Oxfam-Solidarité en direct du Forum social mondial à Bamako

Mercredi, à la veille de l’ouverture du 6ème Forum social mondial, Bamako bouillonne, comme à son habitude. Mais en s’approchant des coulisses du forum, l’effervescence est à son comble.
Dans le bureau de la commission « Accueil - hébergement », l’équipe est au grand complet pour accueillir chaleureusement le premier flot des 30 à 50.000 participants attendus.
50.000 personnes, cela paraît peu au vu du succès grandissant des forums précédents (l’année dernière, environ 150.000 personnes se sont rendues à Porto Alegre au Brésil). Mais c’est logique si l’on tient compte du fait que, cette année, le FSM est polycentrique avec trois lieux de rencontre : Bamako et Caracas (Venezuela) en janvier, Karachi (Pakistan) quelques mois plus tard.
Cette formule a l’immense avantage de renforcer les dynamiques régionales en favorisant la participation des mouvements et organisations régionales et locales. Elle représente cependant un défi puisqu’il s’agira de garder une approche planétaire dans l’élaboration d’alternatives et de stratégies pour contrecarrer les logiques de la mondialisation néo-libérale.
Résistance en terre africaine
C’est la première fois que le FSM se déroule sur le continent africain. Le choix du Mali comme terre d’accueil n’est pas étonnant. En dépit de sa grande pauvreté, ce pays peut se prévaloir d’une grande expérience dans l’organisation d’événements internationaux de ce genre (c’est ici que s’est tenu le premier Forum social africain). En outre, avec une population qui, dans les années 90, s’est battue pour gagner la transition démocratique, on compte nombre de mouvements sociaux et organisations dynamiques. Ceux-ci se sont montrés prêts à relever avec enthousiasme l’énorme défi de porter le Forum.
Parmi ces organisations, l’Association des organisations professionnelles paysannes (AOPP) ou encore la Coalition des alternatives africaines Dette et Développement (CAD-Mali) avec lesquelles travaille Oxfam-Solidarité, comptent parmi les plus actives. Cela témoigne de l’importance des thèmes de l’agriculture ou de l’endettement pour les pays africains. Ils seront largement au cœur des discussions durant les quatre jours de débats et de rencontres qui succéderont à la marche d’ouverture prévue ce jeudi 19 janvier.
Sarah Turine et Deborah Myaux


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