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Territoire palestinien occupé / Israël

27 janvier 2009

Quel avenir pour les relations UE-Israël ?

Alors qu’un cessez-le-feu fragile a enfin vu le jour dans la bande de Gaza, des ONG belges et internationales signent un appel conjoint au Ministre des Affaires étrangères. Leur message : il faut revoir les relations entre l’UE et Israël et mettre en place une commission d’enquête chargée d’enquêter sur les violations du droit international commises lors de ce conflit.

Un cessez-le feu fragile a temporairement mis fin au conflit armé entre Israël et le Hamas. Mais la violation du droit international par les deux parties, la mort de plus de 1.300 personnes, les blessures infligées à plus de 5.000 autres, la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza et le refus par les deux parties de se reconnaître mutuellement comme des partenaires de négociation prouvent que le conflit est loin d’être fini.

La communauté internationale est confrontée à une tâche gigantesque, comme la reconstruction du territoire, mais surtout la réponse aux besoins urgents de la population. En tant qu’ONG belges et internationales, nous sommes préoccupées par les signaux envoyés par l’Union européenne à Israël. Nous recommandons vivement au Ministre De Gucht d’aller plus loin, d’évaluer la gravité de la situation et de porter nos revendications au Conseil Affaires Générales et Relations extérieures. Nous devons nous assurer que nous n’en reviendrons pas simplement à la situation qui prévalait à Gaza avant le 27 décembre 2008, date du lancement de l’offensive.

Stop au blocus de Gaza !
Nous constatons que l’Union européenne et la communauté internationale en général n’ont pas mis en œuvre de politique déterminée destinée à mettre fin au blocus de la bande de Gaza. En Europe, un consensus existe sur le fait qu’un cessez-le-feu durable et l’ouverture de tous les points de passage vers Gaza sont le seul moyen d’améliorer la situation dramatique et d’assurer la sécurité des civils de chaque côté de la frontière. Israël impose un blocus quasi total depuis déjà 19 mois, et fait tout pour ne pas rouvrir les points de passage pour les biens et les personnes.

Comme annoncé par les Nations Unies, reconstruire Gaza – ce qui coûtera des milliards – et répondre aux besoins fondamentaux de 1,5 million d’habitants ne sera pas possible sans l’ouverture des frontières. La reconstruction équivaut à celle d’une ville de la taille de Barcelone. Une attention spéciale doit être accordée aux près de 5.000 blessés graves ayant besoin de soins médicaux immédiats. L’Union européenne doit clairement faire comprendre à Israël qu’il est inacceptable de poursuivre le blocus. Comme l’a confirmé la Commissaire européenne Benita Ferrero-Waldner, le blocus israélien constitue une punition collective à l’encontre des civils et une violation du droit international humanitaire.

Faire respecter le droit
Nous saluons l’organisation d’un débat entre Ministres européens des Affaires étrangères sur le respect du droit international humanitaire. En tant que signataires de la Quatrième Convention de Genève, les pays membres de l’Union européenne ont l’obligation de faire respecter le droit humanitaire.

C’est pourquoi nous demandons que toutes les parties soient tenues responsables des violations qu’elles ont commises. Une commission d’enquête internationale et indépendante doit être mise en place pour notamment enquêter sur l’utilisation de bombes à phosphore, sur le bombardement d’écoles, de bâtiments de l’ONU et d’ambulances, et sur le recours à des boucliers humains. La Belgique doit également exiger qu’un inventaire public soit effectué au niveau de l’ONU et de l’UE quant aux projets suspendus ou détruits. Les parties impliquées doivent rendre des comptes à ce niveau.

Un "rehaussement" mal venu
L’Europe enverrait un mauvais signal à Israël en poursuivant le processus de « rehaussement » des relations bilatérales UE-Israël dans le cadre de l’Accord d’Association et de la politique européenne de voisinage.

Nous demandons donc la suspension des négociations tant que le blocus de Gaza ne sera pas levé et que les points de passage pour les personnes et les biens ne seront pas ouverts. Il est urgent que l’Europe revoie sa politique à l’égard d’Israël. Elle ne doit en aucun cas approuver, tolérer ou encourager les pratiques illégales d’Israël. Telle est malheureusement l’attitude adoptée par l’Europe dans ses relations avec Israël depuis plusieurs années, en dépit du fait qu’Israël intègre illégalement ses colonies dans les accords conclus avec l’UE. Cette situation permet à certains produits israéliens issus des colonies de bénéficier, de façon injuste, des tarifs d’importation préférentiels au sein de la Communauté européenne. Ce faisant, l’UE fait donc comprendre involontairement à Israël que le respect du droit international n’est en rien une condition nécessaire au partenariat. En outre, il est impensable que l’UE accorde des avantages à l’une des parties au conflit.

Contrairement à ce que de nombreux responsable politiques affirment, le rehaussement des relations n’accroît en rien l’influence de l’UE sur Israël. Au contraire même, elle l’amoindrit. L’Europe a bel et bien de l’influence sur Israël. Mais elle réussit mieux à exporter son attachement au respect de la démocratie et des droits de l’homme qu’à donner elle-même le bon exemple et à émettre des attentes claires.

Signataires :
- Stefaan Declercq, Oxfam-Solidarité
- Koen Van Bockstal, Oxfam-Wereldwinkels
- Bogdan Vanden Berghe, 11.11.11
- Bernd Nilles, CIDSE
- Rob Van Drimmelen, Aprodev
- Pol De Greve, Broederlijk Delen
- Gio De Weerd, Pax Christi Vlaanderen

 
Disclaimer concernant le conflit entre la Palestine et Israël