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Territoire palestinien occupé / Israël

25 avril 2007

Palestine : les effets dramatiques d’un an de boycott

Une enquête commanditée par Oxfam démontre que la suspension de l’aide occidentale depuis un an et le refus d’Israël de transférer l’argent dû à l’Autorité Palestinienne (AP) ont eu des conséquences humanitaires graves pour les Palestiniens. Le boycott financier plonge encore davantage les Palestiniens dans la pauvreté et porte atteinte aux services essentiels.

L’enquête menée par le Palestinian Centre for Public Opinion (PCPO) souligne que plus des quatre cinquièmes des 677 familles interrogées déclarent avoir connu une baisse de revenus suite au boycott imposé à l’Autorité Palestinienne depuis un an. La moitié des familles ont avoué avoir perdu plus de la moitié de leurs revenus.

Le PCPO a également interrogé 67 responsables d’écoles, d’hôpitaux et de services liés à l’eau en Cisjordanie et à Gaza. Les neuf dixièmes confirment que leurs services ont été durement affectés par le boycott. La moitié des responsables de services essentiels ont reconnu avoir dû réduire de 50 pour cent la fourniture des services du fait du manque de financement.

L’aide ne peut servir d’arme politique
Les Palestiniens luttent pour joindre les deux bouts depuis que des donateurs clés comme les Etats-Unis, l’Union européenne ou le Canada ont suspendu leur aide directe au gouvernement palestinien en avril 2006, suite à la victoire du Hamas aux élections parlementaires. Peu après, Israël a cessé de transférer les recettes fiscales et douanières dues à l’AP.

Les donateurs occidentaux ont expliqué que leur but n’était pas de punir le peuple palestinien, mais plutôt de changer les politiques du gouvernement dirigé par le Hamas. Mais l’enquête d’Oxfam démontre clairement que le boycott financier a eu un impact dévastateur sur la population civile.

"L’aide internationale devrait être fournie de façon impartiale, sur base des besoins, et non servir d’outil politique destiné à changer les politiques d’un gouvernement" déclare Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité. "Oxfam s’oppose à toute violence commise à l’encontre de civils et soutient le droit d’Israël d’exister aux côtés d’un Etat palestinien viable et indépendant. Mais suspendre l’aide et confisquer les revenus fiscaux (en violation d’accords internationaux) ne constituent pas des moyens éthiques et efficaces pour parvenir à ce résultat."

"Dans ce cas-ci, cela n’a pas fonctionné et cela a poussé les parents à s’endetter, les enfants à quitter l’école et les familles à ne plus avoir accès aux médicaments et aux soins de santé", poursuit Stefaan Declercq.

Restaurer la confiance des Palestiniens
Les efforts de l’Union européenne pour continuer à soutenir les populations civiles palestiniennes en effectuant des paiements directs à de nombreux fonctionnaires et bénéficiaires d’aide sociale ont échoué à éviter la spirale de la pauvreté : selon les Nations unies, la pauvreté a augmenté de 30 pour cent en 2006.

"Lors de la réunion qui aura lieu à la fin du mois d’avril, les ministres européens des Affaires étrangères auront l’occasion de restaurer la confiance des Palestiniens vis-à-vis de l’Union européenne. Ils ne doivent pas rater cette opportunité", déclare Declercq. "Si elle a salué la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale, l’Europe a toutefois échoué à remettre en marche le déboursement de l’aide. Face à l’effondrement des institutions palestiniennes et à l’augmentation de la violence, la reprise de l’aide internationale à l’Autorité Palestinienne est nécessaire pour éviter une souffrance accrue et permettre un règlement juste et durable basé sur le droit international", conclut Declercq.

Pour plus d’informations ou interviews, merci de contacter :

-  Stefaan Declercq, Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité
tél. : 02 501 67 08 – gsm : 0476 46 30 53
- Thierry Dethier, responsable du plaidoyer humanitaire à Oxfam-Solidarité
tél. : 02 501 67 42 – gsm : 0497 45 18 31

L’enquête complète d’Oxfam "Pauvreté en Palestine : le coût humain du boycott financier"

Au sujet de l’enquête :
L’enquête, commanditée par Oxfam, a été réalisée par le Palestinian Centre for Public Opinion entre le 12 et le 19 mars 2007. Au total, 677 ménages ont été interrogés, ainsi que 67 responsables d’institutions de santé, d’éducation et d’infrastructures sanitaires. L’enquête a été menée dans différents districts de Cisjordanie et de Gaza. Elle ne constitue pas un échantillon représentatif de l’ensemble de la population.

Faits importants :
- Les Nations unies estiment qu’un million de Palestiniens dépendaient des salaires de 161.000 employés de l’Autorité Palestinienne (AP).
- L’AP gère plus de 1.600 écoles et plus de 400 centres de santé et hôpitaux. La Banque Mondiale estime que l’AP a perdu 60 pour cent de ses revenus en 2006.
- La Banque Mondiale estime que les transferts de revenus fiscaux et douaniers par Israël à l’Autorité Palestinienne s’élevaient à 814 millions de dollars en 2005 ; la même année, l’aide internationale apportait 349 millions de dollars au budget de l’AP.
- En juin 2006, l’Union européenne a établi un Mécanisme Temporaire International destiné à effectuer des paiement directs aux Palestiniens en ne passant plus par le gouvernement.
- Au regard du Droit International Humanitaire, Israël – en tant que force occupante – doit garantir le bien-être des Palestiniens.

 
Disclaimer concernant le conflit entre la Palestine et Israël