Oxfam-Solidarité espionnée par la Colombie : quelle suites ?
Il y a quelques jours, plusieurs médias belges ont révélé que les services de renseignement colombiens (DAS) ont espionné des ONG belges et européennes, parmi lesquelles Oxfam-Solidarité. Une information crédible, au vu des informations rapportées par nos partenaires.
Les services de renseignement colombiens (DAS) ont opéré des écoutes téléphoniques et ont intercepté des échanges d’e-mails de collaborateurs d’Oxfam-Solidarité. Cette information, parue notamment dans le quotidien Le Soir et le magazine MO*, n’étonne pas outre mesure nos partenaires en Colombie, régulièrement confrontés à ces pratiques.
La pointe de l’iceberg
Oxfam-Solidarité collabore depuis des années avec des organisations partenaires en Colombie. Ensemble, nous travaillons de façon totalement transparente au renforcement de la société civile et à la défense des droits socio-économiques de la population.
L’espionnage opéré par le DAS est totalement indiqne. L’étendue exacte de cette pratique vis-à-vis d’Oxfam reste à éclairer. Mais en tout état de cause, elle ne représente qu’une infîme partie de ce que de nombreuses organisations colombiennes subissent de façon régulière.
Les défenseurs des droits humains sont en effet systématiquement espionnés, menacés, persécutés et assassinés en Colombie. Chaque jour, ces pratiques affectent des syndicats, des organisations sociales, des militants des droits de l’homme, des journalistes, des membres de l’opposition et même des juges. L’objectif est très clair : les faire taire.
Nos autorités agiront-elles ?
Oxfam-Solidarité appelle le gouvernement belge et l’Union européenne à mener une enquête approfondie sur ces pratiques d’espionnage en Belgique. Nos autorités doivent faire pression sur le gouvernement colombien et veiller à ce qu’un enquête crédible soit menée. Ces pratiques doivent être arrêtées et les responsables doivent être traduits en justice. Il convient également de garantir une protection à ceux qui, en raison de leur engagement clair en faveur des droits humains, sont en danger en Colombie.
L’Union européenne et ses États membres doivent assument leurs responsabilités. Dans leurs relations avec la Colombie, ils doivent faire respecter les droits de l’homme et faire valoir les principes démocratiques.
Actuellement, la Colombie bénéficie d’un accès privilégié au marché européen dans le cadre du système de préférences généralisées (système ’SPG +’). Cet accord conditionne l’octroi de préférences commerciales au respect d’un certain nombre de conventions internationales sur la protection des droits de l’homme, des travailleurs et de l’environnement.
Bien que cet accord soit en vigueur depuis 2005, l’UE n’a jamais mené ne fut-ce que le début d’une enquête indépendante sur la situation des droits humains en Colombie.
Un accord qui ne peut passer
Fin mai 2010, un nouvel accord commercial de libre-échange a été paraphé à Madrid. Une fois encore, cet accord n’offre aucune garantie d’un respect accru des droits de l’homme en Colombie. Ce faisant, il livre un message politique dangereux.
Avec de nombreuses organisations européennes et colombiennes qui surveillent de près la situation, Oxfam-Solidarité appelle à la non-ratification de cet accord commercial.
Plus d’infos :
Alex Therry, Oxfam-Solidarité : 02 501 67 46 — ath(at)oxfamsol.be
L’article du Soir : "Bogotá a espionné sur le territoire belge"


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