Haïti

17 novembre 2010

Oxfam s’attaque au choléra en Haïti

L’épidémie de choléra s’est répandue jusque Port-au-Prince et Cap Haïtien. Le programme d’Oxfam en matière d’eau potable, assainissement et hygiène touche actuellement 700.000 personnes. Quelles sont les réponses d’Oxfam face à la propagation de cette maladie ?

Que fait Oxfam pour lutter contre le choléra en Haïti ?

Actuellement, Oxfam renforce son programme en matière d’eau potable, assainissement et hygiène (Programme WASH) dans les camps de réfugiés de Port-au-Prince (315.000 bénéficiaires) et de l’Artibonite (100.000 bénéficiaires) au sein desquels nous intervenions déjà suite au tremblement de terre de janvier dernier ou depuis l’apparition de la maladie en octobre.

À Port-au-Prince, la capitale, comme à Petite-Rivière, dans le département de l’Artibonite du centre du pays, nous faisons tout notre possible pour éviter que le choléra ne se propage à l’intérieur des camps de réfugiés. Nous surveillons étroitement la maladie, en collaboration avec le personnel de santé et les responsables locaux mais aussi avec les partenaires internationaux présents sur place. Jusqu’à présent, 17.775 kits d’hygiène ont été distribués dans 47 villages. Ceux-ci sont composés de comprimés et de poudre pour purifier l’eau, de savons, de seaux et de sels de réhydratation orale. Nous réparons et construisons aussi des puits d’eau, tentons de purifier les sources naturelles et améliorons les installations sanitaires.

À côté de cela, nous menons des campagnes de sensibilisation aux bonnes pratiques en matière d’hygiène ; via la diffusion de spots radio, la formation des responsables locaux qui, à leur tour, informent la population, et l’organisation de grandes sessions publiques d’information dans les villes et les villages. Car l’unique façon d’enrayer le choléra, c’est d’assurer que chacun adopte des bonnes pratiques en matière d’hygiène : bien se laver les mains et ne consommer que de l’eau purifiée.

Finalement, le weekend dernier, Oxfam élargissait son programme WASH aux bidonvilles de Cap Haïtien (300.000 bénéficiaires), dans le Nord du pays, afin d’éviter la propagation de l’épidémie dans cette zone très précaire.

La propagation de la maladie à Port-au-Prince et Cap-Haïtien est-elle préoccupante ?

Sérieusement préoccupante. Dans un environnement où les installations sanitaires ne sont pas adéquates, le choléra -infection intestinale aiguë causée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés- peut très rapidement se propager. Et si elle n’est pas vite prise en charge, cette maladie peut être mortelle.

Depuis son apparition dans le centre du pays, nous avions pris des mesures préventives pour éviter qu’elle ne se propage. Cependant, les pluies abondantes et les inondations qui ont récemment touché Haïti ont répandu les eaux contaminées vers d’autres régions du pays…

Aurait-il été possible d’éliminer le choléra si une nouvelle tempête tropicale ne s’était pas abattue sur le pays ?

Depuis le séisme de janvier dernier, Oxfam a pris des mesures pour éviter l’apparition de maladies comme le choléra. La meilleure prévention est de fournir de l’eau propre, des sanitaires adéquats et de sensibiliser la population aux bonnes pratiques en matière d’hygiène ; ce que nous avons fait et faisons toujours actuellement. Les efforts humanitaires déployés jusqu’à présent ont été extrêmement efficaces. Ces dix derniers mois, avant que n’apparaisse l’épidémie de choléra, même avec un million de personnes vivant sous des tentes et des bâches, aucune maladie ne s’était encore déclarée.

Oxfam a déjà consacré 60 millions de dollars pour répondre au séisme et à la lutte contre le choléra en Haïti. Des ressources supplémentaires seront amplement nécessaires dans les semaines à venir afin de traiter et contenir la propagation du choléra.

Plus d’infos ?

Julie Schindall, Collaboratrice d’Oxfam en Haïti :
jschindall(at)oxfam.org.uk - +1 617 735 5572 ou +509 3701 0651 (gsm)

 
 

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