Première Journée mondiale de l’aide humanitaire

Le 19 août 2003, Sergio Vieira de Mello et 21 autres collaborateurs de l’ONU perdaient la vie lors d’un attentat contre le bureau de l’ONU à Bagdad. Six ans jour pour jour après ce drame, l’ONU a tenu à ce que le 19 août soit proclamé « Journée mondiale de l’aide humanitaire » afin de sensibiliser le public aux activités humanitaires et de rendre hommage à tout le personnel qui travaille dans des conditions dures et dangereuses
L’insécurité grandissante, obstacle à l’aide humanitaire
Six ans après cet attentat, les défis du travail humanitaire ne cessent de prendre de l’ampleur. L’insécurité grandit et les fonds disponibles sont loin d’être suffisants pour aider le nombre croissant de gens ayant besoin d’aide.
Depuis 2001, le nombre d’attaques sur des humanitaires a presque doublé. D’après l’ONU, 260 travailleurs humanitaires ont été victimes de violences graves en 2008, dont 122 y ont laissé la vie. Un triste record.
“Il s’agit là d’une évolution inquiétante, qui montre un manque de respect pour l’aide humanitaire pourtant impartiale et indépendante”, déplore Steven Van Damme, responsable du plaidoyer humanitaire pour Oxfam-Solidarité. “De plus en plus, cette insécurité résulte d’attaques délibérées, souvent à motivation politique. En conséquence, plus de 18 millions de personnes dans des pays tels que l’Irak, la Somalie, le Soudan et l’Afghanistan sont privées d’une aide pourtant vitale.”
Plus de 70% des humanitaires décédés en 2008 travaillaient pour des ONG. Il s’agissait souvent de civils originaires du pays où le conflit faisait rage. Oxfam-Solidarité a elle aussi subi une perte parmi ses organisations partenaires, en la personne de l’ambulancier Arafa Abd Al-Dayim (33 ans) lors de la guerre à Gaza.
Des fonds insuffisants
L’insécurité n’est pas le seul obstacle à l’aide. Le manque de fonds est lui aussi en cause. Pour la deuxième moitié de 2009, il manque pas moins de 4,8 milliards de dollars pour faire face aux crises les plus graves. Les experts et représentants de l’ONU s’accordent pour dire qu’il n’a jamais été aussi difficile de trouver des fonds, alors que les besoins n’ont jamais été aussi élevés. Oxfam demande dès lors à tous les donateurs de revoir à la hausse leur budget annuel d’aide humanitaire.
“En ce moment, il manque 25 milliards de dollars par an pour pouvoir aider le nombre grandissant de personnes en besoin d’aide”, confirme Mirjam Van Belle, responsable du service d’aide d’urgence d’Oxfam-Solidarité. “Cette somme paraît fort élevée, mais ne représente finalement qu’une fraction de ce que nos gouvernements ont investi pour le sauvetage des banques. Avec plus de fonds, nous pourrions améliorer les conditions de vie de millions de gens et sauver des dizaines de milliers de vies”.
Des défis sans précédent
Une étude récente d’Oxfam indique qu’en conséquence des changements climatiques, le nombre de victimes de catastrophes climatiques augmentera de 50% dans les six prochaines années. De plus en plus de conflits tourneront autour de l’accès et de la gestion des matières premières, et des millions de personnes devront se déplacer. Voilà une pression supplémentaire sur le système humanitaire international, qui a besoin de réformes rapides.
Cette première Journée mondiale de l’aide humanitaire permettra de se souvenir des humanitaires décédés, mais aussi de rendre hommage à ceux qui ont survécu aux guerres et catastrophes et à ceux qui s’investissent aujourd’hui. Elle est aussi l’occasion de réfléchir aux défis à venir.
Plus d’infos :
Steven Van Damme, responsable du plaidoyer humanitaire pour Oxfam-Solidarité
Tél. 02 501 67 42 – GSM : 0485 442 747 – Courriel : sva(at)oxfamsol.be
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