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Territoire palestinien occupé / Israël

20 mai 2008

Palestine : jusqu’à quand resterons nous spectateurs ?

Cette année, une campagne mondiale se penche sur le conflit israélo-palestinien et ses racines, campagne menée en Belgique par la plate-forme “60 ans de dépossession, 40 ans d’occupation”. L’édition de mars 2008 du magazine Globo est entièrement consacrée à cette question.

Lisez le numéro de mars 2008 du magazine Globo (pdf)

Alors que le sort des infirmières bulgares incarcérées en Libye avait déchaîné les protestations et les gestes de solidarité, les messages en provenance des territoires palestiniens occupés ne recueillent, pour leur part, que bien peu d’intérêt.

Comme si le monde ne voyait pas que les droits fondamentaux des Palestiniens sont bafoués jour après jour. Que des millions de gens ne jouissent plus de revenus décents. Que le développement connaît un spectaculaire retour en arrière tandis que les civils israéliens doivent vivre dans la peur et la violence.

Une intolérable inaction
Le refus de la communauté internationale d’agir dans ce dossier n’est pas nouveau. Il date en fait de la création même de l’État d’Israël. Et de la Nakba, l’expulsion massive et la destruction des villages de centaines de milliers de Palestiniens. Les conflits suivants – et les violations du droit international par Israël – n’y changeront rien : la communauté internationale se contentera de discuter et de rédiger, en vain, des tas de plans de paix pendant qu’Israël poursuivra l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens, construisant même un Mur de séparation en Cisjordanie. Un Mur qui coupe aujourd’hui des villages entiers, empêchant les paysans d’accéder à leurs champs, les enfants d’aller à l’école, les malades d’aller à l’hôpital, et paralysant l’économie palestinienne en réduisant à peau de chagrin la circulation des biens et des personnes.

Cette situation est insoutenable. Spécialement dans la bande de Gaza, où vivent 1,4 million de Palestiniens. En réponse aux attaques de roquettes contre des villages, Israël ferme depuis des mois la frontière de Gaza et ne laisse passer qu’au compte-gouttes marchandises, nourriture, médicaments et carburants. Ce bouclage affecte toute une population pour les méfaits d’un petit groupe. Une punition collective donc, pourtant clairement interdite par le droit international...

La communauté internationale doit prendre ses responsabilités – juridiques et morales – et agir pour qu’Israël cesse ce blocus inhumain et illégal. En tant que puissance occupante, Israël a l’obligation de répondre aux besoins des populations occupées. Les images de Palestiniens forçant la frontière israélienne pour se ravitailler en Egypte ont fait le tour du monde. Si elles ont choqué, c’est parce qu’elles ne traduisent que trop bien la profondeur de la crise.

Une autre information s’impose
Il est fondamental de disposer de davantage d’informations sur ce conflit. C’est pourquoi une campagne mondiale démarre cette année sur les 60 ans de la Nakba et les 40 ans d’occupation. En Belgique, cette campagne est portée par l’Association belgo-palestinienne et l’Actieplatform Palestina. De nombreuses organisations, des ONG comme Oxfam et des syndicats soutiennent la campagne. Le manque de connaissance et les a priori sont légion en Belgique. Certains mass media portent la responsabilité de cette situation en abordant le conflit du point de vue israélien et en recourant à une terminologie bien spécifique. Une autre information s’impose. C’est là l’un des buts de la campagne.

Le besoin d’information est également criant en Israël. L’historiographie officielle relate en effet un tout autre récit au sujet de la Nakba. Dans ce cadre, le travail d’information historique réalisé par notre partenaire israélien Zochrot s’avère fondamental. Il crée des ponts entre Palestiniens et Israéliens, ce qui n’arrive malheureusement plus très souvent de nos jours. Dans le cadre de la campagne internationale, Zochrot et l’organisation palestinienne Badil seront d’ailleurs bientôt présent en Belgique pour une tournée de conférences (voir pp.4-5 et p.8 du Globo).

Oxfam-Solidarité travaille dans les territoires palestiniens occupés depuis 1980. En contact étroit avec nos partenaires, nous avons pu constater l’évolution de la situation. Une évolution bien traduite par les chiffres de l’ONU : entre 1998 et 2006, le taux de pauvreté dans les territoires occupés est passé de 20 à 31%. Et le conflit affecte en premier lieu les simples citoyens, israéliens et palestiniens. Un fait inacceptable.

Le droit, fondement de toute solution
Le débat est polarisé, truffé d’incompréhensions et d’émotion. La solution exigera des efforts de chaque côté. Si l’occupation, la colonisation et la construction du Mur par Israël doivent cesser, il en va de même des attaques palestiniennes à l’encontre des civils israéliens. De plus, la question des réfugiés doit être sérieusement mise sur la table. Le droit international garantit le droit au retour des 7 millions de réfugiés palestiniens. Israël doit respecter cette obligation.

La communauté internationale a la responsabilité de s’engager en faveur d’une solution durable et juste au conflit israélo-palestinien. Une solution basée sur le droit international. Les Palestiniens et les Israéliens ont le droit de vivre en paix, en sécurité, dans des frontières reconnues. Oxfam croit aussi en une solution à deux États.*

Par ce Globo, Oxfam-Solidarité veut contribuer à la campagne “60 ans de dépossession, 40 ans d’occupation”. Soutenez cette campagne. Il est temps d’agir. Rester spectateur n’est plus une option.

Stefaan Declercq
Secrétaire général d’Oxfam-Solidarité

Lisez le numéro de mars 2008 du magazine Globo (pdf)

(*) Tous les membres d’Oxfam International, y compris ceux directement actifs dans les Territoires palestiniens occupés, travaillent à la mise en place d’une paix juste et durable. Nous appelons à la cessation des violences de part et d’autre, à donner la priorité aux besoins humanitaires et à la sécurité de tous les civils ainsi qu’à la mise en place d’une paix durable et négociée. Tout cadre de négociation doit inclure les résolutions 242 et 338 du Conseil de Sécurité des Nations unies, appelant Israël à se retirer des territoires occupés depuis 1967 et réaffirmant le droit d’Israël et du futur Etat palestinien d’exister dans des frontières sûres et reconnues. En outre, une solution permanente doit être trouvée pour les cinq millions de réfugiés palestiniens, dans le respect du droit international des réfugiés.

 
Disclaimer concernant le conflit entre la Palestine et Israël