lait

Lait

4 juillet 2007

Plongez-vous dans le nouveau Globo de campagne !


S’il est bien un domaine où l’action et l’expertise d’Oxfam sont reconnues, c’est celui du droit à l’alimentation. Cette année, nous menons campagne sur la souveraineté alimentaire et le lait afin de pousser les citoyens et les décideurs à soutenir ceux et celles qui nourrissent le monde : les paysans.



- Découvrez notre Globo de campagne "Le commerce du lait : un concentré d’injustices !" (juin 2007)
- Visitez notre site de campagne www.oxfamsol.be/lait


Eradiquer l’injustice de la faim
La Déclaration universelle des droits de l’homme, suivie par de nombreuses autres déclarations et pactes internationaux, est très claire : “Toute personne a droit à un niveau de revenu suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation”. Manger est un droit fondamental reconnu à tout homme, toute femme et tout enfant. Un droit qui doit être protégé et vis-àvis duquel les gouvernements se sont engagés à mener une action rapide et décisive dans le cadre des Objectifs du Millénaire : diminuer de moitié la faim dans le monde d’ici 2015.

Nourrir le monde, mourir de faim
Actuellement, une personne sur sept souffre toujours de malnutrition. Soit 850 millions de personnes, dont une écrasante majorité de ruraux vivant de l’agriculture. L’injustice est donc particulièrement troublante : ce sont ceux qui nourrissent le monde qui meurent de faim. L’agriculture est d’ailleurs l’activité où les injustices sont les plus marquées : manque d’accès à la terre, à l’eau, aux crédits et aux services sociaux de base, faible prise en compte des agriculteurs dans les choix politiques nationaux et internationaux, dépendance accrue vis-à-vis des marchés mondiaux et inégalité dans les échanges Nord-Sud… La liste des problèmes est longue, et se voit renforcée par l’imposition d’une approche strictement marchande de l’agriculture, visant à produire la nourriture au prix le plus bas par une compétition toujours plus globale et destructrice. Une approche privant les populations les plus pauvres de tout espoir de revenus dignes et condamnant à terme un modèle agricole familial encore majoritaire dans le monde.

Disons le clairement : il est évident que les politiques de libéralisation agricole et commerciale promues à l’Organisation Mondiale du Commerce minent tout espoir de réduction de la faim. Croire que le libre marché et le recours aux nouvelles technologies résoudront le problème de la faim dans le monde est une chimère. Les effets de cette approche sont déjà bien palpables sur le terrain. Et nourrissent la colère des paysans, qui se mobilisent de plus en plus contre ce modèle destructeur pour lui opposer les principes de la souveraineté alimentaire.

L’exemple du lait
L’importance du combat pour la souveraineté alimentaire s’illustre parfaitement dans la problématique du lait. Principalement familiale et axée sur les marchés locaux, l’activité laitière constitue un intéressant levier de développement et de lutte contre la pauvreté rurale dans le Sud. C’est notamment le cas en Afrique, où la taille du cheptel animal offre des perspectives très intéressantes dans des régions pauvres comme le Sahel. A condition de protéger cette filière porteuse, garante de revenus stables (notamment pour les femmes, majoritaires dans la filière) et ne demandant qu’à se développer à l’abri de la concurrence déloyale du lait en poudre européen…

Faisons-nous entendre !
L’agriculture familiale offre des moyens de subsistance à près de la moitié de la population mondiale et est porteuse de valeurs culturelles et écologiques fondamentales. Elle doit dès lors être soutenue et protégée. Des luttes nationales et internationales se mettent en place, mais le temps presse car des évolutions importantes et extrêmement dangereuses pour la survie de l’agriculture familiale sont en cours : réforme de la Politique Agricole Commune, Accords de Partenariat Economique (APE), morcellement du “front Sud” l’approche productiviste de nouveaux acteurs comme la Chine, la Thaïlande ou le Brésil… Il faut donc faire entendre la voix des producteurs dès aujourd’hui pour peser sur le débat.

C’est le but de notre travail de partenariat avec des organisations paysannes au Sud. C’est aussi celui de la campagne sur la souveraineté alimentaire qu’Oxfam-Solidarité mène en Belgique avec les coupoles (11.11.11 et CNCD-11.11.11) et des réseaux comme la Plate-Forme Souveraineté Alimentaire et VODO.

Dans ce combat, l’action individuelle est tout aussi importante. L’agriculture est sans doute l’un des leviers de développement sur lesquels les citoyens ont le plus de prise. Par nos choix alimentaires quotidiens, nous pouvons défendre un modèle agricole durable et solidaire des luttes menées par les producteurs du Nord et du Sud. Par notre soutien aux revendications politiques des associations de producteurs agricoles et de développement, nous pouvons interpeller nos dirigeants et leur exprimer notre inquiétude. La faim n’est pas une fatalité. Elle est une injustice. Pour être éradiquée, la mobilisation de tous est fondamentale.

Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité
Thierry Kesteloot, Chercheur à Oxfam-Solidarité