pour mettre en place des programmes « argent contre travail » et des bourses permettant à la population de retrouver rapidement la possibilité d’assurer elle-même sa subsistance.
5. De nombreuses personnes n’ont encore reçu aucune aide. Pourquoi ?
Progressivement, les inondations ont touché le pays entier, rendant les routes et les ponts impraticables. Certaines régions, au nord de la vallée de Swat surtout, ne sont plus du tout accessibles aux véhicules. L’aide a du être acheminée par hélicoptère. Maintenant que l’eau se retire enfin à certains endroits, la situation s’éclaircit et les dégâts peuvent être estimés. Le gouvernement redouble d’efforts pour rendre les routes praticables. Il y a quelques jours, les collaborateurs d’Oxfam sont quand même parvenus à atteindre certains villages isolés dans le nord. L’ampleur de la catastrophe est énorme. L’aide internationale est absolument indispensable pour faire face à tous les besoins.
6. Le pays était-il suffisamment préparé ? Savait-on qu’il y aurait des inondations ?
Oxfam travaille depuis de nombreuses années à l’élaboration d’un système d’alerte précoce en cas de fortes pluies. Nous encourageons également la construction de maisons plus résistantes. Lors de ces inondations, nous avons constaté que ces mesures de précaution ont permis aux habitants de rester plus longtemps dans leurs maisons. Quand le niveau d’eau est monté trop haut, on a pu les évacuer sans trop de problème grâce au plan d’évacuation efficace qui avait été mis en place.
Ces dernières années, le gouvernement a lui aussi mis sur pied un plan national d’intervention en cas de catastrophe. Mais cette catastrophe s’avère la pire de l’histoire du Pakistan – même le meilleur plan catastrophe ne pouvait prévoir un drame d’une telle ampleur.
7. Ces inondations ne confirment-elles pas le changement climatique auquel notre planète est confrontée ?
Bien que l’on ne puisse lier directement ces inondations au changement climatique, les conditions météorologiques actuelles correspondent bien aux modifications du climat annoncées. Elles illustrent ce que nous pouvons attendre si les changements climatiques s’intensifient.
Cette catastrophe naturelle confirme également que les premières victimes de ce type de désastre naturel sont les pauvres. Alors que les pays riches ne parviennent pas à conclure un nouvel accord climatique équitable et contraignant, des vies humaines sont déjà en jeu. C’est pourquoi il est capital que le sommet de Cancún (Mexique), prévu en décembre de cette année, donne lieu à un accord sur le financement de l’adaptation des pays pauvres au changement climatique.
8. A quoi peut-on s’attendre dans les semaines à venir ?
La situation s’aggrave de jour en jour. L’Institut Météorologique Pakistanais annonce un niveau d’eau exceptionnellement élevé le long de l’Indus et de nouvelles inondations dans de nombreux districts. On évacue encore des centaines de milliers de personnes actuellement. Si la population ne reçoit pas rapidement de l’eau potable et des équipements sanitaires et hygiéniques, des infections et maladies risquent de se propager.
9. L’insécurité a-t-elle un impact sur l’organisation de l’aide ? Jusqu’ici, l’insécurité n’a pas été un obstacle, bien que certaines régions connaissent des affrontements internes. Des communiqués ont fait état de camions d’aide assaillis. Nous surveillons la situation de très près pour garantir la sécurité de nos collaborateurs. Nous savons par expérience que les gens se montrent solidaires dans ce genre de situation. Nous soulignons une fois encore que l’aide que nous apportons est - et restera - indépendante et neutre, et doit servir à ceux qui en ont le plus besoin.
10. Oxfam travaille avec des partenaires locaux. Comment s’assurer qu’ils ne sont pas corrompus et que l’argent ne disparaît pas ?
Nous avons une longue expérience en matière de concertation et de coopération avec des organisations partenaires locales. Nos activités sont suivies constamment et sont analysées afin de garantir que l’aide est répartie de façon responsable et honnête. Nous sondons attentivement chaque organisation avant d’entamer toute collaboration. Notre rapport financier est également établi selon des règles strictes.
11. Et qu’en est-il du gouvernement pakistanais ? Si je fais un don, suis-je certain que l’argent sera bien utilisé et qu’il ne disparaîtra pas dans les poches de fonctionnaires corrompus ?
Nous n’avons jamais eu connaissance d’une quelconque disparition de fonds. Le gouvernement pakistanais a d’ailleurs transféré des fonds importants pour l’aide, en annulant notamment des dépenses prévues dans son budget de développement, pourtant déjà fort maigre. Le gouvernement reçoit seulement une partie de l’aide internationale (environ 25%, actuellement). Notre expérience au Pakistan et ailleurs montre que l’argent versé directement aux ONG arrive en premier aux populations les plus touchées.
12. Une aide accrue peut-elle apporter plus de stabilité ? Faut-il mettre des conditions pour l’octroi de l’aide ?
Non, en aucun cas. L’aide humanitaire a pour but d’alléger les souffrances et de réduire la pauvreté. Les gouvernements doivent offrir leur aide dans cette optique. On fait fausse route si l’on mêle aide humanitaire et objectifs politiques ou militaires. Les intentions sont alors biaisées et l’aide n’aboutit pas aux bonnes personnes, car on va privilégier les régions sensibles instables, en oubliant les populations les plus touchées. Il est évident que le développement peut contribuer à réduire l’insécurité, mais choisir certaines zones sur base de ces critères pourrait également raviver des tensions historiques existantes.
Plus d’infos :
Mirjam Van Belle, coordinatrice de la cellule d’urgences chez Oxfam-Solidarité - Tél. 02501 67 44 - mva(at)oxfamsol.be


FR |
Facebook
Twitter
YouTube
Flickr
Newsletter
