Pourquoi une campagne sur Cuba ?
Pourquoi voulons-nous attirer l’attention sur Cuba ? Est-il encore nécessaire de mener une telle campagne ? N’y-a-t-il pas d’autres pays où les conditions de vie sont pires qu’à Cuba ? Les indicateurs relatifs aux soins de santé et à l’éducation sont largement comparables à ceux de la plupart des pays les plus industrialisés. Alors quoi ?
Oxfam-Solidarité est active à Cuba pour contribuer à la préservation des acquis sociaux obtenus dans le pays. Pour ce faire, nous collaborons avec des organisations qui stimulent la participation de la population à son développement, et soutenons les initiatives qui émanent des organisations cubaines.
Parallèlement à ce travail, nous menons une campagne en Belgique et en Europe contre le blocus imposé à Cuba. Nous n’acceptons pas que l’unique superpuissance mondiale, les Etats-Unis, soumette encore Cuba à ce blocus déclaré illégal par les Nations Unies. Car si ceci a des conséquences désastreuses pour la population cubaine, cela constitue aussi une illustration particulièrement claire de la manière dont un pouvoir croit pouvoir déterminer à lui seul les relations internationales.
Privatisation de la politique internationale
Sur le dossier cubain, les Nations Unies sont mises à l’écart et la politique étrangère étatsunienne est déterminée en grande partie par les intérêts des entreprises multinationales. N’ayons pas peur des mots, il s’agit là d’une forme de privatisation déguisée de la politique étrangère. La question cubaine nous offre également un exemple classique de la dépendance politique de l’Europe, et de la manière dont les Etats-Unis déterminent la politique étrangère européenne.
Nous menons campagne pour Cuba du fait :
De l’illustration excessivement claire que cet exemple offre en matière de politique internationale
Du caractère illégal de la politique étrangère des Etats-Unis
De mélange flagrant de la politique avec les intérêts économiques
Du silence de l’Europe sur ce problème face à l’organisation de ce blocus.
Pour Oxfam-Solidarité, Cuba a le droit de mener ses propres relations extérieures, ainsi que d’importer et d’exporter avec d’autres pays. Cuba est un pays souverain. Et la souveraineté reste encore et toujours la base du système juridique international.
Un choix fondamental
La question de Cuba nous met devant un choix fondamental : préférons-nous un système où le pouvoir des plus forts prévaut, où tout est subordonné à l’intérêt économique de quelques entreprises multinationales, ou sommes-nous partisans d’un système où le politique détermine les priorités en fonction du bien-être de la majorité de la population ? Dans de nombreux pays latino-américains, la situation se caractérise par une petite frange de la population qui possède tout face à une grande majorité qui ne dispose d’à peu près rien. Par comparaison, à Cuba, la richesse est partagée dans l’ensemble de la population. Nous pensons que les alternatives que Cuba offre à l’actuelle vague de privatisations néo-libérales doivent être valorisées.


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