Haïti

5 mars 2010

Protéger les femmes d’Haïti contre les violences sexuelles

Le 8 mars fera date pour le mouvement des femmes en Haïti : en effet, à l’occasion du 100ème anniversaire de la Journée Internationale de la Femme, la CONAP (Coordination Nationale de Plaidoyer pour les Droits des Femmes) rendra hommage à des milliers de femmes et de donner un nouvel élan à la lutte contre la violence faite aux femmes.

La CONAP regroupe plusieurs mouvements de femmes - dont Kay Fanm et SOFA. Le 8 mars, cette coalition organisera une cérémonie spéciale à Port-au-Prince pour rendre hommage aux femmes fondatrices du mouvement des femmes en Haïti disparues tragiquement le 12 janvier.

“En célébrant ce 100ème anniversaire de la Journée Internationale de la Femme, la CONAP réaffirmera sa détermination à promouvoir et défendre les droits des femmes”, explique Olga Benoit de SOFA (partenaire d’Oxfam-Solidarité). “Plus que jamais, nous continuerons à soutenir les femmes. Nous sommes solidaires avec toutes les organisations sociales qui souhaitent construire ensemble un pays juste, solidaire et autonome, respectueux des droits fondamentaux de chacun.”

Les femmes et les jeunes filles sont les plus touchées

Olga Benoit (SOFA) et Yolette Jeanty (Kay Fanm) : “Nous sommes des citoyennes de Haïti, le pays où plus de 200.000 habitants sont morts en 35 secondes à peine, le 12 janvier 2010 à Port-au-Prince, Léogane, Jacmel, Petit-Goâve et Grand-Goâve. Nous sommes les mères, les tantes, les sœurs, les amies, les voisines et les collègues de milliers de femmes qui ne sont plus à nos côtés aujourd’hui.”

“Avec Anne-Marie Coriolan, la fondatrice de SOFA, Magalie Marcellin, membre de Kay Fanm (la maison des femmes) et Myriam Merlet de ENFOFANM, nous luttions pour que les droits des femmes soient reconnus et respectés. Ces féministes se sont investies dans la lutte pour un Haïti plus juste. Elles militaient pour plus de justice et d’égalité, pour que chacun s’implique et participe. Elles luttaient pour un pays plus indépendant, plus autonome, où les jeunes, filles et garçons, auraient accès aux services primaires sur base de droits identiques pour tous.”

“A l’heure où notre pays est en deuil, nous voulons, en souvenir de ces femmes extraordinaires, reconstruire un Haïti meilleur. Les femmes et les jeunes filles sont les plus touchées par ces catastrophes. Elles trouvent plus difficilement de l’eau et de la nourriture et sont facilement victimes de violences sexuelles”, souligne Olga Benoit de SOFA.

Accueil et sensibilisation dans les camps

“Grâce au soutien international des organisations de femmes, nous pouvons accueillir les femmes et jeunes filles en lieu sûr dans un camp où elles recevront une aide médicale. Le Camp International, nommé d’après Magali, Myriam et Anne-Marie, consiste en un ensemble de tentes à la frontière de la République Dominicaine. Il a été mis sur pied comme un centre de coordination internationale, pour que l’aide parvienne bel et bien aux femmes et organisations de femmes.”

Les organisations de femmes SOFA et Kay Fanm ont également décidé de former des jeunes et de mener ensemble des actions dans les camps. “Nous voulons former une cinquantaine d’étudiants universitaires en accompagnement psychosocial et gestion de traumatisme. A leur tour, ils formeront d’autres personnes dans les camps et distribueront des brochures destinées à sensibiliser la population au problème des violences sexuelles."

"Nous pouvons également conseiller et accompagner les personnes qui souhaiteraient déposer une plainte. SOFA et d’autres organisations travaillent en ce sens avec UNIFEM, dans le cadre d’une approche durable contre la violence faite aux femmes.”

La communauté internationale soutient la lutte pour les droits des femmes

Grâce à la solidarité internationale, le mouvement de femmes peut continuer à fonctionner. “Il nous faut bien reconsidérer nos projets de participation à la Marche Mondiale des Femmes, mais nous serons au rendez-vous d’une façon ou d’une autre. Nous avons besoin de moyens financiers et de matériel supplémentaire pour rendre les femmes moins vulnérables et leur permettre de reconstruire leur vie. La violence à l’encontre les femmes est une injustice qu’il faut absolument éradiquer.”

Pour plus d’info :
- Ka Aneca, gestionnaire de programme Haïti pour Oxfam-Solidarité
Tél 02 501 67 45
- Anne-Catherine Vaes, gestionnaire de programme humanitaire pour Haïti
Tél. 02 501 67 61
- SOFA, partenaire d’Oxfam-Solidarité