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Partenariat sud

12 juillet 2010

Protection des moyens de subsistance agricoles pour les familles vulnérables du sud de la Cisjordanie

Depuis le déclenchement de la seconde Intifada fin 2000, de nombreux travailleurs Palestiniens n’ont plus le droit de se rendre en Israël et dans les colonies israéliennes. Privés de tout revenu, beaucoup ont décidé de se tourner vers l’agriculture pour survivre. Mais la reprise des activités agricoles n’est pas de tout repos...


- Titre du projet : Protéger les moyens de subsistance agricoles des familles vulnérables du sud de la Cisjordanie en soutenant et en développant les capacités de production agricoles vitales pour la sécurité alimentaire dans une perspective commerciale et écologique.
- Source de financement : Union européenne
- Mise en oeuvre : Oxfam-Solidarité et son partenaire UAWC (Union of Agricultural Work Committees)
- Durée du projet : janvier 2008 à décembre 2010
- Lieu : Districts de Bethléem et de Hébron (sud de la Cisjordanie, territoires palestiniens occupés)


Contexte
Cultiver pour vivre : tel est le défi qui se pose aujourd’hui à des milliers de Palestiniens autrefois employés en Israël et dans les colonies. Depuis des décennies, nombreux sont ceux et celles qui sortent chaque jour des territoires occupés pour travailler dans les usines, maisons et plantations israéliennes. Hélas, suite à l’éclatement de la seconde Intifada (fin 2000), les autorités israéliennes ont décidé de refuser l’entrée de nombreux travailleurs palestiniens, désormais livrés à eux mêmes pour nourrir leur famille.

Dans ces conditions, beaucoup ont décidé de renouer avec la tradition et de se tourner vers une richesse trop longtemps délaissée : la terre. Mais se (re)mettre à l’agriculture n’est pas des plus aisé pour des travailleurs faisant face à des terres délabrées, ne disposant pas de moyens financiers et ayant perdu les connaissances nécessaires au développement d’une agriculture efficace.

Le projet d’Oxfam-Solidarité
Pour répondre à cette situation, Oxfam-Solidarité et son partenaire local UAWC (Union of Agricultural Work Committees) mettent en œuvre un projet de soutien aux petits agriculteurs du sud de la Cisjordanie. Bénéficiant du soutien financier de la Commission européenne, ce projet cherche à promouvoir et à soutenir la production agricole des familles palestiniennes vulnérables des districts de Hébron et de Bethléem. Pour cela, le projet vise d’abord à leur assurer un accès aux ressources naturelles telles que la terre, l’eau et les semences locales non OGM.

Ce type de projet s’avère des plus pressants dans une région où l’insécurité alimentaire s’accroît jour après jour du fait de l’impossibilité de travailler en Israël (et dans les colonies), des difficultés d’y commercer, de la confiscation par Israël des terres non cultivées et de l’effondrement général de l’économie palestinienne. Dans de telles conditions, soutenir l’agriculture est vital : outre la production d’une nourriture variée, l’investissement dans ce secteur permet également de créer de l’emploi, de moins dépendre des aides sociales et d’encourager les femmes à participer dans les processus de développement locaux.

Le projet mis en œuvre par Oxfam-Solidarité avec son partenaire UAWC souhaite inverser le processus d’insécurité alimentaire en renforçant les capacités agricoles de 536 familles rurales et de 19 communautés villageoises des districts de Hébron et Bethléem. En outre, le projet fournira de l’emploi à au moins 2.000 travailleurs sans emploi ne disposant pas de terres.

Les défis à relever
D’une durée de près de 3 ans, ce projet devra répondre aux nombreux défis qui se posent pour les petits agriculteurs palestiniens de la région :

- accéder aux terres et les exploiter : la terre est la seule ressource naturelle qui reste disponible aux familles rurales vulnérables. Dans les districts de Bethléem et Hébron 27% des terres disponibles sont cultivées, pendant que 63% ont un potentiel productif. Le projet prévoit donc d’aider 356 familles à exploiter leurs terres - un total de 204,3 hectares - par des activités de défrichage (150 hectares), de réaménagement (54,3 hectares) et d’ouverture de routes agricoles (30 km pour 900 agriculteurs).
- améliorer la qualité et l’accès aux semences pluviales locales : au fil des ans, les semences pluviales locales ont progressivement été supplantées par des semences OGM israéliennes, chères et gourmandes en eau, en fertilisants et pesticides chimiques. Le projet mis en place prévoit donc la production, le stockage et l’utilisation de semences pluviales locales, bénéfiques tant pour l’autonomie des paysans que pour l’environnement. Près de 180 familles seront soutenues afin d’augmenter et d’améliorer la production de leurs cultures (324,3 hectares – 17 variétés de cultures).
- accéder à l’eau : du fait du climat (pluviométrie) et du contrôle opéré par Israël, l’eau fait défaut pour les agriculteurs du sud de la Cisjordanie. Pour répondre à cela, 140 citernes de récupération de l’eau de pluie seront creusées, et un accent particulier sera donné aux cultures pluviales qui n’exigent pas d’eau additionnelle.
- (ré)apprendre à cultiver : ne disposant plus du know-how nécessaire, les agriculteurs bénéficieront de formations agricoles (techniques et pratiques) leur permettant d’accroître la diversité et le volume de leur production tout en respectant l’environnement et en répondant aux demandes locales.

- commercialiser la production : pour rendre leurs productions plus rentables, les petits agriculteurs ont besoin de s’organiser collectivement. Le projet encourage la coopération et les efforts collectifs entre agriculteurs afin qu’ils puissent réduire les frais de transport et les coûts d’achat des intrants nécessaires.

Plus de 16.000 bénéficiaires
Au final, ce projet bénéficiera à 2.356 familles des districts de Hébron et de Bethléem. Accordant une place particulière aux femmes (paysannes et chefs de familles) et à leur participation, ce projet s’inscrit dans une perspective globale d’autonomisation des communautés et de renforcement de leur sécurité alimentaire. Un défi fondamental à relever face à l’effondrement économique des territoires palestiniens occupés et aux nombreuses restrictions imposées par Israël.
Mitha Qumran et Abd Al-Hadi Shallalda, deux bénéficiaires, témoignent.


Ce projet est financé par l’Union européenne

Le contenu de cet article est de la seule responsabilité d’Oxfam-Solidarité et ne peut en aucune façon être interprété comme reflétant les vues de la Commission européenne.

 
 

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