Pakistan - La débrouille au quotidien

Plus de 7 mois après les inondations, les besoins de la population de Sindh, au Sud du Pakistan, sont toujours aussi urgents. 90% des déplacés sont rentrés chez eux, bien qu’ils soient contraints de vivre au quotidien dans les ruines boueuses de leurs villages.
Le district de Dadu, dans la province de Sindh, se situe sur la rive occidentale de l’Indus, à l’endroit même où cette rivière coulant depuis l’Himalaya s’élargit et se dirige vers l’océan Indien. En août et septembre 2010, trois graves inondations ont frappé ce district, détruisant presque toutes les maisons des zones rurales. Les problèmes y sont évidents, et urgents.
Mi-janvier dernier, un brouillard humide a recouvert les plaines de Sindh et, la nuit, les températures ont presque chuté en dessous de zéro. Il suffisait de voir le peu d’habits que les habitants portaient pour comprendre à quel point ils étaient dans le besoin. Un très grand nombre d’entre eux vivent encore aujourd’hui dans les ruines boueuses de leurs villages, uniquement vêtus de fins pyjamas. Et la plupart des enfants courent pieds nus.
Retour dans les décombres
J’ai visité quelques villages de Dadu avec une équipe d’Oxfam qui procure à la population locale de l’eau, des formations en matière d’hygiène, des kits d’hygiène et des installations sanitaires. La plupart de ces villages ne formaient plus que de petites îles de boue entourées de champs inondés. Les maisons de briques y gisaient au sol, effondrées. « Nous n’avons pas reçu d’aide », m’a raconté Shahida Janeb Khoso, réfugiée avec son bébé dans une tente en plastique plantée au milieu des ruines de sa maison. « Ces bâches, nous avons dû les voler dans le camion d’une ONG… »
Dans le district de Dadu, 90% des personnes qui s’étaient déplacées dans les camps sont retournées chez elles, bien qu’elles n’en ont apparemment pas toujours eu le choix.
Husna Ahmed, 24 ans, m’a raconté comment elle, son mari et leurs trois jeunes enfants avaient péniblement regagné leur maison, en bravant l’eau. « L’armée nous a dit de rentrer chez nous, que l’eau était partie. Mais ce n’était pas vrai. Nous avons pleuré quand nous sommes arrivés. Notre maison était trop abîmée que pour y être en sécurité, et nous n’y avons retrouvé que quelques habits recouverts de boue… »
Argent contre travail
Husna travaille maintenant comme volontaire rémunérée pour le programme d’« argent contre travail » d’Oxfam. Elle distribue des traitements contre la diarrhée et donne des conseils en matière d’hygiène dans le village. Comme la plupart des déplacés, sa famille a reçu une aide du gouvernement pakistanais de 20.000 roupies (environ 168 euros) par personne. Mais tout cet argent a déjà été dépensé pour des aliments de base dont les prix ont doublé depuis les inondations.
« Nous sommes pauvres, nos animaux sont morts, nous avons vendu tout ce que nous possédions et il faudra encore attendre au moins trois mois avant de pouvoir replanter dans les champs », ajoute-t-elle. Husna et sa famille vivent dans la boue, sous une tente fournie par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. Alors qu’elle nous raconte son histoire, elle s’excuse de ne pas pouvoir nous accueillir en nous offrant à manger, comme des invités d’honneur…
Alex Renton, collaborateur d’Oxfam au Pakistan (Sindh)
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Contactez Amil Khan, Media Officer d’Oxfam au Pakistan - +92 3085 557 219 - amilkhan(at)oxfam.org.uk


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