Oxfam soutient le combat des producteurs laitiers
![]() |
La crise du lait que nous vivons actuellement met en lumière les conséquences économiques et sociales des pratiques d’achat de la grande distribution. Pour le lait comme pour d’autres produits, ce sont systématiquement les producteurs qui paient le prix fort de la quête de rentabilité maximale. |
A travers sa campagne « Meilleur marché » (axée sur le secteur textile), Oxfam-Magasins du monde démontre de façon éclairante que la grande distribution exige de ses fournisseurs et sous-traitants, qu’ils soient belges ou asiatiques, « toujours plus pour toujours moins ». Une situation comparable vaut pour les producteurs laitiers.
Un prix juste, pas juste un prix
Les producteurs belges touchent pour leur lait un prix équivalent à la moitié du coût de production, salaires non-inclus. De même, les travailleurs indiens d’une usine textile touchent en moyenne 45€/mois, ce qui est bien trop peu pour vivre dignement. Trop souvent, ces acteurs engagés dans la filière de la grande distribution doivent compter sur la solidarité (notamment familiale) pour s’en sortir.
Cette solidarité est une valeur essentielle, mais elle ne peut servir de filet social à un marché dérégulé. Oxfam exige donc des supermarchés qu’ils payent un prix juste à leurs fournisseurs et permettent à ceux-ci de vivre décemment de leur travail. Les entreprises de la grande distribution ne peuvent fuir leurs responsabilités sociales, économiques et environnementales. Leur taille leur confère une puissance sur le marché qu’ils ne peuvent utiliser uniquement afin de compresser les prix, prétendument « pour le bien du consommateur ». Cette tendance est destructrice pour les producteurs, les citoyens et les consommateurs du Nord et du Sud.
Une régulation s’impose
Comme Oxfam-Solidarité l’a démontré lors de sa campagne « Le commerce du lait : un concentré d’injustices », le monde politique belge et européen doit agir en régulant davantage les marchés. Cela passe par l’adoption et la mise en œuvre des règles qui garantissent un modèle agricole durable et solidaire en terme environnemental, d’emploi et de qualité de produit.
Certaines organisations paysannes du Sud marquent leur solidarité avec les producteurs de lait belges en soulignant que « la dérégulation de la filière laitière et l’absence de régulation des marchés agricoles en général mettent en danger les paysans de par le monde. L’élimination des quotas laitiers en Europe étrangle les paysans européens et, dans le même temps, favorise la surproduction et les exportations ce qui risque d’avoir des conséquences sérieuses sur les marchés locaux africains. » C’est donc par des choix politiques courageux et ambitieux, orientés vers le long terme, que nos sociétés parviendront à répondre aux défis des crises économiques, alimentaires et climatiques.
Les démarches déjà existantes (paniers de produits locaux ; soutien croissant au commerce équitable et à l’agriculture paysanne) sont des signaux clairs qu’une partie de la population se met en résistance face à ce modèle de mal-développement. Ces messages ne peuvent être ignorés par les acteurs économiques et la classe politique.
Face à ces enjeux, Oxfam appuie les agriculteurs dans leurs revendications et appelle donc le monde politique et la grande distribution à prendre leurs responsabilités et à rendre effectif un travail décent et une agriculture paysanne durable au Nord et au Sud.
Plus d’infos :
Thierry Kesteloot, Responsable plaidoyer souveraineté alimentaire
Oxfam-Solidarité – GSM : 0475-543723 – tke(at)oxfamsol.be
Jérôme Chaplier, Directeur politique, Oxfam-Magasins du monde
GSM : 0477-184753 – jerome.chaplier(at)mdmoxfam.be


FR | 




