social

Santé et VIH/SIDA

18 septembre 2009

Pour des soins de santé gratuits dans le Sud

Des millions de personnes paient de leur vie le fait que les services de santé publics dans les pays pauvres ne soient pas gratuits. Dans un nouveau rapport, 62 ONG et syndicats appellent les décideurs politiques à agir pour changer la donne.

Le 23 septembre 2009, les dirigeants du monde entier se réuniront lors de l’Assemblée générale des Nations Unies. À cette occasion, ils devraient annoncer l’extension de la gratuité des services de santé dans au moins 7 pays : le Burundi, le Ghana, le Libéria, le Malawi, le Mozambique, le Népal et la Sierra Leone.

Pour les habitants de ces sept pays, cette initiative pourrait faire la différence entre la vie et la mort :

- Au Burundi, 88 % des gens vivent avec seulement 2 $ par jour. Les patients doivent payer pour recevoir des soins médicaux et en cas de non-paiement, dans certains cas, ils sont emprisonnés dans les hôpitaux.
- Au Ghana, l’espérance de vie moyenne n’est que de 58 ans. Dans les 3 régions du nord, 70 % de la population vit avec moins de 1 $ par jour.
- Au Libéria, 1 enfant sur 9 décède avant l’âge de 5 ans, et moins de 20 % de la population rurale a accès à des centres médicaux.
- Au Malawi, 1 femme sur 100 meurt pendant sa grossesse ou à l’accouchement. Le pays ne compte que 266 médecins agréés pour 14 millions d’habitants.
- Au Mozambique, 1,3 millions de personnes vivent avec le virus VIH et le SIDA, et 60 % des adultes séropositifs sont des femmes.
- Au Népal, un nouveau-né meurt toutes les 20 minutes et une femme meurt toutes les 4 heures suite à son accouchement.
- En Sierra Leone, l’espérance de vie est de seulement 34,3 ans. Ce pays connaît le taux de mortalité maternelle et infantile le plus élevé au monde, et seulement 7 % de la population rurale a accès à des installations sanitaires sûres.

Un premier pas, mais insuffisant
L’étendue de la gratuité à ces 7 pays est un pas en avant. Mais les principaux syndicats et ONG comme Action Aid, Oxfam International, Médecins sans Frontières, Save the Children ou encore World Vision International s’inquiètent : car des annonces seules ne suffisent pas.

Cette initiative doit marquer le début d’un engagement ferme à fournir un soutien technique et financier, et elle doit s’étendre à tous les pays pauvres.

A l’approche de la réunion internationale du 23 septembre, 62 ONG et syndicats* s’unissent donc pour publier le rapport "Your Money or Your Life".

Un abandon impardonnable
"Combien de vies seront perdues inutilement en attendant que les dirigeants agissent ?", s’interroge Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité. "Les pauvres n’ont tout simplement pas les moyens de payer les frais médicaux, et l’inaction des responsables continuera de bloquer l’accès à des soins vitaux pour des millions de personnes."

Jasmine Whitbread, directrice générale de Save the Children, poursuit dans le même sens : "En 2000, les responsables politiques ont promis de réduire de deux tiers la mortalité infantile. Si la gratuité des services de santé avait été instaurée à cette époque, la vie de plus de deux millions d’enfants aurait pu être sauvée à ce jour. Les dirigeants ont le pouvoir et la responsabilité de rendre les soins médicaux gratuits pour les familles pauvres. Il est impardonnable de laisser davantage d’enfants mourir parce qu’ils n’ont pas les moyens financiers d’obtenir des soins. »

OMD : ça traîne !
Les progrès enregistrés dans le domaine de la santé ne sont absolument pas à la hauteur des engagements pris dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), censés être atteints en 2015. Chaque année, 4 millions de nouveau-nés meurent dans les 28 jours suivant leur naissance et le nombre de femmes décédant pendant leur grossesse ou à l’accouchement est plus ou moins le même qu’en 1990[1], malgré l’engagement des OMD visant à réduire de 75 % le nombre de décès.

Les gouvernements du Sud ont besoin de fonds supplémentaires pour accroître et développer les services de santé, recruter et garder plus de médecins et de professionnels de la santé, et fournir plus d’installations et de médicaments à la fois accessibles et à la portée de tous.

Partout dans le monde, les populations doivent avoir le droit à des services médicaux gratuits et d’être soignées par du personnel médical qualifié. La qualité des services de santé publics est également vitale pour la prospérité et la croissance économique.

Plus d’infos :
- Katrien Vervoort, responsable du plaidoyer services sociaux de base pour Oxfam-Solidarité : tel. 02 501 67 56 - GSM : 0494 23 02 53
- Le rapport "Your Money or Your Life" (anglais, 16 pages)
- Galerie photo sur la mortalité maternelle au Sierra Leone


* Ce rapport a reçu le soutien de : Action for Global Health, Action Aid, Action Aid Burundi, Ghana, Liberia, Malawi, Mozambique, Nepal & Sierra Leone, AIDES, AIDOS, Avocats pour la Santé dans le Monde France, Cara International Consulting Ltd, Citizens United to Promote Peace and Democracy in Liberia, Commonwealth Association of Paediatric Gastroenterology and Nutrition (CAPGAN), Commonwealth HIV & AIDS Action Group, Commonwealth Nurses Federation, Diverse Women for Diversity, Regional Network on Equity in Health in Southern Africa (EQUINET), Essential Services Platform of Ghana, European Public Health Alliance, Global Call to Action Against Poverty (GCAP) Liberia, Global Health Advocates India, Global Health Advocates Switzerland, Initiative for Health Equity & Society, Integrated Social Development Centre (Ghana), Interact, International Women’s Health Coalition, International Peoples Health Council (South Asia), Liberia Democratic Institute, Malawi Health Equity Network, Médecins du Monde (France, Portugal, Spain & UK), Merlin, National Organization of Nurses and Midwives of Malawi, National Association of People Living with HIV and AIDS Malawi, Oxfam International, People’s Health Movement, Physicians for Human Rights, Public Services International, Plan, Resource Centre for Primary Health Care (RECPHEC) Nepal, Results UK, Save the Children UK, Sidaction, Stop AIDS Campaign, Treatment Action Group (TAG), TB Alert, The International HIV/AIDS Alliance, Trades Union Congress (TUC), UNISON, UK Student Stop AIDS Campaign, Voluntary Service Overseas (VSO), WEMOS (Netherlands), World Vision International, Women and Children First.


[1] Selon le Rapport des Statistiques sanitaires de 2009, le taux de mortalité maternel mondial s’élevant à 400 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 2005 n’a pratiquement pas changé depuis 1990. La majorité des décès maternels ont eu lieu en Afrique, où le taux de mortalité maternel est de 900 pour 100 000 naissances vivantes, sans amélioration mesurable entre 1990 et 2005.]]