Inondations au Pakistan

30 décembre 2010

Pakistan : à la recherche de Razia

Retrouver quelqu’un rencontré auparavant dans un camp de déplacés n’est pas simple au Pakistan. Surtout quand cette personne est à présent rentrée chez elle. Oxfam a voulu savoir si l’aide apportée à Razia et à ses enfants après les inondations lui avait réellement servi.

Razia est une jeune femme que j’ai rencontrée peu après les inondations, alors qu’Oxfam distribuait des petites sommes d’argent aux déplacés pour qu’ils puissent s’acheter de quoi survivre les premières semaines. Elle avait trouvé refuge dans une école, avec ses 2 enfants.

Entre-temps, les déplacés ont quitté les écoles. Razia est également retournée chez elle, mais nous ne savions pas exactement où... Après quelques recherches avec notre partenaire local Participatory Development Initiative (PDI), nous avons retrouvé son nom sur la liste d’un des villages dont nous soutenons encore la population : Sevro.

Du village de Razia, il ne reste pas grand-chose. Les champs sont toujours inondés et très peu de maisons sont encore entières. Ici et là, un mur tient encore debout.
La petite maison de Razia n’est plus qu’un tas de ruines. Elle dort avec ses enfants en plein air, sans toit pour les protéger. « Nous sommes rentrés il y a 3 jours », raconte Razia. « Il n’y a plus rien : ni de maisons, ni de toits, ni de latrines, et encore moins du travail. En arrivant ici, nous avons pleuré. Notre village ressemble maintenant à un cimetière... »
Jusqu’à présent, 50 familles sont revenues à Sevro.

Des dettes à n’en plus finir
« Quand j’ai reçu un peu d’argent d’Oxfam, j’ai acheté des médicaments et des habits pour mes enfants. Mais je n’ai pas pu épargner une seule roupie », continue Razia, dont le mari est parti travailler comme ouvrier à Karachi pour payer les dettes de la famille.

Tout comme des milliers de victimes des inondations, Razia et sa famille ont presque tout perdu. « Le peu de vêtements et d’ustensiles de cuisine que nous possédions a disparu. Et le peu d’argent que gagne mon mari sert à payer nos dettes », explique-t-elle. De plus, Razia a peu de chance de trouver un emploi : elle n’a pas été à l’école et ne possède donc aucun diplôme.

De nombreux métayers -déjà très pauvres avant les inondations- sont à présent obligés d’emprunter de l’argent auprès des propriétaires terriens pour réparer les dégâts causés par l’eau et satisfaire leurs besoins de base, en attendant de retrouver un revenu propre. Bien souvent, ils doivent leur payer des intérêts jusqu’à 10%. Nombreux sont même ceux qui ne peuvent plus recevoir de prêt, parce qu’ils n’ont pas encore pu payer leurs dettes causées par la mauvaise récolte d’avant les inondations…

Retrouver un revenu
Avec son partenaire PDI, Oxfam soutient les villageois de Sevro via la mise en place de projets d’« argent contre travail ». Pour les hommes, il s’agit de dégager les décombres dans le village ; pour les femmes, de confectionner des couvertures ouatées.

À côté de cela, de l’eau potable, des kits d’hygiène et du matériel pour construire des abris de fortune sont distribués. Oxfam éduque aussi la population locale à l’hygiène.

Jane Beesley, collaboratrice d’Oxfam au Pakistan.


Plus d’infos :
- Tariq Masood Malik, Collaborateur communication :
Tél. +92 308 505 2976 - tariq.malik@oxfamnovib-pakistan.org