Plus de justice pour les pays du Sud à Copenhague !

Oxfam International vient de clôturer son dernier Climate Hearing à Copenhague. En tout, plus d’1,5 million de personnes ont participé à ces auditions capitales. La dernière séance fut marquée par un plaidoyer vibrant de l’archevêque Desmond Tutu et de Mary Robinson, ancienne Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies.
Alors que les négociations évoluent avec une frustrante lenteur durant cette deuxième semaine de conférence, les voix de plusieurs pays du Sud ont pu s’exprimer à l’occasion du dernier "Climate Hearing" organisé par Oxfam International à Copenhague.
Devant Yvo De Boer, Secrétaire général exécutif de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, ces voix n’ont pas manqué de rappeler avec force que des millions de vies sont en jeu... et que le temps n’est plus aux palabres futiles.
L’archevêque Desmond Tutu et Mary Robinson ont accompagné les "victimes du climat" venues témoigner du Bangladesh, du Pérou, d’Ouganda et des États-Unis.
"Les changements climatiques constituent une menace sans précédent pour les droits de l’homme", a déclaré Mary Robinson. "Le droit international mentionne que nul ne doit être privé de ses moyens de subsistance. Or, ce droit est menacé par les émissions de CO2 principalement dues aux pays industrialisés. Il s’agit d’une des pires injustices actuelles."
"Cette injustice ne peut plus durer !"
"Moi aussi, je suis un témoin des changements climatiques", a ajouté l’archevêque Desmond Tutu. "J’ai vu de mes propres yeux les changements dans mon pays d’origine, l’Afrique du Sud. La région du Cap fait face à l’une des plus grandes sécheresses de son histoire. Il n’y a plus assez d’eau ni de nourriture. C’est une situation désespérante."
"Copenhague est notre seule chance de relever de manière juste et efficace le plus grand défi que nous ayons à affronter. J’espère que les responsables politiques sont à notre écoute, car cette injustice ne peut plus durer !"
Ce Climate Hearing était le dernier et le plus important des milliers d’autres soutenus par Oxfam dans 35 pays. Un demi million de gens ont pris part à ces audiences pour témoigner de l’impact des bouleversements climatiques sur leur vie et leurs moyens de subsistance.
"Les pays riches doivent nous rembourser"
Constance Okollet, agricultrice ougandaise, témoigne : "Les inondations et les longues sécheresses ont provoqué la faim et la mort dans notre village. Avant, les agriculteurs pouvaient se fier aux saisons. A présent, nous ne savons plus à quel moment nous devons planter, travailler la terre ou semer. Au début, je pensais qu’il s’agissait d’une punition de Dieu. Ensuite, j’ai réalisé que l’homme est responsable de cette situation. Les pays riches doivent nous rembourser du mal qu’ils nous ont fait."
"Les changements climatiques aggravent tous les facteurs qui sont à la base de la pauvreté", explique Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité. "Tout retard nous coûtera très cher. Depuis plusieurs années, nous attendons un accord pour faire face aux changements climatiques. Il ne reste plus que trois jours aux décideurs pour prendre leurs responsabilités."
Du pain sur la planche pour les derniers jours
Les dernières propositions de réductions d’émissions pour les pays riches (Annexe I du Protocole de Kyoto) s’élèvent à 25%, mais présentent de nombreuses lacunes. D’après les scientifiques, une réduction d’au moins 40% par rapport à 1990 est nécessaire d’ici 2020.
Les propositions européennes actuelles d’un financement de 10 milliards de dollars par an ne constituent qu’une fraction des estimations les plus crédibles des sommes nécessaires, à savoir 100 milliards de dollars par an pour l’adaptation des pays en développement, et 100 milliards par an pour leurs réductions d’émissions. Il faut rapidement arriver à 200 milliards de dollars par an d’ici 2020 et s’assurer qu’il s’agisse de fonds additionnels à l’aide au développement.
Des systèmes de contrôle ont été proposé, mais ils sont bien trop faibles. Ce qu’il faut, c’est un traité légalement contraignant avec un système de contrôle fort.
Visionnez les photos du Climate Hearing sur la page Flickr d’Oxfam International.


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