Plateforme des Organisations paysannes de Kayes
Dans la région de Kayes, au Mali, les femmes productrices sont très dynamiques, mais la coutume les empêche toujours de jouir pleinement de leurs droits fonciers. Elles se sont organisées au sein d’une plateforme régionale afin de lutter pour un accès égal à la terre pour les hommes et les femmes.
Dans la région de Kayes (Mali), les femmes s’investissent autant que les hommes dans l’agriculture, bien que dans d’autres cultures. Si les hommes se chargent de remplir le grenier familial de céréales, les femmes, elles, s’occupent notamment du maraîchage. Ces productrices s’avèrent souvent plus dynamiques que leurs homologues masculins, et pourtant, elles ne bénéficient pas des mêmes droits, du moins dans les faits.
En effet, au Mali, bien que l’accès à la terre soit régi par la loi, dans les faits la coutume constitue encore un réel frein à l’accès des femmes à la terre. Elle ne donne bien souvent aux femmes que des droits d’utilisation sur les terres, bien plus précaires que les droits fonciers. Ce qui les empêche, par exemple, de réaliser des investissements à long terme. De plus, les terres que peuvent utiliser les femmes sont souvent de moindre qualité.
Pour faire entendre leur voix, les femmes s’unissent. Elles l’ont d’abord fait au sein de l’URCAK (Union Régionale des Coopératives Agricoles de Kayes), partenaire de longue date d’Oxfam-Solidarité, où elles ont fait pression sur leurs maris afin de favoriser l’entrée dans l’union de plus en plus d’associations de femmes.
Grâce à cet appui, l’URCAK compte aujourd’hui 16 groupements mixtes et 59 groupements féminins. L’URCAK s’est donc fortement féminisé ; une grande part du financement de son fonctionnement vient d’ailleurs des femmes, ce qui leur donne plus de poids dans l’union. Désormais, elle soutient prioritairement des projets de développement économique de ses groupements féminins.
Une plateforme d’organisations de femmes et d’organisations mixtes
Les choses continuent de bouger : quatre organisations paysannes de la région de Kayes (URCAK, UTPRADE, Coordination des Femmes de Samé et ASPROFER) ont mis en place une plateforme qu’Oxfam-Solidarité appuie depuis 2009.
Le but est de parvenir, en se regroupant, à peser sur les pouvoirs locaux décentralisés et sur les chefferies traditionnelles pour infléchir les pratiques d’attribution des terres en faveur des groupements de productrices.
Ces organisations ont une conviction commune : les groupements féminins doivent pouvoir accéder au foncier. Avec la collaboration des hommes, et non contre eux, elles veulent combattre les injustices dont sont victimes les femmes, notamment en :
informant les paysannes et paysans sur leurs droits égaux au foncier
s’adressant directement aux autorités locales, afin que leurs décisions d’attributions foncières donnent effectivement les mêmes droits aux productrices et producteurs et soutiennent de la même manière leurs actions de développement local ;
travaillant à la mise en valeur des terres des femmes, avec l’appui des hommes.
Concrètement, la plateforme est composée de quatre organes qui comptent chacun des représentantes de chaque organisation membre et ont chacun un mission spécifique :
Un comité d’orientation
Un comité exécutif
Une cellule technique
Un conseil de surveillance
La plateforme ne fonctionne pas comme une coupole qui chapeauterait les membres ; il s’agit d’une association créée pour un temps limité, en vue de la réalisation d’un programme commun avec des objectifs spécifiques.
Outre ce programme, chacune des organisations membres a ses responsabilités et missions propres et chacune est redevable devant les autres et devant Oxfam-Solidarité.


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