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Paix et sécurité

14 octobre 2010

RDC : Oxfam appelle à l’action pour aider les civils affectés par la LRA

Si le conflit au Kivu retient parfois l’attention de la presse, la crise qui sévit dans le Nord-Est du Congo reste, elle, ignorée. Pourtant, les attaques presque quotidiennes des rebelles de la LRA affectent la vie de nombreux civils. Oxfam réclame à la communauté internationale plus d’attention pour leur protection.

Depuis septembre 2008, les rebelles de la LRA (Lord’s Resistance Army ou Armée de Résistance du Seigneur*) ont tué plus de 2.000 personnes, en ont enlevé 2.500 et ont provoqué le déplacement forcé de plus de 400.000 individus dans le Nord-Est du Congo, le Sud-Ouest du Soudan et le Sud-Est de la République centrafricaine.

Les attaques ciblent des villages isolés
Pour 2010, le bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humaines (OCHA) a déjà enregistré plus de 200 attaques de la LRA dans les districts congolais du Haut et du Bas-Uélé, et 21 attaques de plus au Sud du Soudan.

Ces chiffres constituent sans doute une sous-estimation de l’impact de la LRA dans la région. En effet, la brutalité extrême de la milice et son ciblage des villages les plus isolés et vulnérables font que même une attaque de faible ampleur peut provoquer une onde de terreur à travers des communautés entières, provoquant des déplacements massifs de population.

« La LRA m’a retenue prisonnière pendant 8 mois. On forçait les jeunes filles comme moi, même celles âgées de 12 ans, à devenir les ’femmes’ des miliciens », explique Joséphine, 18 ans. « Un jour, j’ai finalement réussi à m’échapper. Je ne sais pas si je suis atteinte du SIDA. Nous vivons maintenant en tant que ’déplacés’ dans une ville où nous nous sentons en sécurité car quelques troupes de maintien de la paix des Nations Unies y sont présentes. »

Des centaines de milliers de personnes vivent chaque jour dans l’angoisse des rebelles de la LRA. Pourtant, leurs souffrances sont souvent oubliées du reste du monde. Oxfam a également recueilli le témoignage de Claude, 21 ans, relatant les actes de violence dans le Haut-Uélé.

Une intervention rapide est primordiale
Dans son rapport « Ne plus avoir peur », Oxfam demande instamment à la communauté internationale de libérer plus de moyens pour la protection de cette population oubliée. Le manque de sécurité actuel et l’absence de fonds rendent l’aide humanitaire extrêmement difficile. De plus, comme les rebelles opèrent en zone frontalière, cette situation requiert une réponse à la fois régionale et internationale, et donc une coopération entre les forces de maintien de la paix de l’ONU des différents pays.

Les gouvernements des pays concernés et la communauté internationale doivent affirmer leur volonté de trouver des solutions structurelles pour mettre fin à ce conflit qui ne cessera pas sans intervention. Au contraire : l’absence de mesures de protection de la population augmente chaque jour le nombre de victimes.

Entre-temps, Oxfam travaille sur place avec ses partenaires locaux afin de fournir de l’eau potable à plus de 40.000 personnes à Dungu et Niangare.

Plus d’infos :
- Steven Van Damme, responsable du lobby humanitaire,
Tél. 02 501 67 42 - Mail : sva(at)oxfamsol.be
- Le rapport d’Oxfam « Ne plus avoir peur »


(*) Lord’s Resistance Army ou Armée de Résistance du Seigneur est un groupe de rebelles né au milieu des années 80 dans le Nord de l’Ouganda et mené par Joseph Kony. Après plus de 20 ans de conflits dans cette région, le groupe opère aujourd’hui en République Démocratique du Congo, au Soudan et en République centrafricaine. Les rebelles de Kony sont connus pour leur manière extrêmement brutale de semer la terreur parmi les populations. La LRA enlève souvent des enfants pour en faire des soldats ou des esclaves sexuels. En 2005, la Cour Pénale Internationale a délivré plusieurs mandats d’arrêt contre les leaders de ce groupe.

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